Dossier

Intolérance au gluten : pourquoi et comment?

janv-fév 2009

Face à une demande de produits dits « sans gluten » peuvent se cacher en fait deux profils de personnes différentes. Le plus couramment, les clients demandant des informations sur les produits sans gluten arrivent désemparés suite à une prescription médicale et parfois même à une hospitalisation. Ces personnes sont généralement désorientées et attendent également en plus de vos conseils diététiques, certaines phrases rassurantes. La deuxième catégorier echerche des conseils encore plus avisés, non pas parce qu’elles sont forcément malades mais parce qu’elles désirent optimiser leur forme et leur bien-être en adoptant un régime sans gluten et la plupart du temps sans laitage, pour suivre certaines recommandations médicales ou paramédicales.

La première chose à demander à toute personne désirant des produits sans gluten est donc de poser la question « Souffrezvous de maladie coeliaque » ? Si la réponse que vous obtenez est positive, vous n’avez pas le droit de faire un faux pas. Ainsi n’hésitez pas à reprendre cette fiche avec vous afin de respecter scrupuleusement les conseils qui vont suivre.

Quelques rappels sur la maladie coeliaque et le gluten

Il est possible que l’on vous réponde également : « je suis intolérant au gluten » puisque cette maladie est une intolérance au gluten. Chez les coeliaques le gluten est « coupé en petit morceau » comme chez les personnes «normales». Ce sont certains de ces morceaux qui engendrent une réaction de «rejet» au niveau de la muqueuse intestinale uniquement chez les intolérants. En effet, chez les coeliaques, le gluten provoque la destruction de la paroi interne de l’intestin grêle, et plus précisément des villosités intestinales qui assurent l’absorption de la majeure partie des nutriments, des vitamines et des minéraux apportés par l’alimentation. C’est la raison pour laquelle, même avec une alimentation variée et équilibrée, les personnes atteintes d’intolérance au gluten souffrent de malabsorption.

Qu’est ce que le gluten ?

Le gluten est en fait un mélange de protéines élastiques et visqueuses présentes dans certaines céréales. Du latin « glu » qui signifie « colle », le gluten est l’agent qui permet la panification. Pendant la cuisson du pain ou des gâteaux, le gluten s’étire pour former un réseau qui emprisonne le gaz carbonique et permet ainsi à la pâte d’avoir du volume. Sans le gluten la pâte du pain ou des gâteaux ne « lèverait » pas. Les personnes intolérantes au gluten réagissent à un type de protéines : les prolamines (fraction du gluten). Dans le blé il s’agit de la gliadine, dans le seigle de la sécaline, dans l’orge de l’hordéine et enfin dans l’avoine de l’avénine. Les glutéines sont également toxiques.

Où trouve-t-on du gluten ?

Le gluten « toxique » est donc présent dans les céréales mais pas dans toutes. Celles qui en contiennent sont le Seigle, l’Avoine, le Blé (kamut, épeautre) et l’Orge. Le moyen mnémotechnique pour ne jamais vous tromper est de retenir le terme «SABO». Les céréales qui n’en contiennent pas sont : le riz, le millet, le sarrasin, le maïs, le quinoa et le sorgho. En ce qui concerne l’avoine, il semblerait que son gluten soit consommable à faibles doses pour une partie des coeliaques. Donc la méfiance reste forte sur ce produit. De plus, en France la production d’avoine reste fortement « souillée » par le blé.


Quelles sont les causes de la maladie ?

Malheureusement, à l’heure actuelle, on ne connaît pas exactement les causes de cette maladie. Plusieurs facteurs doivent entrer en jeu mais rien n’est encore clairement prouvé. Une composante génétique est sans nul doute un élément à prendre en compte. Quand un membre de la famille est atteint, il y a 10% de risque pour qu’un proche soit atteint à son tour. Il y a plus de risque entre frères et soeurs. Une cause environnementale reste encore inconnue.

Qui est touché par cette maladie ?

