compléments alimentaires

Le fer... vaut mieux que le dire...

mars-avr 2009

Les légionnaires romains avaient l’habitude de boire régulièrement l’eau qui servait à rafraîchir leur armure afin d’y puiser force et vigueur. Ce sont d’ailleurs eux qui donnèrent le nom de « martial » aux préparations à base de fer par allusion au dieu de la guerre et de la force: Mars.






Qu’est-ce que le fer? Quelles sont ses fonctions ?

Le fer joue un rôle essentiel dans de nombreuses fonctions biologiques. Il intervient dans la constitution de l’hémoglobine (pigment respiratoire des globules rouges qui permet les échanges gazeux) et de la myoglobine (forme de réserve d’oxygène dans le muscle). Dans l’organisme, il existe sous deux formes : héminique, lié à l’hémoglobine et non héminique qui correspond aux formes de transport (transferrine) et de réserve (ferritine et hémosidérine). Chez un adulte, la teneur totale en fer est de 2,5 g chez la femme et de 4 g chez l’homme.

Qui peut en avoir besoin ?


● L’enfant entre 4 mois et 3 ans, car la croissance va augmenter les besoins. A cet âge, 20-30 % des enfants sont carencés et présentent des troubles du comportement et une moindre résistance aux infections. Le fer étant un élément essentiel à la production de dopamine, une carence pourrait contribuer aux troubles de déficit de l’attention. Chez ces enfants, le taux de ferritine est en dessous de la normale et plus ce taux est bas, plus les symptômes sont prononcés.
● L’adolescent mais surtout les adolescentes car l’apparition des règles va provoquer chaque mois une perte variable. Une carence peut diminuer les performances cognitives et une simple déficience entraîner des problèmes de concentration, de mémoire et d’attention chez les adolescents qui peuvent se retrouver dans une situation d’échec scolaire.
● Les femmes en âge de procréer car elles débutent généralement leur grossesse avec de faibles réserves. Or la grossesse augmente considérablement les besoins. Normalement, l’absorption intestinale augmente et permet de couvrir les besoins en fer quand la ration alimentaire est suffisante. Ainsi, la supplémentation ne doit pas être systématique sauf pour les femmes qui ont eu des grossesses répétées, des règles importantes, une alimentation pauvre en viande et poisson ou issues d’un milieu défavorisé.

Quelles sont les sources de fer ?

Ce n’est pas tant la quantité de fer présent dans les aliments qui est important pour son absorption mais sa forme. Les viandes rouges, abats et poissons sont d’excellentes sources de fer sous une forme facilement assimilable. À l’inverse, les fruits, légumes, légumes secs, céréales et produits laitiers présentent une faible teneur en fer et sous une forme plus difficile à absorber.



Apports nutritionnels conseillés pour la population française, édition Tec et doc




Le fer héminique des produits carnés est disponible à 25% alors que le fer non héminique est absorbé inégalement et dépend de la totalité du repas, sa disponibilité est de 10%. Et n’en déplaise à Popeye, les épinards ne sont pas la meilleure source de fer. Cette légende tenace est née d’une simple virgule déplacée qui a ainsi multiplié par dix la teneur en fer.

 

Qu’est-ce qui influe sur l’absorption du fer non héminique ?

Viande, volaille, poisson et vitamine C majorent la disponibilité. A l’inverse, thé, café, jaune d’oeuf, son, calcium, zinc, polyphénols (tannins) et certaines fibres alimentaires inhibent son absorption en formant des complexes insolubles. L’absorption du fer est aussi fonction des besoins, plus les réserves sont basses et plus l’absorption est élevée.

Quand et comment se manifestent les déficits en fer ?

Le taux de ferritine décroît, la capacité physique à l’effort et les performances intellectuelles diminuent, tout comme la résistance aux infections. La véritable anémie ferrique est une diminution de la concentration des globules rouges et de l’hémoglobine dans le sang. Elle se traduit par : fatigue, pâleur, irritabilité, souffle court, défaut de concentration et est diagnostiquée par la mesure des taux de ferritine et d’hémoglobine.

Attention à l’excès de fer

La supplémentation en fer produit des radicaux libres au niveau du côlon pouvant engendrer des dommages importants à ce niveau. Un excès de fer pourrait aussi être associé à un risque accru d’infarctus, de diabète et pourrait multiplier les risques de souffrir de Parkinson.
L’hémochromatose, quant à elle est une maladie génétique qui augmente l’absorption du fer, causant ainsi une surcharge globale. Caractérisée par une fatigue générale chronique, un diabète insulinodépendant et des atteintes au niveau du foie, du coeur et des articulations, si aucun traitement n’est engagé, la personne risque la mort. Les « saignées » constituent le seul traitement. Même s’il existe une fréquence élevée de personnes présentant des déficiences modérées en fer, il n’en demeure pas moins que les suppléments sont à conseiller avec beaucoup de précaution. Une simple fatigue et de l’irritabilité ne sont peut-être pas les signes d’un manque de fer, et avant de faire des conclusions hâtives, demandez à vos clients d’effectuer un dosage de leur ferritine.