compléments alimentaires

Un programme nutritionnel pour combattre la cellulite

Mai-Juin 2014

La cellulite est multifactorielle et n’impacte pas exclusivement les personnes en surpoids. Bien des femmes minces se plaignent de ces disgracieux capitons qui résultent d’un savant mélange entre des perturbations hormonales, de la rétention d’eau, une mauvaise circulation sanguine au niveau des jambes, un manque d’activité physique et des déséquilibres alimentaires.

La cellulite, ou lipodystrophie super cielle, provient de l’accumulation des adipocytes (les cellules graisseuses) en nombre et en taille et se couple généralement d’une  brose et d’une rétention d’eau à ce niveau, expliquant ce fameux aspect capitonné. Cette vilaine « peau d’orange » touche aussi bien les femmes minces que celles qui sont en surpoids.

 

Quel type de cellulite ?

Il n’existe pas un mais trois types de cellulites bien distinctes selon leur aspect :

La cellulite fibreuse, dure au toucher, localisée plutôt au niveau des genoux et des cuisses, est douloureuse au pincement. Elle résulte d’un durcissement des  bres de collagène, souvent généré par des phénomènes de glycation, c’est à dire de « caramélisations » de cette protéine de structure. Elle est souvent ancienne et assez di cile à éliminer.

La cellulite infiltrée avec rétention d’eau peut se localiser à plusieurs endroits du corps (bras, culotte de cheval, cuisses, mollets, chevilles). Elle est moins douloureuse et plus « souple » que la cellulite  breuse mais elle reste « épaisse ». Elle est souvent associée à des problèmes de retour veineux, de chevilles qui gon ent et de rétention d’eau globale, reliés à un déséquilibre hormonal.

La cellulite adipeuse, essentiellement localisée au niveau des hanches et de la culotte de cheval est quant à elle plutôt « molle » d’aspect, visible quand on exerce une pression sur la peau mais elle n’est pas douloureuse au pincement. Il s’agit d’un engorgement des adipocytes de l’hypoderme, relié à une alimentation à index glycémique élevé, trop sucrée, déséquilibrée et à un manque d’activité physique.

Quelles en sont les causes ?

 

Ces amas disgracieux ont de multiples causes, certaines sur lesquelles vous pouvez agir et d’autres, malheureusement qui ne sont pas modi ables. La génétique, et donc la morphologie innée de chacune, en est une des facettes non modi able. Mise à part cet aspect, les autres causes, peuvent, quant à elles, être améliorées :

 

Les déséquilibres hormonaux : ce sont les oestrogènes qui agissent sur la répartition et le stockage des graisses dans l’organisme en vue d’une grossesse ou d’un allaitement. Certaines substances pourront donc stabiliser ces déséquilibres.

 

Les troubles de la circulation sanguine diminuent le drainage et facilitent la rétention d’eau. Des plantes reconnues seront donc particulièrement efficaces.

 

Les déséquilibres alimentaires et plus particulièrement les pics répétés d’insuline, favorisent le stockage des graisses. Il faudra donc privilégier les aliments à IG bas et limiter les apports de graisses saturées.

 

Le manque d’activité physique enfin va perturber la synthèse de certains neurotransmetteurs, les catécholamines (adrénaline, noradrénaline, dopamine), qui ordinairement améliorent le déstockage des graisses.

 

Drainer et éliminer l’eau si nécessaire

 

Dans tous les cas de cellulites in ltrées, avec rétention d’eau, il faudra conseiller un complément alimentaire à base d’une ou plusieurs plantes qui agiront sur la diurèse et favoriseront donc l’élimination des liquides extracellulaires comme :

 

● la piloselle (Hieracium pilosella) qui réduit les oedèmes au niveau des chevilles et des jambes en facilitant l’élimination de l’excès de sel.

● La sève et les feuilles de bouleau.

● La reine des prés (Filipendula ulmaria).

● Les feuilles de pissenlit (Taraxacum o cinalis) qui favorisent l’élimination rénale des déchets tout en conservant le potassium au sein de l’organisme.

● L’orthosiphon (ou thé de Java) puisque la sinensétine qu’il contient lutte contre la rétention d’eau.

● Le mélilot (Melilotus o cinalis) qui grâce à ses coumarines,  avonoïdes et terpénoïdes, stimule le  ux lymphatique et possède également une action sur la circulation sanguine.

● L’aubier de tilleul. Le potassium est aussi indispensable car avec le sodium, ils constituent un

 

 

équilibre qui régit les mouvements d’eau : rétention ou élimination. Il faudra donc faire diminuer le sodium de l’alimentation de vos clientes et si besoin les supplémenter en potassium.

En plus de ces draineurs, vous pouvez conseiller des massages réguliers (par la cliente elle-même ou son conjoint) ou des drainages lymphatiques (par un professionnel : kinésithérapeute ou esthéticienne) des zones concernées, a n de stimuler la circulation de la lymphe. N’hésitez donc pas à ajouter aux compléments alimentaires, une crème spéci que « anticellulite » à appliquer si possible tous les jours.

