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Révision du cadre politique et législatif de l'Union Européenne.

Jan-Fev 2013

Dans le cadre de l'analyse d'impact en vue de la révision du cadre politique et législatif de l'Union Européenne (UE) pour la production biologique, la jeune Union professionnelle belge des détaillants spécialisés en produits bio et compléments alimentaires, Unadis, a été la première et la seule organisation à être auditionnée. Ce fut un honneur et une reconnaissance de sa raison d’être et de sa crédibilité aux yeux des autorités nationales et européennes.

Dans son exposé, après avoir décrit la genèse du commerce de détail, Unadis a présenté sa vision de la production biologique et ses souhaits pour le futur. En voici les termes.
« Dans les années 60-70, un grand nombre d’épiceries et autres magasins de quartier ont progressivement disparu suite à l’implantation des grandes surfaces. A l’inverse, les magasins bio n’ont eu de cesse de se développer grâce à la combativité et à la conscience de leur gérant envers les enjeux contemporains. Ils ont maintenu un tissu social qui est aujourd’hui considéré comme une dimension moderne. Unadis a recensé à ce jour près de 450 points de ventes indépendants en Belgique. Une indépendance revendiquée qui n’empêche pas de se fédérer au sein d’une union professionnelle.

Les détaillants bio sont des agents du futur.

Alors que les détaillants et les consommateurs bio étaient considérés comme véhiculant une vision romantique, idéaliste voire utopiste de l’économie, de l’environnement et de la santé, cette vision globale est aujourd’hui considérée comme moderne voire avantgardiste. Les détaillants et leurs clients sont avant tout des citoyens qui ont le sens des responsabilités. Ils ont aussi conscience d’être un groupe de pression avec une conscience des enjeux de société qui dépasse largement le cadre de la production agricole.
Ensemble, nous voulons attirer l’attention sur la demande croissante de produit bio et sur une offre qui ne suffit pas.
Pour l’avenir, il est important de veiller à ce que l’augmentation de la production ne se fasse pas au détriment de la qualité.
Il faut garder à l’esprit qu’il faut 3 ans pour qu’un agriculteur soit labellisé en bio alors qu’un consommateur peut modifier ses choix alimentaires en quelques minutes. Il ne doit pas être question non plus d’un allègement des contraintes règlementaires en matière de production bio suite à une éventuelle pression de la grande distribution ou d’industriels opportunistes. Les consommateurs sont d’accord de payer le prix juste pour la qualité que leur confèrent les labels bio dans lesquels ils ont confiance. Néanmoins, dans le contexte économique actuel, une baisse de la TVA sur les produits bio serait logique et participerait à la règle du non-pollueur/nonpayeur. Les agriculteurs bio que nous côtoyons, souhaitent qu’une plus grande publicité soit faite sur les aides et les structures d’accompagnement qui existent pour la reconversion des agriculteurs traditionnels. Ceux-ci manifestent leur mécontentement et ne voient pas d’issue à leurs difficultés économiques.

Qu’ils sachent également que dans le canal de la distribution indépendante, ce n’est pas le client qui fixe le prix du produit. Dans la filière bio, du producteur au consommateur en passant par le transformateur, le distributeur et le détaillant, tous les acteurs ont repris le pouvoir sur eux, sur leur rôle et leur métier.

Tous sensibles à la protection de l’environnement.

Cette protection passe par une attention toute particulière apportée à la question des déchets tout au long de la chaîne. Que ce soit la production des déchets, les filières de recyclage, les emballages.

 

Le meilleur remède aux déchets est de ne pas les produire. Les consommateurs comprennent difficilement que les produits bio soient suremballés : les portions individuelles pour les biscuits, les cartons autour des barquettes de yaourts, les légumes emballés dans des plastiques pour les différencier des non bio dans les grandes surfaces, …

Certains consommateurs s’étonnent et regrettent que la réglementation bio n’aborde pas cette dimension. Le contenu est pris en compte mais pas le contenant. Certains fabricants y sont attentifs mais pas tous. Le marketing primant pour ces derniers. Les magasins, eux, sont confrontés à plusieurs types de déchets dont une part importante est inhérente aux livraisons.

Il y a les déchets pour lesquels une grande filière de recyclage existe comme le carton, le papier, le polystyrène provenant des livraisons. Une petite filière existe pour le recyclage des sangles de cerclages et les films plastiques étirables qui maintiennent les colis fermés.
Par contre, rien n’existe pour les magasins concernant les déchets compostables comme les légumes invendables parce que pourris ou défraîchis, les pains invendus, les flocons de protection en amidon de maïs ou de pommes de terre, … Bien avant que la GMS ne le décide, les magasins bio proposaient déjà des alternatives aux sachets en plastique en proposant des sacs réutilisables dans des matières naturelles comme le coton, la toile de jute…

Néanmoins, il nous est difficile de trouver une solution réellement écologique dans la jungle des valisettes et des cabas présentés comme tels. Enfin, les détaillants bio regrettent que le préfixe bio soit galvaudé et mis un peu à toutes les sauces créant dans l’esprit du client une confusion qui est préjudiciable à l’ensemble du secteur. Hormis le célébrissime cas du yaourt «bio » de Danone, tout se revendique de « bio-quelque chose » jusqu’au bio carburants qui n’ont rien de BIO, tout au plus sont-ils écologiques, … pour ne citer que ces exemples. Il y en a encore beaucoup d’autres, les rayons des supermarchés en sont remplis. »
Par cette audition, Unadis espère que, par leurs décisions, les auditeurs de l’U.E. auront à coeur de garantir la crédibilité du secteur bien au-delà de la seule production en y incluant les différentes dimensions abordées. Unadis a également tenté de relayer les questionnements et les incompréhensions des clients bien qu’au bout de la chaîne, par leur choix de consommation, ils font aussi ce qu’est tout le secteur bio aujourd’hui. Il ne faut jamais les oublier.

Unadis espère que son intervention aura sensibilisé les auditeurs de l’U.E. aux préoccupations souvent méconnues des détaillants et des consommateurs. Et que les informations qu’elle a apportées, seront de nature à les éclairer dans leurs réflexions.

Pour tous renseignements :
Unadis ASBL Rue de la Chapelle,
16 4841 Henri-Chapelle (Belgique)
Personne de contact :
Dominique Cremer : +32 (0)495 13 30 71