Chez les bébés, les manifestations s’observent dès l’introduction des céréales contenant du gluten. Ensuite, la maladie peut se déclarer à tout âge, même à l’âge adulte, mais elle touche environ deux à trois fois plus les femmes que les hommes.

Comment se manifeste-t-elle ?

Les premiers symptômes sont avant tout digestifs mais ils sont très variables d’une personne à une autre. Parfois même aucune manifestation digestive n’est visible. Il est alors important de poser les bonnes questions mais les personnes qui ne savent pas encore si elles sont ou non atteintes de cette maladie doivent consulter leur médecin traitant avant d’entreprendre un régime exclusivement sans gluten afin de ne pas perturber le diagnostic. Si un enfant de petite taille avec un léger retard de croissance et une faible musculature, se plaint souvent de douleurs abdominales et de diarrhées récurrentes et s’il est anémié, il est souhaitable que les parents consultent rapidement leur pédiatre. Du côté des adultes, les manifestations peuvent être diverses. Il peut s’agir d’une diarrhée chronique, de désordres intestinaux type gaz et ballonnements, mais très souvent ce sont d’autres symptômes qui n’ont à première vue aucune relation avec la maladie : de la fatigue, de l’irritabilité voire une dépression ; des éruptions au niveau de la peau ; des douleurs au niveau des articulations et des os, une perte de poids et chez les femmes une absence de menstruations ou encore une pâleur due à une carence en fer.

Comment est diagnostiquée la maladie ?

Un prélèvement sanguin est effectué afin de détecter certains anticorps que l’organisme produit en réponse au gluten, cette substance qu’il considère comme totalement étrangère et qu’il faut détruire. Si ce test sanguin révèle une grande quantité d’anticorps spécifiques, un prélèvement est alors effectué au niveau de l’intestin grêle (biopsie) qui s’il est positif, pose le diagnostic de la maladie coeliaque. Un régime sans gluten à suivre scrupuleusement est donné aux malades. Les symptômes s’améliorent plus ou moins rapidement avec l’éviction du gluten.
... les régimes adaptés...


Le régime sans gluten pas uniquement pour les coeliaques…

A côté des personnes réellement atteintes de la maladie coeliaque, des demandes peuvent vous être faites par des personnes souhaitant réduire ou éliminer toute trace de gluten et bien souvent de caséine, une protéine du lait afin de suivre par exemple le régime Seignalet. Ce médecin, spécialiste de l’immunité, avait lui-même mis au point un régime qui permettait de prévenir et traiter certaines maladies dites de civilisation qu’il classait en trois catégories:
- les maladies auto-immunes dont la maladie coeliaque mais également : la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante, le lupus érythémateux disséminé, la sclérose en plaques.
- les maladies dites d’« encrassage cellulaire » comme l’acné, la fibromyalgie, l’arthrose, la migraine, la dépression, le diabète de type 2, la spasmophilie.
- les maladies dites d’ « élimination » ccomme le psoriasis, la bronchite chronique, l’asthme, l’urticaire, la colite. Ainsi, il recommandait, entre autre, d’exclure de son alimentation toutes les céréales dites modernes (contenant du gluten ou non), ayant subi des modifications génétiques au cours des siècles. De ce fait, l’organisme selon le docteur Seignalet ne reconnaît plus la structure de ces céréales. Même si aucune étude scientifique n’a été validée à ce jour, on observe une amélioration chez certains patients et même chez certains enfants autistes[1].

Quel régime au quotidien ?

Une personne atteinte de la maladie coeliaque n’a pas d’autres choix à l’heure actuelle que de suivre scrupuleusement toute sa vie un régime éliminant toute trace de gluten, même minime. Un régime bien suivi va permettre dans la majorité des cas d’éradiquer les symptômes, d’éviter les carences en nutriments et surtout de prévenir certaines complications comme l’ostéoporose, l’anémie ou bien encore l’augmentation du risque de cancer digestif et de lymphome.
Quand le régime est bien suivi, la paroi intestinale retrouve son intégrité et réassure sa fonction d’absorption en quelques mois selon les cas.

