Nutrition

Un régime : la méthode Montignac

Mars-Avril 2010

Une multitude de méthodes d’amincissement existent et il est parfois difficile de s’y retrouver. Biolinéaires vous délivre à chaque numéro les tenants et les aboutissants des méthodes les plus renommées pour que vous puissiez répondre aux questions fréquemment posées par vos clients..



Objectif

Le cheval de bataille de Michel Montignac, ancien cadre de l’industrie pharmaceutique et auteur de cette méthode d’amincissement, est la production d’insuline. Si cette dernière est fabriquée en excès par l’organisme, il s’ensuit au fil des années une prise de poids, une augmentation du taux de triglycérides et une diminution du HDLcholestérol. Le but de cette méthode est donc non seulement de perdre du poids mais également d’améliorer les profils lipidiques et glucidiques, et ainsi réduire les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète.

Principales règles

Il ne s’agit pas d’un régime hypocalorique, basé sur une diminution des apports journaliers mais sur des habitudes alimentaires qui prennent en compte le côté qualitatif des aliments. Nulle besoin de comptabiliser le nombre de protéines, glucides et lipides dans une journée, il faut avant tout choisir les bonnes protéines, les bons lipides et surtout les bons glucides.

- Côté Glucides
L’Index Glycémique (IG) des aliments est primordial. Il mesure la capacité d'un glucide à élever la glycémie après le repas par rapport à une référence qui est le glucose pur. Les choix alimentaires devront se porter sur les aliments ayant un faible Index Glycémique (IG). Plus l’IG est bas et moins il provoquera de pic glycémique et plus la biodisponibilité des glucides baissera. A l’inverse, plus l’IG est élevé, plus il provoquera une hyperglycémie, qui occasionnera à son tour une sécrétion d'insuline et entraînera le stockage du glucose excédentaire sous forme de graisses. Les aliments qui possèdent un faible IG ont pour la plupart une forte teneur en fibres, un avantage certain qui va permettre de diminuer l’absorption du cholestérol, de régulariser le transit intestinal et de conserver plus longtemps ce sentiment de satiété qui empêche la reprise de nourriture quelques heures après le repas.

- Côté Lipides
Les conseils sont axés sur les acides gras oméga-3 et oméga-9 (huile d’olive, avocat, graisse de canard et d’oie) en préconisant de limiter au maximum les graisses saturées visibles ou cachées. Même si toutes les graisses ont une teneur calorique équivalente, soit 9 kcal par gramme, elles ne sont pas toutes utilisées de la même façon par l’organisme. Certaines seront stockées plus facilement que d’autres. C’est le cas des acides gras saturés et des trans. A l’inverse, les acides gras insaturés de type oméga-3, après avoir été absorbés, sont utilisés, c'est-à-dire brûlés, augmentant ainsi la production de chaleur par l’organisme (on dit la thermogénèse). De leur côté, les acides gras mono-insaturés contribuent à faire baisser la glycémie, ce qui diminue la sécrétion d’insuline et limite ainsi le stockage. Et enfin, ils stimulent la lipolyse, ce qui entraîne un déstockage des graisses de réserve et contribue à l’amaigrissement.

- Côté Protéines
Préconisez de varier les apports végétaux et animaux car si les protéines d’origine animale sont absorbées quasiment à 100%, les protéines végétales ont quant à elles des pourcentages d’absorption très hétéroclites, allant d’1/3 pour les protéines de blé à près de 2/3 pour les protéines des pois chiches par exemple. Les protéines sont importantes dans la méthode Montignac car elles permettent de diminuer la sensation de faim.


1 Régime, 2 phases


1er phase : Amaigrissement (phase à poursuivre jusqu’au poids souhaité, mais au minimum pendant 2 mois)
● Faites supprimer tous les aliments à IG moyens ou élevés, c’est à dire au dessus de 35, les sucres concentrés, les oléagineux et certains fruits et légumes
● Faites limiter à 2 ou 3 fois par semaine la consommation d’aliments riches en glucides (pain, pâtes et riz complet).
2e phase : Maintien du poids
● Les aliments à IG élevés et les sucres concentrés sont toujours interdits
● La consommation d’oléagineux est autorisée
● Un verre de vin peut être consommé à chaque repas


Site Internet à préconiser pour retrouver l’IG des aliments : www.montignac.com


Gilles Lebrun


Feu rouge sur :

Tous les sucres (blanc, de canne, roux), saccharose, glucose, maltose, maltodextrine, miel, tous les « sirops de » (à part l’agave), céréales raffinées (pain blanc, farines blanches, riz blanc, semoule à couscous non complète, céréales du petit déjeuner), maïs et ses dérivés, millet, pomme de terre, papaye, banane mûre, et dans une moindre mesure : carotte, betterave et navet cuits, melon.


L’avis de la diététicienne :


Les +
Les fibres et les protéines, très présentes dans cette méthode permettent un meilleur contrôle du poids puisqu’elles agissent directement sur le sentiment de satiété. Rassasiés, vos clients mangeront moins. C’est une méthode équilibrée, proche des dernières recommandations en nutrition, et surtout qui a su évoluer au fil des années.
Les –
Même si l’IG du fructose est bas, il est préférable de ne pas le recommander « à volonté » puisqu’en plus d’entretenir le goût pour le « sucré », il serait aussi responsable d’une lipogenèse plus rapide qu’avec le glucose. Le concept d’IG pourrait être étendu à celui de la Charge Glycémique (CG) qui évalue la capacité à élever le sucre sanguin d’une portion courante d’un aliment.