Hommes et compétences

La motivation : faites le bon choix

Nov-Dec 2013

À moins que vous n’ayez passé quelques années sur l’île de Masatierra (l’île de Robinson Crusoé) ou que vous reveniez d’un aller/retour entre la Terre et Mars, cela ne vous aura pas échappé que nous vivons une époque… compliquée. Crise, chômage, dettes… il faut bien reconnaître que beaucoup de français ne « vivent » plus mais sont plutôt en état de « survie ».

Il suffit de suivre l’actualité internationale et nationale pour s’en rendre compte. Mieux encore, en faisant un acte simple, « humain », qui se perd de plus en plus : en allant, tout simplement, à la rencontre de « l’autre ». Personne n’est épargné. Pour la population dite « active », qui doit travailler (et de plus en plus longtemps) cela se ressent de façon croissante. J’ai rencontré il y a peu quelques jeunes retraités qui avaient la chance d’avoir passé plus de trente années dans la même entreprise.

 

Comme les poilus de la première Guerre Mondiale, cette espèce est en voie de disparition. Les parcours professionnels ne sont plus aussi « linéaires » qu’avant. Enchaînements de CDD, licenciements économiques, les CV ont de plus en plus de mal à tenir sur une page. Désormais, on n’épouse plus une carrière, une voie, une vocation, mais on doit travailler, pour survivre.

 

Un parcours BIO linéaire…

 

La filière bio, dynamique, de plus en plus présente et visible attire du monde. Et continue d’intriguer. L’autre soir, au cours d’un dîner professionnel, un chef d’entreprise du bâtiment échange avec moi quelques propos sur nos métiers respectifs.

 

Lorsque j’aborde le sujet bio, mon voisin me pose la sempiternelle question : « Pour travailler dans le bio, il faut manger bio ou être végétarien ? ». J’ai planté ma fourchette dans mon tournedos Rossini et bu une gorgée d’un excellent Bordeaux (à consommer avec modération) avant de lui répondre.

 

La seule contrainte, selon moi, est de ne pas penser (comme certains) que le bio est une « mode », une hérésie ou pire un mensonge. Il faut, à minima, avoir une certaine « empathie » pour le domaine. Sinon, il y a peu de chances que cela fonctionne… Mais personne ne vous convertira ou ne vous obligera à devenir 100% bio. Comme pour vouloir justifier de leur légitimité à postuler dans la filière, certains candidats rivalisent d’originalité dans leurs lettres de motivation.

 

Exemple d’un message accompagnant une candidature spontanée sur le site www.bio-emploi.com* :

« Ma profonde sensibilité pour le développement durable et mon réel respect pour la nature m’a amené à consommer BIO depuis environ 25 ans. C’est pourquoi, j’ai le plaisir de vous faire parvenir mon curriculum vitae afin de participer à cet élan vital pour la pérennité de l’humanité. »

 

Je ne parlerai pas du fond… Mais se poser en sauveur de l’humanité, comme motivation, c’est peut être un peu trop ? Il faut bien sûr donner vos motivations profondes, mais plutôt sur le poste, les produits, l’entreprise et comment vous vous projetez dans le poste. Certes, vous avez besoin de travailler pour retrouver une certaine stabilité, payer vos factures, vos loisirs… mais pour

parvenir à vos fins, n’oubliez pas à qui vous vous adressez (des recruteurs) et dans quel but (intégrer leur entreprise). Donc il faut s’adresser à eux ! Leur dire ce que vous pourrez apporter à leur entreprise grâce à vos compétences propres et à vos expériences passées. La sensibilité au produit ou à la filière est bien sûr importante et doit être sincère et rationnelle. De toutes les façons, la filière est en pleine expansion et a besoin, jour après jour, de nouvelles compétences et s’enrichit en même temps de ces apports de compétences venant d’autres filières. Concentrez vous donc sur les motivations professionnelles.

Les motivations « éthiques », « philosophiques » ou « humanistes » seront, normalement, au rendez-vous. Ces valeurs sont encore présentes et préservées dans la filière et il faudra les partager pour que l’intégration se déroule bien et que votre emploi redevienne « linéaire ». Alors avant de partir pour Mars ou de tout plaquer pour partir survivre sur l’île de Masatierra préservons ces valeurs et tentons de travailler pour vivre et non plus survivre. Une belle motivation !