[1] Christison GW, Ivany K. Elimination diets in autism spectrum disorders: any wheat amidst the chaff? J Dev Behav Pediatr. 2006 Apr;27(2 Suppl):S162-71.


Les grands principes du régime sans gluten :
1- éliminer toute trace de gluten de l’alimentation
2- compenser les pertes en nutriments dues à la maladie ou au régime.
3- apporter suffisamment de fibres alimentaires.


1- Eliminer le gluten de l’alimentation

A première vue, ce régime semble être simple à adopter avec l’éviction de seulement quatre céréales (Voir encadré). Malheureusement, ces céréales se retrouvent dans toute l’alimentation. Parfois visibles comme le pain, les pâtes, les flocons de céréales, elles peuvent aussi être dissimulées sous une autre dénomination comme l’épeautre ou le Kamut ou encore là où on les attend le moins, car le gluten sert de liant à beaucoup de préparations industrielles. Certaines dénominations sont donc à surveiller et avant de conseiller un produit, regardez toujours la liste des ingrédients de celui-ci pour vérifier ce qu’il contient.
Comme dans tout conseil de régime, ne vous contentez pas de répéter à vos clients ce qu’ils ne doivent pas manger mais axez plutôt vos conseils sur ce que vous pouvez leur proposer à manger. Vous avez bien sûr à votre disposition toutes les gammes spécifiques « sans gluten » que vous pouvez recommander les yeux fermés. A côté de ces aliments spécifiques, il est primordial d’annoncer les aliments qui ne posent pas de problèmes car il est psychologiquement toujours plus facile pour vos clients d’entendre ce qu’ils peuvent manger. Ils se projettent ainsi beaucoup plus facilement avec une liste positive qu’avec une liste négative.
Vous trouverez en encadré (page suivante) un tableau récapitulatif des aliments que vous pouvez conseiller.
Il est important de retenir que l’alimentation de ces clients doit comporter le plus possible de produits frais, non transformés pour éviter toute source cachée de gluten. Toutefois, si les matières premières sont « propres » vos clients doivent se méfier des contaminations qui peuvent se produire pendant la préparation des aliments si toute la famille n’a pas le même régime alimentaire ; et à table surtout pour les enfants qui peuvent facilement prendre les fourchettes ou les cuillères des frères et soeurs.

2 -Compenser les pertes en nutriments dues à la maladie ou au régime

Comme nous avons vu, la maladie coeliaque entrave l’assimilation des substances indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Il peut alors se produire des carences en certaines vitamines : les liposolubles (A, D, E et K), les vitamines B1, B9 et en certains minéraux : fer et calcium visibles en début de régime..
Conseillez toujours de bien mastiquer chaque bouchée pour améliorer l’absorption de ces précieux éléments essentiels et si besoin, en prévention, orientez vers des compléments alimentaires à base de vitamines et minéraux, à prendre tous les jours au petit déjeuner en vous assurant que ces suppléments sont sans gluten. Pour cela, n’hésitez pas à demander un certificat auprès du fournisseur ou vous renseigner auprès de l’AFDIAG.

Céréales avec gluten à proscrire

Seigle (farine et flocons)
Avoine (farine, flocons, gruau, son)
Blé (farine, froment, pain, biscottes, pâtes, semoule, biscuits secs, germe et son de blé, huile de germe de blé, chapelure, seitan et aussi Boulghour, farine et flocons de Kamut ou d’Epeautre, Triticale (un hybride artificiel du seigle et du blé)
Orge ((farine, flocons, sirop d’orge, malt, bière)


3 - Apporter suffisamment de fibres alimentaires

Pour que l’apport en fibres soit suffisant, vos conseils doivent être axés sur certains aliments qui en sont riches comme les fruits frais ou les fruits secs (attention les figues sont quelquefois séchées dans de la farine (plutôt riz) ou certains produits à base de riz brun, de quinoa ou avec des graines de lin (pains et pâtes « sans gluten »). Vous pouvez aussi conseiller des oléagineux (graines, noix, noisettes) et surtout des légumineuses (lentilles corail, lentilles vertes, pois chiches, haricots coco…) attention les lentilles peuvent contenir jusqu’à 2% de grains de blé.

