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Le syndrome de fatigue chronique

Mars-Avril 2014

L’Organisation Mondiale de la Santé reconnait le syndrome de fatigue chronique depuis 1992. Encore nommée encéphalomyélite myalgique, cette pathologie neurologique peut survenir à n’importe quel âge, dès l’enfance, mais elle semble toucher prioritairement les femmes, à partir de 30-40 ans.

Même si les causes ne sont pas clairement élucidées, les chercheurs pensent qu’une origine virale ou bactérienne est probable. Cette maladie apparait subitement et engendre une modification rapide de l’état général avec, le plus souvent, des répercussions sur la vie personnelle, sociale et professionnelle.

Selon les critères du chercheur K. Fukuda (Annales de médecine interne 1994) les symptômes sont les suivants :

● Une sensation de fatigue très intense et persistante, d’épuisement inexpliqué depuis plus de six mois qui n’est amélioré ni par le sommeil ni par le repos et qui est augmenté par l’activité physique.

Accompagné d’au moins quatre des symptômes suivants survenus par la suite :

● Douleurs musculaires et articulaires (similaires à celles de la fibromyalgie),

Sommeil non réparateur,

Maux de gorge,

● Ganglions sensibles,

● Migraines,

● Troubles de la mémoire ou de la concentration,

● Troubles visuels,

● Hypersensibilité aux bruits et à la lumière,

● Instabilité de la température corporelle.

 

Ce que vous pouvez conseiller

Être à l’écoute des signaux corporels

Pour cela la personne devra : se coucher à heures régulières, planifier des séances quotidiennes de méditation ou de relaxation, éviter le surmenage et les stress psychologiques répétés.

Coté nutrition

Faites limiter ou supprimer les boissons à base de caféine (café, cola, thé) car cette substance, via la sécrétion d’adrénaline qu’elle engendre, mime les effets d’un stress psychologique et donc fatigue inutilement l’organisme

L’alcool et les aliments à Index Glycémiques élevés devront également être proscrits afin de limiter les hypoglycémies réactionnelles qui induisent également des sensations de fatigue.

Des nutriments utiles

Vous devrez en priorité recommander un complexe multi (vitamines, minéraux et antioxydants), à raison d’un comprimé à chaque repas, afin de diminuer le stress oxydatif et de combler les éventuels déficits. Ces complexes devront apporter du sélénium, des vitamines C, E et si besoin vous pouvez y adjoindre quotidiennement :

● L-glutathion réduit (100-300 mg),

● Acide alpha-lipoïque (200 mg) qui a la capacité de recycler partiellement les vitamines C, E et le glutathion,

● Coenzyme Q10 (100 mg) : il intervient dans la production d’énergie et améliore le fonctionnement des mitochondries. Les études ont montré que 80% des femmes atteintes en sont déficientes et une supplémentation permet d’augmenter la tolérance à l’exercice physique et ainsi d’en limiter la fatigue inhérente.

● L-carnitine (500 mg) qui permet la transformation des acides gras en énergie ou Acétyl-L-carnitine (1000 mg) contre la fatigue intellectuelle et les troubles de la mémoire.

● L-tryptophane (400 mg) ou 5-HTP (100 mg) contre les douleurs chroniques et pour favoriser un sommeil réparateur.

● Mélatonine (1.5 mg au coucher) pour améliorer le sommeil.

● Acide Gamma-Linolénique (GLA dans l’huile de bourrache et d’onagre) et Acide Eicosapentaénoïque (EPA dans les huiles de poissons et de Krill).

Des plantes adaptogènes

À l’inverse du guarana qui est plutôt une plante stimulante, il faut conseiller des plantes dites adaptogènes, qui permettent de lutter contre le stress et la fatigue, d’accroître l’énergie et la résistance sans épuiser l’organisme.

Conseillez la Rhodiola rosea ou encore dans la grande famille des « ginsengs », l’une d’entre elles : Maca, Eleuthérocoque (surtout en cas de baisse d’appétit et d’hypotension), Panax ginseng ou Ashwagandha.

Parmi les autres plantes, la valériane (Valeriana officinalis) possède une action sur le système nerveux central et les troubles du sommeil en améliorant les délais d’endormissement et la qualité du sommeil.

Le millepertuis soulage aussi les symptômes dépressifs qui peuvent accompagner cette maladie.

Des champignons, comme le Cordyceps, le reishi ou encore le maïtaké pourraient également augmenter la résistance et tonifier l’organisme.

De l’huile essentielle de lavande (Lavandula officinalis)

Les études indiquent que les principaux composés de cette huile essentielle ont des effets sédatifs et anti-anxiété.

Elle peut donc être conseillée à raison de quelques gouttes sur le revers du col de pyjama ou de la taie d’oreiller pour favoriser l’endormissement ou être incorporée dans l’eau du bain.

 

Angélique Houlbert

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