NUMERO : Septembre – Octobre 2015

Actualité cosmétique

Des intervenants de qualité à l’assemblée générale de COSMEBIO

Comme évoqué brièvement dans le précédent numéro de Bio Linéaires, COSMEBIO a accueilli, à l’issue de son assemblée générale du 9 juin dernier, deux invités d’honneur qui ont chacun fait une intervention, source de réflexion et d’encouragement en direction des entreprises de la cosmétique bio.

S’appuyant sur son rapport sur « L’économie du nouveau monde » réalisé à la demande de Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de l’Energie, l’ex-ministre et avocate Corinne Lepage a souligné la nécessité urgente de réconcilier l’écologie et l’économie, démarche dans laquelle sont déjà engagées « des pionniers à qui il revient de montrer le chemin à prendre, et dont font notamment partie les sociétés membres de COSMEBIO ».

Pour elle, la réussite de cette nouvelle économie ne peut que venir du secteur privé, qui est le seul à avoir la réactivité nécessaire, contrairement au public. « Nous avons tous beaucoup à apprendre de ce que vous faites », a dit Mme Lepage en conclusion.

De son côté André Cicolella, chimiste, toxicologue et président du Réseau Environnement, présentant le problème des perturbateurs endocriniens dont il est un spécialiste, a souligné la nécessité d’une « refondation de l’industrie chimique en fonction de la santé et de l’environnement », pour lui un « véritable enjeu d’innovation ». Regrettant que les risques liés à ce type de composants soient trop ignorés, il a appelé l’industrie de la cosmétique naturelle à faire connaître les bénéfices d’une cosmétique sans perturbateurs endocriniens.
 

Une enquête consommateurs sur les « ingrédients controversés »

Au mois de janvier dernier, L’Observatoire des Cosmétiques avait réalisé une enquête auprès de 604 internautes, dont les résultats avaient été publiés entre mars et avril 2015 sur les pages « pro » (réservées aux abonnés) du site de

L’Observatoire, en 3 parties intitulées « Quel réseau de distribution pour quel produit ? », « Perception et attente des consommateurs sur la question des labels de cosmétique bio » et enfin « Comment le consommateur comprend-il la notion de cosmétique bio ? » (voir Bio Linéaires n°59 du mois de mai-juin 2015).

Au mois de juin 2015, L’Observatoire a réalisé une nouvelle enquête en ligne à laquelle 535 personnes ont répondu, dont 92 % sont des femmes, 49,5 % achetant leurs produits cosmétiques en magasins bio et 58 % ont un budget moyen mensuel d’achat de cosmétiques compris entre 21 et 50 euros. Cette deuxième enquête a porté cette fois sur un sujet des plus intéressants, puisque portant sur « les ingrédients controversés en cosmétique  ». Les participants ont du répondre à une quinzaine de questions pour chaque ingrédient identifié donc comme « controversé », allant des parabènes aux filtres anti-UV, en passant par le phénoxyéthanol, la méthylisothiazolinone, le formaldéhyde, le triclosan, les sels d’aluminium, les sulfates, les silicones, les huiles minérales, etc.

Les premiers résultats de cette enquête sur les ingrédients controversés en cosmétique seront publiés fin août – début septembre 2015 sur les pages « pro » du site de L’Observatoire des Cosmétiques.

http://www.observatoiredescosmetiques.com/pro

 

Publication du « Baromètre de la biodiversité » 2015

L’Union pour le Commerce Biologique Ethique (UEBT pour Union for Ethical Biotrade en anglais) est une association à but non lucratif, créée en 2007, dont l’objectif est de favoriser « un sourcing respectueux » des ingrédients issus de la biodiversité. Depuis 2009, elle édite chaque année un « Baromètre de la biodiversité » présentant le résultat d’enquêtes sur la notoriété de la notion de biodiversité chez les consommateurs à travers le monde, et comment l’industrie de la beauté communique sur la biodiversité.

Entre 2009 et 2015, cette notoriété est passée de 56 % à 64 % en Allemagne, en France, au Royaume-Uni et aux USA (mais a par exemple chuté au Brésil). 87 % des répondants estiment qu’il est important de contribuer personnellement à la préservation de la biodiversité (mais seulement 34 % en France, Allemagne et au Royaume-Uni), l’intérêt étant le plus élevé chez les jeunes. 83 % des répondants s’attendent à ce que les entreprises respectent la biodiversité, et veulent être mieux informés sur la façon dont celle-ci est prise en compte dans la chaîne d’approvisionnement.

Mais seulement 42 % font confiance à ces entreprises pour le faire de façon sérieuse. Pour l’UEBT, communiquer sur le respect de la biodiversité est donc une réelle opportunité pour les entreprises, à l’heure où les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés. Ce Baromètre est consultable (en anglais et en espagnol) sur le site de l’association.

http://ethicalbiotrade.org/

 