Quelques conseils préventifs

Même si aucun moyen ne permet de prévenir la maladie, vous pouvez conseiller aux parents :
● L’allaitement maternel autant de temps que possible et surtout pendant la diversification alimentaire et l’introduction des céréales contenant du gluten..
● D’introduire les aliments à base de céréales avec du gluten entre 5 et 6 mois
● De ne pas donner aux enfants de trop grandes quantités de céréales. Le fait d’avoir une maladie auto-immune comme la maladie de coeliaque favorise le fait d’en avoir une autre comme : le diabète

de type I. Toujours introduire en petites quantités. Les petits conseils que vous pouvez donner en plus

N’hésitez pas à orienter vos nouveaux clients coeliaques vers les associations de votre département (AFDIAG). Ils ont souvent besoin d’écoute, de soutien et de listes à jour d’aliments à mettre dans leurs assiettes pour compenser les aliments interdits. Ayez si possible toujours en magasin des livres de recettes sans gluten que vous pourrez offrir à vos bons clients. Conseillez également que les produits sans gluten soient regroupés dans un seul placard ou un seul endroit dans le réfrigérateur.



Test de diagnostic de la maladie de coeliaque à faire à domicile

Une à deux personnes sur 100 est un malade coeliaque et présente une intolérance au gluten. Une détection rapide de cet état grâce à un test de diagnostic permet d’éviter d’éventuelles conséquences graves sur la santé. Les experts de la maladie coeliaque déclarent qu’un diagnostic précoce et un traitement adapté peuvent prévenir de graves conséquences sur la santé. Ce test est fait à domicile pour savoir si on souffre de maladie coeliaque. Ce test immunochromatographique est fait à partir d’une bandelette. Il est rapide (résultat en 5 minutes), simple (une goutte de sang), économique (test unitaire) et fiable. ( voir http://www.testadomicile.com).



AVERTISSEMENT
Ces fiches ne remplacent bien évidemment pas les conseils d’un nutritionniste ou d’une diététicienne, elles peuvent vous servir de guide mais si vous avez le moindre doute sur un produit alimentaire, n’hésitez pas à demander une attestation au fournisseur ou à l’AFDIAG et si vous avez le moindre doute sur un aliment, ne le conseillez pas.
...Les Exigences à la fabrication...




Concernant la fabrication des produits sans gluten il faut d’entrée distinguer les produits qui sont naturellement sans gluten et les produits utilisant habituellement des ingrédients contenant naturellement du gluten: le pain, les pâtes, les biscuits,..
 



Les produits naturellement sans gluten.

RRappelons que la liste de ces produits est très longue puisque les produits naturellement sans gluten sont beaucoup plus nombreux que ceux qui contiennent du gluten. Avant toute mise en oeuvre (mélange, transformation…) il est donc important et plus simple de définir les produits sans gluten comme ceux qui ne contiennent pas les ingrédients de base reconnus comme porteurs de gluten.

Focus sur l’épeautre

L’épeautre fait l’objet de discussions sans fin surtout dans les milieux bio qui voudraient que le petit épeautre soit à part. Oui, le petit épeautre contient moins de gluten que les autres céréales ; oui son gluten est moins agressif que les autres ; oui c’est un excellent ingrédient pour faire du pain pour ceux qui ne sont pas intolérants au gluten. NON, on ne peut pas consommer du petit épeautre si l’on est intolérant au gluten. La référence est simple et sans appel : lors d’une réunion de l’AFDIAG à Lille en février 2007, un participant posa cette question aux deux spécialistes français de la maladie coeliaque présents à cette réunion, le professeur Cellier et le professeur Colombel : peut-on consommer du petit épeautre ? La réponse tomba comme un couperet : si vous consommez du petit épeautre, vous pouvez arrêter votre régime sans gluten !

