compléments alimentaires

Zoom sur le Chrome

Mai - Juin 2015

Les oligo-éléments sont aussi essentiels à l'organisme que les macronutriments et le chrome en est l’exemple type. Son caractère indispensable pour réguler le métabolisme des glucides en fait un incontournable pour tous vos clients qui présentent une insulino-résistance ou des fringales sucrées en lien avec des dysfonctionnements métaboliques.

Lorsque des chercheurs à la  n des années 1950 se sont aperçus que des rats nourris avec de la levure de bière n’avaient pas d’intolérance au glucose liée au vieillissement, ils ont découvert qu’un complexe en était à l’origine : le GTH - facteur de tolérance au glucose- qui associe du chrome, deux molécules de vitamine B3 et trois acides aminés (glycine, cystéine et acide glutamique).

In vitro, il présente des e ets béné ques sur l’utilisation du glucose et la liaison de l’insuline sur son récepteur. Même si tous les mécanismes ne sont pas encore clairement élucidés, il est désormais établi que le chrome optimise l’e et de l’insuline en favorisant son transfert à travers les membranes cellulaires. Le chrome est donc un élément essentiel pour les métabolismes glucidique et lipidique.
 

Les signes associés à une déficience sont :

● Une glycémie et un taux d'insuline élevés,

● Une hypertriglycéridémie,

● Une hypercholestérolémie,

● Des troubles nerveux et amnésiques.
 

Où le trouver ?

Au niveau alimentaire, le chrome sous sa forme trivalente (Cr3+ ou Cr(III)) est présent aussi bien dans le règne animal (produits de la mer, oeufs) que dans le règne végétal (oléagineux, céréales complètes et certains fruits et légumes). Il se retrouve également dans la levure de bière si celle-ci a été mise en culture sur un milieu riche en chrome.

Son absorption et son excrétion peuvent être a ectés par le stress (via le cortisol), la consommation d’aliments à IG élevés ou la pratique intense d’une activité physique.

Pourquoi le conseiller ?

Chez les diabétiques de type II et les prédiabétiques (insulinorésistants) Une méta-analyse a regroupé les résultats de 41 études et a con rmé que la prise de chrome semble améliorer le contrôle de la glycémie chez diabétiques de type 2 1.

Les diabétiques présentent en e et des taux plasmatiques en chrome inférieurs d’environ 30% par rapport aux personnes non diabétiques, sans pour autant que cette dé cience soit la cause du diabète.

Les premières études réalisées avaient suggéré que la supplémentation en chrome chez les diabétiques, en plus de leur traitement médicamenteux, pendant 2 à 4 mois, permettait de réduire la glycémie à jeun et postprandiale de 15-20 % par rapport au groupe placebo, l'insulinémie à jeun et postprandiale de 25-30%, ainsi que l’hémoglobine glyquée (Hba1c). 2

D’autre part, il régule les sécrétions d’insuline par le pancréas et prévient ainsi les hypoglycémies.
 

Pour régulariser les pics de glycémie et la prise de poids

Comme il régule le métabolisme glucidique et potentialise les e ets de l’insuline, il réduit les fringales sucrées chez les gourmands qui ne peuvent résister aux collations très sucrées et/ou à IG élevé entre les repas et plus particulièrement celles de l’après-midi ou de soirée. Dans ce cas, sa prise peut être couplée avec celle de 5-HTP.
 

Quel est l’Apport Journalier Recommandé (AJR) ?

La dose journalière maximale française est très basse : 25 μg seulement alors que l’apport de référence européen selon la directive 2008/100 est de 40 μg (AJR).

 

Quelles sont les formes autorisées dans les compléments alimentaires ?

Six formes sont autorisées : le Chlorure de chrome (III) peu absorbé, le Lactate de chrome (III) trihydraté, le Nitrate de chrome, le Picolinate de chrome avec un bon coe cient d’absorption, le Sulfate de chrome (III) et la Levure enrichie en chrome.
 

Quelles sont les allégations autorisées ?

Les deux allégations « Contribue au maintien d’une glycémie normale » et « Contribue au métabolisme normal des macronutriments » sont autorisées si la prise journalière est au minimum de 6 μg.

En 2003, le comité scienti que européen de l’alimentation humaine a déclaré : « dans un nombre limité d'études réalisées sur l'homme, il n’y a aucune preuve d’e ets indésirables associés à un apport complémentaire de chrome jusqu’à une dose de 1 mg par jour. »
 

Angélique Houlbert
Nutritionniste

1) Balk EM, Tatsioni A, Lichtenstein AH, Lau J, Pittas AG. (2007) E ect of chromium supplementation on glucose metabolism and lipids: a systematic review of randomised controlled trials. Diabetes Care 30:2154-2163

2) R. A. Anderson et al. 1997. Elevated intakes of supplemental chromium improve glucose and insulin variables in individuals with type 2 diabetes. Diabetes. 46 : 1786-1791.