Un article sur les huiles minérales qui fait du bruit

Publié dans le numéro du mois de juin 2015 du magazine de la Stiftung Warentest, influente organisation de consommateurs allemande, un article a eu un écho très important dans les pays germanophones. L’association a en effet analysé 25 produits de marques très connues (pour le visage, le corps, les cheveux, les bébés), formulés à base d’huiles minérales et autres dérivés pétroliers. Le but   : vérifier la présence de MOAH (acronyme anglais pour « hydrocarbures aromatiques d’huile minérale »). Les analyses effectuées ont mis en évidence, dans l’ensemble des produits évalués, des doses de MOAH allant de 0,005 % (dans une huile pour le corps) à 9 % (dans de la vaseline). Or les MOAH sont officiellement considérés (entre autres par l’EFSA, l’Autorité européenne de sécurité des aliments) comme présentant un potentiel cancérigène.
Le BfR (Institut fédéral allemand pour l’évaluation des risques) a de son côté réagi en affirmant qu’aucun risque pour la santé n’existait via une absorption des MOAH par la peau, avis rapidement repris par l’IKW et le SKW, les associations respectivement allemande et suisse de fabricants de produits cosmétiques et de détergents.
La Stiftung Warentest souligne cependant le risque potentiel dans le cas de peaux fragilisées (coupures, gerçures…), ainsi qu’avec les crèmes pour les mains (mains que l’on peut porter à la bouche) et surtout avec les produits appliqués sur les lèvres. L’étude pointait également du doigt les MOSH (hydrocarbures saturés d’huile minérale) qui peuvent de leur côté s’accumuler dans l’organisme (foie notamment), sans que l’on en connaisse aujourd’hui exactement les conséquences sur la santé. MOSH et MOAH peuvent aussi être apportés par l’alimentation. Des arguments de plus en faveur de la cosmétique naturelle certifiée !

 

Assemblée générale de l’association NaTrue

C’est à Berlin, le 22 mai, que NaTrue a tenu cette année son assemblée générale. Un an auparavant, l’association internationale des fabricants de cosmétique naturelle et bio, dont le siège se trouve à Bruxelles, affichait à son compteur 146 marques pour 3.800 produits issus de 21 pays. Un an plus tard, ce sont environ 4.300 produits certifiés qui portent le logo NaTrue, avec 16 nouveaux membres, principalement d’Allemagne, mais aussi de Turquie, d’Italie, des Pays-Bas et de Suisse. Forte de son implication multinationale, l’association NaTrue continue à être extrêmement active sur le plan politique. Parmi les chantiers dans lesquels NaTrue s’investit, il y a ceux liés à la future norme ISO et à l’article 20 (relatif aux allégations) de la directive européenne n°1223/2009 sur les cosmétiques, importants pour une définition stricte et claire de la cosmétique naturelle et bio. Julie Tyrrell, directrice aux Affaires Publiques de NaTrue, fait dorénavant partie du groupe de travail sur la cosmétique de la Commission Européenne ainsi que du Comité Européen de Normalisation (NaTrue est déjà membre d’un groupe de travail pour la norme ISO/TC 217, relative à la normalisation dans le domaine des produits cosmétiques).

NaTrue s’est par ailleurs associée à d’autres organismes professionnels pour essayer d’empêcher que la future réglementation sur les allergènes dans les parfums devienne un handicap, et se bat aussi pour que l’Union Européenne ne limite pas les dénaturants (obligatoires par exemple dans les alcools à usage non alimentaire) à une courte liste de produits de synthèse – ce qui irait à l’encontre des principes de la cosmétique certifiée – mais autorise aussi des dénaturants naturels.

Enfin, NaTrue est aujourd’hui membre du comité de travail de l’IFOAM (Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique) engagé dans le programme « Keeping GMOs Out of Organics », une initiative dont le but est d’éliminer totalement la présence des OGM dans la filière bio, de façon directe bien sûr, mais aussi par le biais d’une éventuelle contamination.

http://www.natrue.org/fr/

 

Une croissance de la cosmétique conventionnelle inférieure à celle du certifié

Cosmetics Europe – l’association professionnelle de l’industrie européenne des cosmétiques et produits de toilette, au sein de laquelle la France est représentée par la FEBEA (Fédération des Entreprises de la Beauté) – a tenu son assemblée générale le 18 juin dernier à Bruxelles. Elle a publié à cette occasion les chiffres du marché pour l’année 2014. Ceux-ci ont montré une croissance très légère de 0,5   % ce qui traduit une petite reprise après la baisse de 1,4 % qui avait été constatée en 2013 (+0,8 % en 2012). Le chiffre d’affaires total a représenté 72,5 milliards d’euros. Toutes les catégories de produits ont progressé en valeur, maquillage (+1,2 %) et produits de toilette (+1,3 %) en tête, sauf les produits capillaires (-0,2 %). Pour la France, l’industrie cosmétique reste le deuxième secteur économique exportateur (derrière l’aéronautique et devant l’agroalimentaire), avec une balance commerciale en progression de 4 % par rapport à 2013.

L’Union Européenne représente 48,2 % de ces exportations, suivi de l’Asie (16,9 %). Si ces chiffres sont considérés comme encourageants par l’industrie cosmétique « conventionnelle », ils sont néanmoins inférieurs à la croissance affichée par la cosmétique naturelle et bio, à savoir par exemple 10 % en Allemagne ou même 3 % pour les marques françaises affiliées à COSMEBIO (voir notre article par ailleurs).  Certes la cosmétique certifiée ne représente que 8 % environ du marché Outre-Rhin et 3 % en France, mais cette comparaison des chiffres montre que l’intérêt des consommateurs pour le naturel et bio ne faiblit pas.
https://www.cosmeticseurope.eu/