La fabrication sans gluten des produits utilisant habituellement des ingrédients contenant du gluten.

Cette fabrication est particulièrement délicate pour deux types de raisons bien distinctes : difficultés techniques tout d’abord, mais surtout risques importants de contaminations croisées. Sur le plan technique, les fabricants maîtrisent aujourd’hui de mieux en mieux le sujet. Il y a 30 ans les seuls produits disponibles étaient parfaitement «épouvantables» comme ce pain anglais livré dans une boîte de conserve d’un quart de litre en fer blanc ; il fallait un ouvre-boîte, cela faisait un peu pain de guerre et c’était parfaitement destructeur sur le plan psychologique ! Le pain reste aujourd’hui le produit le plus éloigné de son équivalent avec gluten et pour cause : c’est précisément le gluten qui donne au pain sa structure alvéolé. Sans gluten personne, en France, n’a encore réussi à reproduire la fameuse baguette croustillante ; ceux qui sont habitués au pain de mie ou aux différents pains complets au levain sont moins surpris par le passage au pain sans gluten. Les viennoiseries sans gluten étaient réputées infaisables il y a encore 6 ans mais aujourd’hui plusieurs fabricants en proposent des tout à fait convenables ; les pâtes ont fait d’énormes progrès et les biscuits quant à eux sont parfois encore meilleurs sans gluten qu’avec !
La question technique étant plutôt bien résolue, reste la question de la sécurité dans la fabrication qui nécessite une grande vigilance de la part du consommateur ; en effet s’il est évidemment nécessaire d’utiliser des produits exempts de gluten pour fabriquer des produits sans gluten, cela n’est en aucun cas suffisant pour déclarer ces produits sans gluten ! Seule l’analyse aux différents stades de vie des produits peut être acceptée et convaincante. L’exemple du sarrasin est celui qui nous semble le plus explicite : le sarrasin est en effet un produit naturellement sans gluten qui présente un grand intérêt tant sur le plan nutritionnel que sur celui du goût. Il est facilement produit en France et il est donc tout à fait légitime que des fabricants de produits sans gluten utilisent cet ingrédient dans leurs préparations ; or cet ingrédient est probablement l’un des plus facilement contaminé. Il suffit pour s’en convaincre d’examiner la chaîne de production : supposons que l’on parte de semences bien triées donc avec que du sarrasin et pas de blé dedans, il faut déjà s’assurer que le semoir a bien été nettoyé après avoir semé le blé par exemple : rares sont les agriculteurs qui ne font que du sarrasin ! De même, il faudra que la moissonneuse ait été bien nettoyée après avoir récolté du blé ou de l‘orge et que la remorque aussi ait été bien nettoyée. Viendra alors le plus grand risque qui est celui du moulin : il faut en effet que non seulement la meule ou le cylindre soit parfaitement nettoyées, mais que les transferts le soient intégralement (et cela est parfois tout simplement impossible) et qu’enfin l’atmosphère des locaux soit suffisamment reposée pour qu’ait disparu tout risque de contamination aérienne. Ouf ! On comprend alors qu’il est pratiquement indispensable que les matières premières utilisées pour fabriquer des produits sans gluten viennent d’ateliers dédiés aux produits sans gluten.

Des analyses systématiques pour éviter toutes contaminations

Pour bien comprendre que cela n’est pas un souci théorique mais bien réel il faut retenir cette anecdote vécue : un fabricant de produits sans gluten travaillant en ISO 9001 recevait sa farine de sarrasin avec une facture portant la mention manuscrite : « garantie sans gluten » comme le veut la norme ISO. Fort heureusement ce fabricant analysait systématiquement à l’entrée toutes les matières à risque. Un beau jour l’analyse révéla 6000 ppm de gluten dans une livraison de farine sarrasin fournie avec sa facture garantie sans gluten. Il faut rappeler que l’appellation sans gluten signifie une dose inférieure à 20 mg/kg et que la plupart des fabricants reconnus travaillent à moins de 20 ppm ! S’il n’avait pas pratiqué ces analyses, ce fabricant aurait mis sur le marché des produits impropres à la consommation par des intolérants au gluten qui réagissent généralement au-delà de 100 ppm.
... Le remboursement et l ’ AFDIAG...

