Nutrition

Le régime hyperprotéiné

mai-juin 2008

Le régime hyperprotéiné est l’un des nombreux régimes proposés pour perdre du poids. La plupart des régimes amincissants sont décriés par les nutritionnistes qui leur reprochent d’être ineffi caces à long terme et de représenter un risque pour la santé. En effet, au bout d’un an, 30 à 60% du poids perdu est regagné… Quand on parle de régime hyperprotéiné, il faut faire la distinction entre la « diète protéique », faite sous contrôle médical, réservée aux personnes réellement obèses et la prise de substituts de repas. Ceux-ci sont consommés dans le cadre de mesures globales qui associent pratique sportive et régime varié. Ils s’avèrent également utiles pour pallier les excès des jours de fête ou anticiper ceux à venir.

Des protéines pour maigrir

Le régime hyperprotéiné a été mis au point par le docteur Allison du Centre de recherche sur l’obésité à New York. Il s’appuie sur le constat que, d’une part, les protéines ne sont pas stockées dans l’organisme et que d’autre part, elles ne constituent pas une source importante d’énergie (1g de protéine = 4 kcal) contrairement aux graisses qui fournissent 9 kcal pour 1g. Ces dernières, prises en excès, sont mises en réserve dans le tissu adipeux.

L’objectif de ce régime à très basses calories (800 kcal/j) ou basses calories (800 à 1200 kcal/j) est de créer un dé cit énergétique a n que l’organisme puise dans ses réserves de graisses pour trouver l’énergie dont il a besoin. Les graisses sont en quelque sorte le carburant de réserve. Pour mémoire, les apports caloriques totaux d’une journée sont de 2 400 kcal pour un homme actif et 1 800 kcal pour une femme d’activité moyenne.

Chez un sédentaire, la dépense énergétique est répartie de la façon suivante : 20 à 30% pour l’activité physique, 10 à 15% pour la digestion des aliments et 65 à 70% pour le métabolisme de base. Ce dernier permet de maintenir l’activité physiologique des fonctions comme la respiration, la température corporelle, le renouvellement des cellules, le pouls…

Quelles protéines ?

L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) conseille aux adultes de consommer chaque jour 0,8g de protéines de bonne qualité par kilo de poids corporel soit 15% des apports caloriques sous forme de protéines. Mais pour maigrir, dans ce type de régime, il faut augmenter la part de protéines jusqu’à 25% de la ration calorique.

Mais plus on consomme de protéines, plus les os perdent de calcium et se fragilisent en raison de l’acidi cation du terrain. Néanmoins, ceci n’est vrai que lorsqu’il s’agit de protéines animales (viande, oeuf, poisson, volaille).

Lorsque le régime est riche en protéines végétales, les os demeurent denses et le risque de fracture n’augmente pas. Le soja est particulièrement intéressant car, parmi les végétaux, c’est le seul dont les protéines sont d’une qualité nutritionnelle équivalente à celle des protéines animales. D’autre part, certaines études ont trouvé qu’un excès de produits animaux peut augmenter le risque cardiovasculaire et celui de certains cancers digestifs, du sein ou de la prostate. Ne perdons pas de vue non plus que l’élevage animal pèse sur l’équilibre écologique de la planète.

Le saviez-vous ?

30% des Français sont en surpoids (environ 20 millions de personnes) 22% des Français de plus de 15 ans et plus ont essayé de perdre du poids en 2 000.

2,5 millions de foyers français consomment des substituts de repas 100 millions de substituts de repas sont vendus en France dont 75% en grande distribution

 

 

Les substituts de repas

Ce sont des produits prêts à l’emploi ou à reconstituer, destinés à remplacer un ou deux repas par jour. Un repas traditionnel par jour, le plus équilibré possible doit être maintenu.

Ils sont classés dans les produits diététiques lesquels font partie des denrées alimentaires à but nutritionnel particulier. Les produits hyperprotéinés sont encadrés par la Directive Européenne de 96/8/CE, traduite en droit français par un arrêté du 4 mai1998. La dénomination de vente est « substitut de repas pour contrôle de poids ». La composition est réglementée.

Ainsi, la valeur énergétique d’un produit est comprise entre 200 et 400 kcal pour un repas. Les teneurs en protéines, glucides et lipides pour le produit consommé doivent  gurer sur l’emballage.

• protéines : entre 25 et 50% de l’apport énergétique total du produit

• lipides : moins de 30% de l’apport énergétique total du produit • couverture en vitamines, minéraux, oligo-éléments

Les allégations santé sont elles aussi cadrées : aucune mention sur le rythme et l’importance de la perte de poids, ni allusion aux pertes d’appétit ou à l’e et satiété ne doivent  gurer sur l’emballage. Une information signale qu’ils n’ont l’e et souhaité que dans le cadre d’un régime hypocalorique et que par conséquent, ils doivent être complétés par d’autres aliments.

Leur consommation ne doit pas dépasser quatre semaines.

Avantages des substituts de repas

• Consommés dans le cadre d’une alimentation équilibrée riche en fruits et légumes, avec contrôle de l’apport calorique des glucides et lipides, ils permettent de mincir sans déséquilibre nutritionnel.

• Ils sont pratiques à utiliser et évitent de sauter des repas

Inconvénients

• Hypocaloriques, ils entraînent souvent un mécanisme de compensation au cours du repas suivant, avec une augmentation des apports caloriques, donc résultat nul !

• La consommation de substituts de repas à tendance à désocialiser. Ils favorisent l’isolement et le repas vite avalé, sur le pouce.

• Il est impératif de boire au moins 1,5 l d’eau par jour. La surconsommation de protéines nécessite de drainer les reins pour éliminer l’excès de production d’acide urique.

• Ils ne remplaceront jamais les saveurs d’un véritable repas

• Si après la perte de poids, le retour à une alimentation ordinaire est fait sans rééquilibrage des repas, la reprise de poids est automatique avec quelques kilos en prime. C’est le fameux e et yoyo des régimes.