Les députés ont adopté en novembre un amendement au projet de loi d’orientation agricole interdisant la commercialisation des sacs plastiques non biodégradables à l’horizon 2010. Cette décision qui semble très intéressante sur le plan environnemental permettrait surtout de trouver de nouveaux débouchés aux agriculteurs. Pour les distributeurs, celle-ci va les contraindre à poursuivre leur démarche vers la recherche d’alternative en remplacement des sacs de caisse plastique : soit en les supprimant complètement, soit en utilisant des sacs non polluants. Mais attention, car certains produits sont proposés sur le marché comme étant biodégradables. C’est pourquoi, nous présentons à travers un tableau les caractéristiques des sacs de caisse actuellement disponibles sur le marché…
| Sac en polyéthylène | Sac fragmentable | Sac biodégradable | |
| Composition | Ils sont généralement composés de polyéthylène haute densité (PEHD) ou en polyéthylène basse densité (PEBD) pour les sacs plus épais. Ils sont obtenus à partir du pétrole. | Ils sont constitués avec du plastique polyéthylène (85 à 95%) auquel est ajouté un agent chimique fragmentant contenant des métaux lourds | Les sacs biodégradables sont composés d’amidon (de maïs, ou de pomme de terre, ou de blé, ou de tapioca ou de riz) et de polyesters biodégradables. Ils sont totalement biodégradables sans écotoxicité et donnent un compost de qualité utilisable en agriculture. |
| Durée de vie – élimination | Environ 400 ans pour disparaître dans un milieu naturel et probablement plus longtemps dans les fosses marines où la lumière ne parvient pas | Après un court séjour ( 6 à 12 mois ) à l’extérieur, ce type de sac a en apparence disparu. Il s’est transformé en confettis, voire en micro-poussières totalement indestructibles qui vont persister pendant plusieurs siècles. | Entre 3 semaines et 2 mois selon les conditions climatiques : température, humidité, oxygénation, dans le sol ou les milieux aquatiques : océans, lacs, rivières. |
| Effet sur l’environnement | Outre leur temps de dégradation, ces sacs sont nuisibles sur l’environnement à la fois sur le plan visuel mais aussi sur les effets qu’ils ont sur la faune et la flore. Le fait de les interdire après 2010 montre leur nocivité. | Ces produits n’étant pas biodégradables, les particules sont très polluantes et vont persister et s’accumuler dans l’environnement. Les effets de ces micro poussières sur notre santé ne sont pas encore bien connus. Risquent-elles de passer dans la chaîne alimentaire? Dans l’eau, sans photo-dégradation, ces sacs restent intacts et vont causer les mêmes dégâts à la faune marine que les sacs en plastique | Les sacs biodégradables permettent la récolte, le transport et le compostage des déchets fermentescibles (végétaux, viandes, poissons, laitages etc...). Ils contribuent à remplacer l’incinération coûteuse et polluante en dioxines et métaux lourds vaporisés cancérigènes et tératogènes. Toutefois, la production de ce plastique végétal doit être bien maîtrisée. Il faut éviter de s’engouffrer dans une agriculture intensive et/ou d’OGM qui risquerait d’avoir des effets pervers. C’est pourtant aujourd’hui la seule alternative écologique pour les sacs de caisse. Un sac en amidon de maïs coûte environ 4 à 5 fois plus cher qu’un sac plastique ordinaire |
Le saviez-vous ?Un sac biodégradable doit porter la certification OK-COMPOST, comme les aliments bio portent la certification AB. Elle certifie que le sac est complètement biodégradable et compostable sans phytotoxicité ou zootoxicité est conforme à la norme Européenne EN 13432 de bio- dégradabilité et de compostabilité.. Les sacs papier ne sont pas pour autant une bonne alternative. Leur écobilan est plutôt négatif : même s'ils sont recyclables et proviennent de papier recyclé, l'industrie du papier est très polluante et très gourmande en énergie. Abandonnés dans la nature, ils mettent plusieurs mois à se dégrader.