 

 



Alors comment peut s’y retrouver aussi bien le consommateur que son point de vente conseil ?

Le conseil majeur est de ne référencer dans son magasin sous l’appellation PRODUITS SANS GLUTEN que des produits venant de fabricants ayant obtenu le remboursement Sécurité Sociale de leurs produits. Il y a au moins derrière cela l’engagement de s’inscrire dans une démarche ISO 9000 qui est un gage de sérieux réel même s’il ne s’agit pour l’instant encore que d’un engagement.

La mention « SANS », sans gluten ou autre.

La règle est simple : ne devrait porter la mention SANS que des produits bénéficiant d’une analyse lot par lot prouvant cette absence revendiquée. Le fabricant devrait être en mesure de fournir les analyses correspondantes. Toutefois, dans la réalité et selon la situation géographique on s’appuie sur un ensemble de mesures : locaux spécifiquement dédiés, contrôle des matières premières, etc.

Le remboursement

Pour qu’il y ait remboursement, il faut réunir deux types de critères, les uns concernant le produit, les autres concernant l’intolérant au gluten. En ce qui concerne l’intolérant, ne peuvent prétendre au remboursement que les malades coeliaques ayant vu leur maladie confirmée par une biopsie. C’est la règle, seule la maladie coeliaque, peut être prise en charge. Pour les produits, ils doivent être conformes à l’Arrêté du 26 juin 2003 relatif à la codification de la liste des produits et prestations remboursables (LPP) prévue à l’article L. 165-1 du code de la sécurité sociale sous l’appellation « aliments sans gluten ». En clair, il faut :
● que les fabricants soient conformes au référentiel d’assurance qualité HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point)
● qu’ils aient engagé une procédure de certification d’entreprise selon les normes EN 29001 ou EN 29002
● qu’ils puissent prouver par analyse que ces produits sont effectivement sans gluten (test Elisa R5 Mendez).
● que les produits soient « diététiques » (conformes au décret n° 91-827 du 29 août 1991 relatif aux aliments destinés à une alimentation particulière). Rappelons, que les produits comme les farines simples, ou certains produits à base de sarrasin, même garantie sans gluten, ne sont pas remboursables. Dans l’état actuel des choses, le point de vente conserve un rôle capital dans l’examen du sérieux de l’allégation sans gluten, comme pour toute autre allégation «sans».

Pour tout savoir : l’Association Française Des Intolérants Au Gluten

En 1978, des malades coeliaques se sont regroupés pour rompre leur isolement et unir leurs forces pour faire connaître et reconnaître cette maladie encore rare. L’Association des Malades Coeliaques était née et fut remplacée en 1989, après 2 ans d’inactivité, par l’Association Française Des Intolérants Au Gluten (AFDIAG). Elle compte aujourd’hui, plus de 6 500 adhérents.

