compléments alimentaires

Zoom sur l'acide alpha lipoïque

Mai-Juin 2012

L’acide alpha lipoïque, encore nommé acide thioctique, est méconnu du grand public, et pourtant vos clients atteints de diabète ou de maladies cardiovasculaires pourraient améliorer certains de leurs symptômes avec ce supplément nutritionnel naturel.

En 1930, lors de la découverte de cette molécule, les chercheurs ont tout de suite pensé qu’il s’agissait d’une vitamine. Seulement, ils se sont aperçu quelques années plus tard que l’organisme était capable de la synthétiser, au niveau des mitochondries des cellules à partir d’un acide gras à chaîne courte, l’acide octanoïque. Le corps humain en bonne santé en fabrique donc naturellement en petites quantités mais parfois de façon insuffisante.

Quelles sont les sources d’AAL ?

Il est présent en très petites quantités dans les viandes rouges, les abats (foie, coeur et rognons), la levure de bière, les épinards, les brocolis, les betteraves et les patates douces. Toutefois, pour qu’il puisse avoir un effet visible sur l’organisme le recours aux suppléments nutritionnels est indispensable.

Quelles sont ses fonctions biologiques ?


L’antioxydant universel
L’activité antioxydante de l’AAL va s’exercer autant dans les milieux aqueux, comme pourrait le faire la vitamine C, que dans les milieux graisseux comme le ferait la vitamine E. Il est donc à la fois hydrosoluble et liposoluble, et pourra donc contrer l’excès de radicaux libres aussi bien dans les cellules qu’en dehors. Son avantage réside dans le fait qu’il passe aisément la barrière hémato-méningée et ainsi, est capable d’effectuer pleinement son rôle d’antioxydant au niveau des cellules cérébrales. Un rôle important dans la production d’énergie (synthèse d’ATP).
L’AAL est nécessaire au fonctionnement de certaines enzymes qui interviennent entre autre dans le métabolisme énergétique. Il facilite ainsi la transformation de l’alimentation en glucose, en acides gras et donc en énergie.

À qui le conseiller ?


Aux diabétiques de type I ou II

…Pour soulager les neuropathies
La neuropathie est une faiblesse générale du système nerveux qui se caractérise par des douleurs chroniques au niveau des membres inférieurs, des troubles sensitifs et moteurs (paralysie ou faiblesse musculaire). Les diabétiques sont parfois atteints de ces neuropathies car le glucose provoque des dommages oxydatifs sur leurs nerfs. L’AAL augmente de manière significative la résistance des nerfs et l’afflux de sang au niveau des petits vaisseaux irrigants les nerfs et permet donc de réduire la douleur, l’engourdissement, les paresthésies et les sensations de brûlures chez la plupart des diabétiques.
…Pour diminuer le stress oxydatif
Un diabète de type 2 et d’autres états de résistance à l’insuline, comme l’obésité, engendrent une augmentation de la glycémie et des acides gras circulants. Une revue d’études a rapporté que ces modifications avaient pour conséquence la génération de radicaux libres jouant un rôle très important dans la survenue des complications du diabète. De par ses propriétés antioxydantes, l’AAL pourrait réduire ce stress oxydatif et ainsi diminuer ou retarder les complications oxydatives du diabète du type 2.
…Pour réduire les néphropathies
Les chercheurs ont étudié l’effet de la prise de 600 mg d’AAL chez des patients diabétiques pendant 18 mois. Un tel traitement a permis d’empêcher la progression des dommages du stress oxydatif au niveau des cellules rénales.

…Pour diminuer la glycémie
Des études montrent qu’il améliore l’utilisation du glucose et aurait un effet additif à celui de l’insuline sans interférer avec cette dernière.
…Pour limiter l’athérosclérose
En cas de pathologie cardiaque ou chez vos clients diabétiques particulièrement à risque de développer de l’athérosclérose, sa prise pourrait s’avérer bénéfique puisqu’à raison de 600 mg par jour, l’AAL empêche l’oxydation du LDL-cholestérol et réduit de manière significative les niveaux des marqueurs du stress oxydatif. Son action s’est ainsi avérée supérieure à celle de la vitamine E (alpha-tocophérol) pour réduire l’oxydation des protéines plasmatiques. De plus, diverses études animales ont suggéré qu’il pourrait empêcher ou réduire les dommages causés aux cellules et aux tissus lors d’attaques cardiaques.
Aux séniors pour empêcher le vieillissement du système nerveux
Le vieillissement du système nerveux, des simples pertes de mémoire aux maladies plus invalidantes, semble résulter en grande partie de l’oxydation radicalaire. Même s’il n’est pas encore clairement démontré que l’AAL est neuroprotecteur et pourrait donc être utile dans certaines pathologies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer, sclérose latérale amyotrophique, Huntington), certaines études préliminaires mettent en évidence son effet sur le ralentissement du vieillissement du cerveau et en général sur le fait qu’il soit une substance anti-âge.
En cas de glaucome
Selon certaines autres études, une supplémentation de 150 mg par jour d’AAL pendant un mois pourrait améliorer dans 45% des cas l’acuité et le champ visuels de patients atteints de glaucome à angle ouvert. Cet effet peut être expliqué par les propriétés antioxydantes et l’influence directe sur le métabolisme du tissu oculaire de cette substance.
En cas d’intoxication
L’AAL soutiendrait le foie dans sa fonction de détoxication et pourrait être utilisé en cas d’empoisonnement par des champignons tels que l’amanite phalloïde.


Utile pour les pertes de goût et d’odorat ? Une étude a indiqué qu’une supplémentation en AAL, à raison de 600 mg par jour, pouvait être utile en cas de perte de l’odorat, suite à des infections respiratoires ou en cas de perte de goût.



Votre conseil :
Pour son effet antioxydant, on conseille généralement la prise de 200 mg par jour au moment des repas. Pour traiter la neuropathie diabétique, il semble qu’un apport de 600 à 1200 mg par jour soit nécessaire pendant une période d’un mois minimum.
Précautions
Sans études démontrant sa non toxicité, il est souhaitable de ne pas le recommander pendant la grossesse et l’allaitement. De plus, de par son effet hypoglycémiant, les diabétiques doivent avertir leur médecin afin de moduler la prise de médicaments antidiabétiques ou la prise d’insuline en fonction des glycémies relevées ou tout du moins surveiller attentivement leur glycémie avec des tests réguliers pour éviter tout risque d’hypoglycémie.