Nutrition

Acide-Base… un équilibre crucial pour la santé

Nov-Déc 2011

Et si la plupart des maladies dites «de civilisation» étaient en étroit rapport avec l’équilibre acido-basique ? De plus en plus d’études tendent à faire ce constat. Mais de votre côté, savez-vous l’expliquer à vos clients ? Savez-vous faire la différence entre aliment acide et acidifiant ? Avez-vous conscience qu’avec l’avènement de l’alimentation moderne, les assiettes garnies de viandes et de céréales agrémentées d’une bonne dose de sel ont un inconvénient majeur : elles sont acidifiantes et font «littéralement fondre de l’intérieur»…

 

 



Qu’est-ce que l’équilibre Acido-basique ?

Pour fonctionner correctement, l’organisme doit se situer dans une zone de pH sanguin compris entre 7,35 et 7,45. Chimiquement, le pH (potentiel Hydrogène) permet de mesurer l’activité de l’ion hydrogène dans une solution. Cette grandeur mesure le caractère plus ou moins acide ou basique d’une solution aqueuse.
L’alimentation fournit des ions hydrogène (acides) ou bicarbonates (basiques). Selon que les premiers prédominent ou pas, le sang est plus ou moins acide. Si le pH est trop bas, donc trop acide, l’organisme est dans un état d’acidose. Quand cet état perdure dans le temps, on appelle cela l’acidose chronique avec les multiples conséquences qui lui sont couplées.

Quelles conséquences pour la santé ?

Les chercheurs soupçonnent l’acidose chronique de favoriser la fonte musculaire, les calculs rénaux et l’hypertension artérielle, et surtout d’avoir un rôle prépondérant dans la flambée de l’ostéoporose comme nous l’avions déjà abordé dans le BioLinéaires N°34. Pour savoir si vos clients sont concernés par l’acidose chronique, vous pouvez leur conseiller l’utilisation des bandelettes urinaires, très efficaces pour connaître facilement le pH de l’organisme.

Pourquoi ce déséquilibre ?

Jusqu’à la fin de l’ère paléolithique, l’alimentation des Hommes préhistoriques est alcaline car riche en fruits et légumes qui contrebalancent les acides issus du métabolisme des protéines animales (poissons, viandes). On estime d’ailleurs que la part des végétaux représente à cette époque près de 65% des apports.
Mais tout se complique à partir du néolithique car l’alimentation apporte de plus en plus de céréales, de viandes, de laitages et de sel qui fournissent beaucoup d’acides aminés soufrés, mais quasiment pas de composés alcalinisants. Clairement, le régime moderne devient acidifiant, alors que le régime préhistorique (préagricole) était alcalinisant.
Sans conseiller strictement à vos clients de revenir à l’alimentation de nos ancêtres, l’objectif sera pour vous d’alerter sur l’excès de consommation de certains aliments et en particulier les céréales, les laitages, le sel et le sucre, puisque tous ces aliments n’existaient pas jusqu’à 10 000 ans avant notre ère.

Comment savoir si un aliment est acidifiant ou alcalinisant ?

Un Indice est désormais à disposition pour connaître le pouvoir acidifiant ou alcalinisant d’un aliment. Il s’agit de l’indice Pral, (Potential Renal Acid Load). Il évalue l’acidité de l’urine – et donc de l’organisme
grâce à la quantité de minéraux acides (Chlore, Soufre, Phosphore) et de minéraux basiques (Calcium, Magnésium, Potassium, Sodium) apportés par l’alimentation.
Quand le Pral est négatif, l’aliment est alcalinisant et quand le Pral est positif, l’aliment est acidifiant. Ex : Parmesan (+27), Dinde (+14), Thon (+12), Epinard (-10), Abricot sec (-21),

Que conseillez concrètement ?

Il est absolument inutile d’apprendre par coeur les indices Pral des aliments. L’essentiel sera de recommander à vos clients de compenser la consommation d’une portion d’aliment acidifiant par deux portions d’aliments alcalinisants.
Les aliments acidifiants au Pral négatif sont généralement : fromages, viandes, charcuteries, poissons, crustacés, fruits de mer, céréales.
Les aliments alcalinisants au Pral positif se recrutent parmi : fruits frais et secs, légumes, thés, tisanes
Les règles d’or pour un bon équilibre acido-basique
(À distribuer si besoin à vos clients)
● Mangez moins de protéines animales Consommez viande, poisson, oeuf 1 seule fois par jour Mangez du fromage en plus petite quantité et 1 fois par jour
● Mangez plus de fruits, fruits secs, légumes, aromates Visez au moins 4 parts de légumes et 3 fruits par jour Consommez des fruits secs en en-cas Cuisinez avec des aromates et des épices
● Consommez moins de sel Ne resalez pas vos plats Consommez moins d’aliments préparés et moins de pain
● Diminuez la consommation de céréales Consommez chaque jour maximum 4-5 tranches de pain (de préférence multi céréales et non raffiné) Alternez les céréales et les limiter à 2 cuillères à soupe à chaque repas (pâtes, riz, semoule, millet, orge etc.) Remplacez les céréales par noix, fruits, légumes et légumes secs
● Buvez une eau alcaline Buvez au minimum 500 ml par jour d’une eau riche en bicarbonates
● Prenez des compléments alimentaires basiques Ayez recours aux compléments alimentaires à base de bicarbonates ou de citrates