Objectifs
● L’AFDIAG a pour mission d’informer, d’aider et de défendre les malades coeliaques et les malades atteints de Dermatite Herpétiforme, leurs familles et les personnels de santé..
● Composée d’un Bureau et d’un Conseil d’Administration, elle est épaulée par un Comité Médical composé de 27 professeurs (membres du GERMC), 7 docteurs et 3 diététiciennes. Ces éminents spécialistes apportent leurs connaissances médicales et permettent d’informer les malades coeliaques sur les évolutions de la recherche.
● Dans une volonté de proximité et d’échange, des délégués de secteurs et des délégués départementaux animent aussi localement la vie de l’association.
● l’l’AFDIAG est adhérente à l’association des associations coeliaques européennes (AOECS), à l’Alliance des Maladies Rares et à la Fédération Française de la Peau (FFP).
Les principales actions de l’Association
L’information
● édition d’une revue trimestrielle : ‘AFDIAG Infos’...
● site Internet www.afdiag.fr régulièrement mis à jour.
● Permanence téléphonique et dans leurs locaux. (01 56 08 08 22)
La défense des intérêts des malades coeliaques
● Après plusieurs années de démarches, grâce à son intervention, les produits diététiques sans gluten sont partiellement remboursés par les caisses de Sécurité Sociale (arrêté du 30 avril 1996 paru au JO le 18 mai 1996, actualisé par l’arrêté du 25 mars 2004).
● L’AFDIAG a participé au groupe de travail qui a rédigé la circulaire pour l’intégration des enfants devant suivre un régime dans les cantines scolaires. L’Association participe aux groupes de travail pour les normes alimentaires internationales et pour la réglementation de l’étiquetage des aliments. L’animation
● L’AFDIAG participe à de nombreux colloques et symposiums médicaux et diététiques. Elle organise des stages de formation pour les malades, les familles et ses délégués.
La Recherche L’AFDIAG participe aux réunions organisées par le GERMC (Groupe d’Étude et de Recherche sur la Maladie Coeliaque). L’Association organise aussi des manifestations pour récolter des dons reversés au GERMC pour soutenir les études des chercheurs français sur cette pathologie. Le logo « épi de blé barré » appartient à l’AFDIAG en France. Un contrat d’utilisation de ce logo sur les emballages de produits sans gluten a été mis au point. En signant ce contrat, les fabricants s’engagent à fournir annuellement des analyses des produits de leur fabrication portant ce logo, qui doivent respecter un taux maximal de 20 mg/kg de gluten dans le produit fini. Le but de ce contrat est de protéger le logo « épi de blé barré » et sa signification, en « qualité » dans les procédés de fabrication et en « propreté » pour les produits sur lesquels il est apposé. C’est une garantie supplémentaire pour les coeliaques et une facilité pour repérer les produits dans les magasins.
... opportunité ou menace : pour les magasins...
Depuis la naissance du marché du « sans gluten » dans les années 1990 avec l’arrivée des premiers fabricants (Valpiform, D.Schar et Glutabye) la route fut longue. Un petit rappel historique s’impose. Les principales grandes étapes ont été les suivantes :
● 1990-1997 : deux circuits existent, la Vente Par Correspondance (VPC) et les magasins spécialisés bio.
● 1997-2001 : le remboursement des produits génère des tentatives de distribution en pharmacie
● 2001/2004 : début de la distribution en Grande et Moyenne Surface (GMS).
● 2004 : développement massif des sites internet. En France, contrairement à d’autres pays européens (Italie, Angleterre ou Allemagne) un écart plus significatif existe entre la consommation et le «marché potentiel». Côté représentativité, aucun panel sur le marché n’est disponible en France. Toutefois, selon certaines sources (fabricants, distributeurs…) on l’estimerait entre 10 et 20 millions d’euros et plus des deux tiers des ventes seraient effectuées par les magasins spécialisés bio.

Un marché à prendre… et qui va évoluer très vite…

Deux nouvelles marques sont attendues en GMS début 2009, où l’actualité va se faire pour le marché du sans gluten. Ces arrivées sont une opportunité pour «démocratiser» cette alimentation et donc donner la possibilité de combler une partie de l’écart entre le marché réel et potentiel et rattraper ainsi le retard de la France par rapport à nos voisins européens où le marché dépasserait les 100 M€ (Italie et Angleterre). L’autre évolution marquante, c’est la mise sur le marché, principalement en magasins spécialisés de gammes «sans gluten bio» depuis 2002 avec par exemple la marque France AGLUT. Ces initiatives ont largement été suivies depuis, puisqu’en ce début 2009 on compte une bonne dizaine de marques. Paradoxalement, les marques spécialisées « sans gluten » pour les malades coeliaques en magasins restent les mêmes et au nombre de 4. Ce développement du «bio sans gluten» est la résultante de plusieurs cofacteurs : des fabricants bio qui vendent mieux avec l’appellation sans gluten, la demande de consommateurs non malades coeliaques qui par confort ou nécessité suivent le régime Seignalet et la cohérence de certaines enseignes qui ne souhaitent commercialiser que du « sans gluten bio ». On estime que la part du «sans gluten bio» en France approcherait les 10% du marché total du « sans gluten ». On estimer que la part du bio sans gluten en France approche les 10% du marché total du sans gluten

