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Hypertrophie bénigne de la prostate… Comment soulager vos clients ?

Mars-Avril 2014

Encore appelé adénome prostatique, l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), est une augmentation du volume de la prostate - survenant généralement à partir de la soixantaine - qui occasionne des manifestations plus ou moins gênantes : levées nocturnes, difficultés à uriner, sensation persistante que la vessie n’est pas totalement vidée….

Pourquoi la prostate triple-t-elle de volume ?

Tout se passe au niveau hormonal et plus particulièrement au niveau de deux enzymes clés :

● La 5-alpha-réductase qui convertit la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), la forme active de la testostérone,

● L’aromatase qui convertit quant à elle la testostérone en oestrogènes.

La DHT et les oestrogènes sont responsables de la prolifération des cellules prostatiques par activation de certains facteurs de croissance, on parle donc d’hyperplasie.

Ainsi, tous les aliments et compléments qui agissent sur ces deux enzymes, ou qui limitent la liaison de la DHT ou des oestrogènes aux récepteurs prostatiques, permettent de limiter l’HBP.

L’âge est le premier facteur de risque puisqu’il va engendrer des modifications dans la production hormonale mais la sédentarité semble aussi jouer un rôle dans cette pathologie et certains médicaments peuvent aggraver les troubles.

 

Comment cela se manifeste-t-il ?

Il s’agit d’un processus tout à fait mécanique puisqu’en augmentant de volume, la prostate comprime l’urètre et des envies fréquentes d’uriner apparaissent avec des difficultés à la miction, une diminution du jet d’urine, une sensation de vidange incomplète, le tout accompagné parfois de douleurs qui sont le signe d’une vessie irritée pouvant même provoquer des infections urinaires.

 

Que conseiller ?

Même si à l’heure actuelle, il n’existe pas de moyen de prévenir cette HBP, vous pouvez toutefois limiter les symptômes en donnant quelques conseils à appliquer au quotidien :

● Pratiquer une activité physique plaisante régulière,

● Réduire la consommation d’alcool, de café, de protéines animales, de sucre, d’acides gras saturés,

● Prendre le temps de bien vider sa vessie à chaque fois et y aller dès que l’envie arrive, sans attendre.

Certaines plantes et nutriments ont fait l’objet de multiples études dans cette indication. Vous les avez à votre disposition, seules ou sous forme de complexes, pour « dégonfler » cette prostate hypertrophiée :

 

Le Serenoa repens

Ce palmier nain, encore connu sous le nom de Saw palmetto, est utilisé avec beaucoup de succès en Europe et Outre-Atlantique. Il agit sur plusieurs fronts à la fois et permet :

● D’inhiber la 5-alpha-réductase et limiter la liaison de la DHT aux récepteurs androgéniques,

● De limiter la prolifération des cellules prostatiques,

● De réduire l’inflammation et les envies pressantes d’uriner,

● D’augmenter le flux urinaire,

● Et de favoriser les vidanges complètes.

Pour être pleinement efficace, conseillez des extraits standardisés en acide lipostérolique, à raison de 150 à 300 mg par jour.

 

La racine d’ortie (Urtica dioica)

Elle inhibe la liaison de la BHT sur les cellules prostatiques et selon les études effectuées, elle procure un soulagement significatif des symptômes.

Si elle est utilisée seule, conseillez 250 mg par jour et moins si elle se trouve dans un complexe.

 

Le Pygeum africanum

Ce prunier d’Afrique améliore la contractilité de la vessie, possède un effet anti-inflammatoire, prévient la croissance des cellules prostatiques, réduit les levées nocturnes et augmente le flux urinaire de façon à favoriser une vidange complète.

Toutefois, cette plante ne serait pas en mesure de diminuer la taille de la prostate. On la conseille à raison de 50 à 100 mg par jour.

 

Le bêta-sitostérol

Présent dans le prunier d’Afrique et le palmier nain, c’est surtout dans le soja qu’on retrouve ce phytostérol.

Les études ont ainsi pu mettre en évidence que 60 à 180 mg de bêta-sitostérol par jour pendant au moins 3 à 6 mois permettait de diminuer le volume urinaire résiduel de la vessie.

Et les bénéfices obtenus perduraient pendant plusieurs mois après l’arrêt de la supplémentation.

 

Le zinc

S’il est un minéral spécifique de la prostate, c’est bien celui-ci ! En effet, les cellules prostatiques accumulent du zinc de manière beaucoup plus importante que toutes les autres cellules de l’organisme.

Mais les recherches montrent que les cellules prostatiques hypertrophiées en sont nettement moins riches, limitant ainsi la fonction d’autorégulation du zinc sur la croissance.

D’autre part il empêche l’activité de la 5-alpha-réductase.

Conseillez 10 mg par jour.

 

Les graines de courge

Même si leurs composants ne permettent pas de réduire le volume de la prostate, les acides gras insaturés, le zinc, les phytostérols et tous ses autres composants ont globalement des propriétés diurétiques qui soulagent la miction.

À conseiller sous forme de graines dans les salades ou en en-cas, ou sous forme d’extraits.

 

Angélique Houlbert

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