 

Agir sur l’insuffisance veineuse

Pour renforcer le tonus vasculaire et améliorer la perméabilité des vaisseaux capillaires, vous avez à votre disposition des extraits de plantes comme :

La Centella asiatica (Gotu kola),

● Le Ginkgo biloba,

● Le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum),

● La vigne rouge (Vitis vinifera),

● Le varech (Fucus vesiculosus),

● L’hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana),

● Le fragon (Ruscus aculeatus),

● Le lierre grimpant (Hedera helix),

● Les  avonoïdes (rutine par exemple),

● Les extraits de pépins de raisins riches en OPC.

 

Soutenir les hormones

La cellulite peut apparaître à chaque grand changement hormonal chez la femme : puberté, prise de contraceptif (pilule, implant, stérilet hormonal), grossesse ou encore ménopause à cause d’une hyper- oestrogénie. Ces déséquilibres hormonaux vont donc favoriser le stockage des graisses et donc parfois la cellulite.

Pour rétablir ces dysfonctionnements hormonaux, vous pouvez conseiller certaines plantes comme le Gattilier (Vitex agnus castus) ou encore le yam mexicain (Dioscorea villosa) qui agiront sur les récepteurs à la progestérone.

 

Limiter la fibrose

Comme nous l’avons vu, certaines cellulites sont dues à une  brose, c’est à dire à un durcissement des  bres de collagène généré par ce phénomène de glycation. Les substances qui empêchent la glycation au niveau des protéines de l’organisme sont la L-carnosine, l’acide alpha-lipoïque, l’hespéridine et la propolis . Il faudra aussi veiller à ce que vos clientes consomment peu d’aliments apportant des produits de glycation avancés (AGE pour Advanced Glycation End products) comme les aliments grillés (viandes, pains grillés…).

 

Avoir une meilleure hygiène de vie

Comme la cellulite est souvent couplée à un problème de circulation de retour au niveau des jambes, il est souhaitable de dormir les pieds légèrement surélevés.

La marche, le cyclisme, la natation sont des activités physiques qui

toni ent la peau et améliorent la circulation veineuse de retour. Il vaut donc mieux faire de la marche tous les jours qu’un jogging une seule fois par semaine, et se baser sur un total de 2h30 à 3h hebdomadaires.

 

Si la cellulite est couplée à un surpoids ou un embonpoint :

Globalement il faudra toujours donner des conseils de base en termes de nutrition :

● Limiter les glucides à IG élevés qui favorisent les pics d’insuline et donc le stockage des graisses (pain blanc, pommes de terre, sucreries, sodas…)

● Diminuer la quantité de graisses saturées (viandes, fromages, beurre, biscuits ou gâteaux à base de beurre ou d’huile de palme, charcuteries…)

● Augmenter les apports en polyphénols, et donc en légumes et fruits colorés.

Vous pouvez également y adjoindre en cures, avant les principaux repas, des  bres solubles qui « captent » les graisses alimentaires et agissent comme des coupe-faim naturels. Elles sont présentes dans :

● Le nopal (Opuntia  cus indica),

● Le konjac (Amorphophallus konjac),

● Le psyllium blond (Ispaghul ou plantain des indes) à raison d’une cuillère à soupe dans un grand verre d’eau ou un jus de fruit.

Les extraits de thé vert freinent également l’absorption intestinale des graisses et des sucres en inhibant partiellement certaines enzymes.

Il existe également des substances qui miment les effets des hormones lipolytiques naturelles de l’organisme et qui aident donc à déstocker les graisses. Ces substances se  xent sur les récepteurs des adipocytes et ordonnent de larguer leur contenu dans la circulation sanguine. Ces substances seront donc parfaites en complément d’une activité physique adéquate permettant de « brûler » cette énergie libérée. Parmi les plus e caces vous pouvez conseiller :

● Le guarana et la caféine,

● Le varech (Fucus vesiculosus),

● Le CLA (acide linoléique conjugué) qui régule le métabolisme des graisses par stimulation enzymatique et favorise le développement de la masse musculaire au détriment de la masse grasse,

● Les extraits de feuilles de thé vert (Camellia sinensis) puisqu’ils stimulent la thermogenèse et la lipolyse.

Même si aucune étude scientifique n’a permis à ce jour de valider le fait qu’elle « brûlait » les graisses, la bromélaïne issue de l’ananas, peut aussi être conseillée car elle agit plutôt comme une substance « anti-oedème».

 

Angélique Houlbert

Nutritionniste

 

1) Li D1, Mitsuhashi S, Ubukata M. Protective effects of hesperidin derivatives and their stereoisomers against advanced glycation end-products formation. Pharm Biol. 2012 Dec;50(12):1531-5. doi: 10.3109/13880209.2012.694106. Epub 2012 Sep 11.

2) Boisard S, Le Ray AM, Gatto J, Aumond MC, Blanchard P, Derbré S, Flurin C, Richomme P. Chemical Composition, Antioxidant and Anti-AGEs Activities of a French Poplar Type Propolis. J Agric Food Chem. 2014 Feb 12;62(6):1344-51.

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