Opportunité ou menace !

Paradoxalement ce début de radicalisation vers le «tout sans gluten bio», ne serait-il pas une menace pour les magasins bio ? et ne serions-nous pas en train de nous tromper de marché et de cible sur un marché en pleine évolution ? Enfin, en l’absence d’une offre suffisante en sans gluten « classique » des magasins bio, la menace d’un transfert vers la GMS des clients intolérants est-elle possible ? Après analyses, deux hypothèses sont à prendre en considération et reste bien sûr à l’appréciation de chacun.


Proposer que du « sans gluten bio » !

Logiquement et éthiquement, les magasins bio ne devraient proposer que du «sans gluten bio» (ce qui n’est pas toujours le cas). Bien que le «sans gluten bio» soit aussi une alimentation hypotoxique, certains malades coeliaques n’y trouvent pas toujours leur compte. En effet, ces produits sont parfois loin de la ressemblance avec ceux du conventionnels : produits absents ou moins goûteux, produits souvent plus chers (en moyenne +15%). On trouve cependant des produits intéressants à base de céréales «naturellement» sans gluten tels que le sarrasin, la châtaigne et le quinoa.

Proposer du « sans gluten bio » et du « sans gluten non bio » !

La menace est donc qu’entre le circuit de la GMS qui se développe (plusieurs dizaines de références disponibles sur 2009) et le développement vers le «tout bio sans gluten», les magasins peuvent perdre une partie de ce marché alors qu’ils l’ont initié il y a 15 ans.
Même si, on se bat en bio depuis toujours pour que les produits diététiques soient bio, une notion de marché demeure. C’est pourquoi, en l’absence d’une offre importante en magasin bio et pour éviter un transfert vers la GMS des clients intolérants, certains experts préconisent l’alternative pour que le point de vente bio garde sa spécificité de conseil et de spécialiste. De plus, les volumes actuels du sans gluten ne semblent pas compatible avec les rotations nécessaires en GMS et que la vente en GMS fait également peser une menace sur le remboursement. On peut prendre pour exemple le déremboursement de certains produits dès qu’ils ont intégrés la GMS. Or, les opportunités existent puisque ces consommateurs, ont besoin de variété (alimentation de contrainte), de nouveautés, éléments pour lesquels nos magasins sont mieux outillés…


Mise à jour des sociétés ayant déjà signé un contrat de licence avec l’AFDIAG:


(liste à jour, consultez le site de l’AFDIAG : www.afdiag.fr) Sociétés françaises :
- Biscuiterie de Provence (Suprême du Ventoux)
- Euronat (Pain des fleurs- Priméal)
- Kalisterra (Pléniday)
- Markal
- Nature et Compagnie
- Riso Gallo France
- Sclaminec
- Soreda Diet (GlutaBye)
- Valpiform’ (Valpiform’, Allergo)
Sociétés étrangères :
- Belcreda
- Hammermühle
- Millbäker (STEA)
- Minderleinsmühle (Mühle Hubmann)
- Ottomarzo (Freegluti)
- Proceli
- Schär
- Tonitto Attention, le contrat est signé non pas avec tous les produits d’une entreprise, mais uniquement pour les produits portant le logo « épi de blé barré ». La mise à jour de la liste des produits est annuelle. D’autres sociétés, utilisant ou pas déjà ce logo, ont été contactées.
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