compléments alimentaires

La chondroïtine

Mars-Avril 2014

C’est à l’ouvrage « The arthritis cure » écrit par Jason Theodosakis en 1996 que l’on doit le succès de cette substance. L’auteur de ce livre a été le premier à affirmer que ce glycosaminoglycane naturellement produit par l’organisme était capable de régénérer les tissus cartilagineux. Mais que disent les études près de vingt ans après ?

La chondroïtine est un constituant essentiel des cartilages et elle se retrouve également au niveau des os, de la peau, de la cornée et des parois artérielles.

C’est en fait une succession d’acide glucuronique et de galactosamine- 6-sulfate. Ces deux éléments assemblés constituent une « base » pour la molécule qui peut contenir entre 15 et 150 « bases ».

Moins la chondroïtine contient de « bases », plus son poids moléculaire est faible et donc plus sa biodisponibilité sera bonne. L’apport alimentaire est généralement négligeable et le recours aux suppléments nutritionnels est donc un passage obligé en cas de manque.

 

Quelles sont ses propriétés ?

Au sein de l’organisme, elle permet la formation du cartilage et comme aucun vaisseau n’arrive dans ce tissu, c’est elle qui assure son entretien et son renouvellement en le nourrissant de composés et en stimulant le métabolisme des cellules qui constituent le cartilage (les chondrocytes) et des autres constituants du cartilage que sont le collagène, l’acide hyaluronique et les protéoglycanes. Capable de fixer l’eau, elle améliore son hydratation et enfin elle protégerait le cartilage en inhibant plusieurs enzymes responsables de sa dégradation.

 

Pourquoi la recommander ?

Pour soulager les douleurs articulaires

Des synthèses d’études ont pu mettre en évidence qu’une supplémentation en chondroïtine s’avère plus efficace qu’un placebo pour soulager les douleurs articulaires après environ trois mois de traitement et que cette amélioration persiste encore un mois après l’arrêt.

De plus, au cours des différentes études effectuées, la consommation d’anti-inflammatoires a considérablement été réduite. En effet, le sulfate de chondroïtine présenterait un effet anti-inflammatoire naturel comparable à l’aspirine.

Pour prévenir la progression de l’arthrose

D’autre part, la prise de chondroïtine, protègerait contre la dégradation des cartilages des articulations (hanches, genoux, doigts) et favoriserait ainsi leur reconstruction. Même si tous les mécanismes ne sont pas encore connus, il est désormais admis qu’elle est capable :

● D’inhiber certaines enzymes responsables de la destruction du cartilage,

● D’empêcher la dégradation des protéoglycanes et du collagène,

● De protéger les chondrocytes.

Pour protéger les articulations des sportifs et de certains travailleurs

En prévention, vous pouvez conseiller des cures régulières :

● Chez les sportifs pour éviter que le cartilage ne s’altère trop vite et pour réduire les dommages engendrés par un excès de radicaux libres souvent générés lors d’exercices soutenus et prolongés.

● Chez vos clients ayant un travail physique ou répétitif qui sursollicitent leurs articulations au quotidien. Elle peut aussi se conseiller après certaines opérations (genoux par exemple) pour booster la régénération naturelle du cartilage.

 

À qui la conseiller ?

● Les personnes souffrant d’arthrose (genoux, hanches, doigts, poignets, chevilles…)

● Suite à un accident ou à une blessure sportive pour aider à la reconstruction du cartilage.

● En prévention chez les sportifs et les travailleurs s’exposant à une sur-sollicitation des articulations.

 

À quel dosage ?

La chondroïtine utilisée dans les compléments alimentaires est d’origine marine (cartilage de poissons) ou animale (cartilage de boeuf ou de porc).

Elle se conseille en cures de trois mois minimum, à raison de 500 à 1500 mg par jour (en une ou plusieurs prises) seule ou couplée à :

● De la glucosamine pour une action synergique comme l’ont prouvé de multiples études,

● De l’acide hyaluronique pour favoriser la lubrification des articulations,

● D’autres plantes ou substances anti-inflammatoires pour diminuer la douleur (Curcuma longa, Boswellia serrata, Harpagophytum, oméga-3 marins et surtout EPA, bromélaïne, S-adénosyl-méthionine, MSM…)

 

Précautions d’emploi et interactions :

À part de légers troubles gastro-intestinaux, la tolérance à cette substance est globalement excellente et elle peut être prise pendant plusieurs années.

Il faut juste éviter de la conseiller en même temps que le Chitosan, puisque ces deux substances diminuent mutuellement leurs biodisponibilités. Attention également à vos clients sous anticoagulants puisqu’elle pourrait avoir un léger effet anticoagulant et ainsi augmenter le risque de saignement

 

Angélique Houlbert

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