compléments alimentaires

Les probiotiques

nov-déc 2007

O n prête à Bouddha l’adage suivant « L’homme heureux va bien de l’intestin ». C’est dire qu’au 6ème siècle, on accordait déjà de l’importance à la bonne santé de l’intestin. Les propos mis dans la bouche du Bouddha sont confi rmés par les recherches scientifi ques sur ce qui contribue à la qualité de la fl ore intestinale : les probiotiques. Les publicitaires ne s’y sont pas trompés qui vantent les mérites de leurs produits alimentaires en soulignant la présence de probiotiques. Mais savons-nous exactement ce qu’ils sont et à quoi ils servent?

Défi nition et rôle

Le probiotique a été défi ni en 2002 par la FAO comme étant « un micro-organisme vivant qui, lorsqu’il est consommé en quantité adéquate produit un bénéfi ce pour l’hôte ». Cette défi nition a été reprise par l’Afssa en 2005. Autrement dit, les probiotiques sont des bactéries amies qui colonisent notre intestin.
Ils exercent une infl uence bénéfi que sur la fl ore intestinale, le système immunitaire, le transit intestinal, l’allergie et le bien être en général. On leur reconnaît les propriétés suivantes : Terminer la digestion, synthétiser certaines vitamines (B, K), améliorer l’absorption des micro-nutriments, repousser les germes porteurs de maladies, neutraliser certains produits toxiques, améliorer les fonctions digestives (gaz, ballonnements, constipation) et rétablir la fl ore intestinale perturbée après un traitement antibiotique ou lors d’une diarrhée.

Et les prébiotiques ?

Les prébiotiques sont des fi bres indigestibles dont la propriété est d’accroître la croissance et l’activité des probiotiques associés.

La flore intestinale Elle est constituée par 100 000 milliards de bactéries issues de 400 espèces différentes dont le poids avoisine 1 kg ! Toutes ces bactéries vivent en équilibre les unes avec les autres et forment un véritable éco système, et c’est cet équilibre qui garantit une fonction intestinale complète et effi cace.

Grandes familles de probiotiques

•Les bactéries lactiques :(elles produisent de l’acide lactique ; rien à voir avec le lait !) Les lactobacilles (Lactobacillus rhamnosus, casei, acidophilus…)
• Les bifi dobactéries (bifi do bacterium infantis, adolescentis, longum, breve, bifi dum). Ce sont les bactéries qui nous colonisent lorsque nous sommes tout bébé. • Les streptococoques (genre Streptococcus)
• La levure de bière active ou revivifiable :
(Saccharomyces cerevisiae de la souche boulardii). L’Ultralevure est un probiotique tandis que la levure de bière alimentaire ne l’est pas car elle a été séchée à haute température, donc inactive pour la fl ore intestinale.
•Les bactéries propioniques :
En fabriquant de l’acide propionique de façon permanente dans le côlon, elles aident les bactéries bifi des à bien se porter. Hautement spécialisées, elles sont indispensables à la fl ore intestinale. Ces 3 familles constituent la fl ore dominante. Elles entretiennent la vie. Une fl ore intestinale en bonne santé avec sa fl ore dominante inhibera le développement des souches bactériennes pathogènes (fl ore sous-dominante) par effet de masse, selon les dernières données de la recherche médicale. D’où l’importance de toujours avoir une fl ore intestinale particulièrement riche et équilibrée en probiotiques.

Origine des bactéries

Les bactéries arrivent dans l’intestin par l’alimentation. Au départ, le bébé naît complètement stérile. A la naissance, il s’imprègne des bactéries de sa mère, puis de l’environnement immédiat et au fi l des jours de l’alimentation. De la naissance à l’âge adulte au gré des expériences vont s’implanter des colonies de bactéries. Chacun d’entre nous a donc une fl ore qui lui est propre comme les empreintes digitales !
Les bactéries lactiques se trouvent dans les aliments « lactofermentés » c’est-à-dire qu’ils ont subi une fermentation par les bactéries lactiques qui en acidifi ant le milieu empêchent les bactéries pathogènes de se développer: yaourt, choucroute, olives, jus d’avoine, certaines boissons à base de plantes (frênette, ortillette, chanvrette…) ou de champignons (Kombucha), croûte de fromage, kéfi r, pain au levain et produits dérivés du soja (shoyu, tamari, miso, tempeh, natto). On en trouve également dans la bière, le vin, le thé, le thé, le chocolat, le vinaigre. Mais pour ces derniers aliments, les procédés de clarifi cation, de torréfaction, de cuisson tuent ces bactéries.

Probiotiques et complément alimentaire

L’équilibre est fragile : maladie, stress, infection, prise d’antibiotiques, opérations, alimentation pauvre en végétaux crus et aliments complets, trop riche en viande et produits laitiers… déséquilibrent notre fl ore et rendent important la prise de probiotiques sous forme de compléments alimentaires. Pour qu’ils soient effi caces, il faut qu’ils remplissent au moins quatre critères :
• Il doit y avoir plusieurs souches en quantité suffi sante (au moins 5 souches pour les meilleurs) et présenter une concentration au moins égale à 3 milliards de lactobactéries vivantes (revivifi ables) par gramme de produit
• Ils doivent résister à l’acidité gastrique (d’où l’intérêt des enrobages que proposent quelques laboratoires)
• Ils doivent adhérer à la muqueuse intestinale pour réaliser une barrière contre les agressions extérieures
• Ils doivent être parfaitement tolérés par l’organisme La prise peut se faire ponctuellement au vue de troubles liés à une fl ore défi ciente (traitements de fond), lors de problèmes de transit et par cure préventive aux changements de saison pour régénérer la fl ore. Les probiotiques se prennent impérativement à jeun avant les repas ou loin derrière les repas. En cas de prise d’antibiotiques, séparer la prise du médicament et du probiotique de 2 heures. Et poursuivre la prise de probiotiques au-delà de 2 semaines après l’arrêt de l’antibiotique.

Boudha dans sa sagesse nous montrait déjà l’importance de l’équilibre intestinal. A nous de toujours maintenir cet équilibre dans un but de prévention, de bien-être…