Nutrition

Zoom sur : l'huile de cameline

mars-avril 2013

L’huile vierge de cameline biologique est une excellente source d’acides gras oméga-3. Elle fait partie des huiles alimentaires les plus riches en acide alpha-linolénique et possède surtout un rapport oméga-6/oméga-3 très bas et donc favorable à une bonne santé si vous la conseillez tous les jours à vos clients. Zoom sur cette précieuse huile santé…

La cameline (Camelina sativa), encore nommée « petit lin », « lin bâtard » ou « sésame d’Allemagne », est une plante de la famille des brassicacées (crucifères). Elle fait partie des très anciennes cultures oléagineuses d’Europe puisqu’elle était déjà cultivée et utilisée comme huile alimentaire par les Celtes.

La cameline est donc parfaitement adaptée aux conditions européennes tant d’un point de vue biologique qu’agronomique. Elle résiste très bien aux maladies, recouvre abondamment le sol, empêchant les mauvaises herbes de s’installer et est donc totalement appropriée à l’agriculture biologique. Passée aux oubliettes vers la fin du XIXème siècle, elle connaît aujourd’hui un nouvel élan, notamment grâce à son profil lipidique particulier et plus spécialement grâce à son taux élevé d’acide alphalinolénique (AAL), un acide gras essentiel de la série des oméga-3.

Comment est obtenue l’huile de cameline biologique ?

Elle est obtenue par pression à froid des graines arrivées à maturité, sans aucun recours aux produits chimiques ou aux solvants. Une fois cette pression effectuée, l’huile est ensuite filtrée et stockée impérativement à l’abri de la lumière et de la chaleur pour éviter tout rancissement.

Quelle est sa composition ?

Au même titre que l’huile de lin, l’huile de cameline est riche en AAL (30-42%). D’autre part, comme sa teneur en acide linoléique (AL), l’acide gras précurseur des oméga-6, est deux fois moindre (16-25%), le rapport oméga-6/oméga-3 est donc extrêmement favorable à l’organisme.
L’acide alpha-linolénique, l’acide gras « santé » par excellence L’importance du mode alimentaire crétois, et le faible taux de mortalité coronarienne chez les personnes qui l’adopte, n’est plus à démontrer. Parmi les déterminants majeurs qui différencient ce mode d’alimentation du régime nutritionnel français ou européen, on retrouve la consommation sous forme de salade ou de légume, d’une plante particulièrement riche en acide alpha-linolénique, le pourpier. D’ailleurs, l’analyse des acides gras du plasma révèle des différences très importantes, notamment en ce qui concerne la concentration en AAL, qui est par exemple trois fois supérieure chez les crétois que chez les Hollandais.

Et cette concentration basse et insuffisante en AAL est malheureusement très courante en Europe.

De plus, on se rend compte que la consommation d’Acide Linoléique chez les crétois est beaucoup plus faible, que chez les autres européens.

Chez les Crétois, la consommation d’AL est inférieure à 3 % des calories, et celle de l’AAL est de 0.8% des calories, ce qui favorise la synthèse des oméga-3. Les effets de l’AAL sur l’organisme ne sont plus à prouver :
● Il semble être l’acide gras le plus efficace pour abaisser les fonctions plaquettaires.
● Il permet la synthèse d’EPA et de DHA, les acides gras oméga-3

à longues chaînes, à condition de ne pas être gêné par une trop grande concentration d’AL.
● Il a prouvé son efficacité vis à vis des accidents coronariens. L’importance du rapport Acide Linoléique / Acide Alpha-Linolénique

Plusieurs études montrent que le rapport AL/AAL devrait être au maximum égal à 5.

En effet, un apport en AL supérieur à 5 % des calories totales (qui est très fréquent en Europe) inhibe la transformation de l’AAL en EPA et DHA, puisqu’une compétition des systèmes enzymatiques existe entre les deux séries.

Ainsi, seul un apport en AL inférieur à 5 % des calories totales permet une synthèse normale d’EPA et de DHA. Et ceci est éminemment important chez les végétariens et ceux qui ne consomment pas de poissons.

De plus, à forte concentration, l’AL favorise l’agrégation des plaquettes et sensibilise les lipoprotéines à la peroxydation, ce qui favorise les maladies coronariennes et cardiovasculaires en général.

Comment la conseiller ?

Comme l’AAL serait pleinement efficace à la dose de 2.2 g/jour pour un adulte, il est souhaitable de recommander quotidiennement la consommation d’une demi-cuillère à soupe d’huile de cameline. Cette huile se marie parfaitement avec les crudités, les salades vertes et peut s’incorporer après cuisson sur les légumes ou les céréales en grains cuites. Elle peut même se consommer à jeun le matin.

À qui la conseiller ?

Cette huile de couleur jaune d’or peut se recommander à toute la famille, en alternant avec les autres huiles d’assaisonnement type lin, noix ou colza, puisque très fragiles, elles ne supportent pas la cuisson.

Plus particulièrement, elle peut aussi être préconisée à tous vos clients :
● Ayant un terrain à risque cardiovasculaire ou suite à un infarctus,
● Souffrant de diabète non insulinodépendant (Diabète de type II), ou d’insulinorésistance (pré-diabète),
● Asthmatiques ou souffrant de pathologies inflammatoires diverses
● Végétariens ou ne consommant pas de poissons.