Rayon Cosmétique

L'origine des matières premières : une différence majeure…

janv-fév 2009

Après avoir fait un bref exposé sur la peau(structures et fonctions, diagnostic et facteurs d’influence) et sur la cosmétologie (définition, fonction et formulation) dans nos précédents numéros (Biolinéaires N°19 Sept-Oct et N°20– Nov-Déc.2008) nous allons exposer, dans cet article et quelques suivants, les principales différences entre le cosmétique chimique dit « conventionnel », le cosmétique naturel et le cosmétique bio. Rappelez-vous : un produit cosmétique est toujours issu de la recette EXCIPIENTS + PRINCIPES ACTIFS + ADDITIFS. Il s’agit maintenantd’expliquercommentl’originedesmatièrespremièresreprésenteunedesdifférencesmajeuresentrecosmétiqueconventionnel et naturel. Pour ce faire, nous allons voir de plus près le cas des excipients: ces « taxis des principes actifs » forment en effet « la base » des cosmétiques, élément décisif de la qualité du produit fini.



Les excipients conventionnels.


PHASE AQUEUSE :

● L’ eau : de consommation comme de source doit être déminéralisée et purifiée pour répondre aux normes bactériologiques.
● L’alcool : Souvent issu du blé, en qualité conventionnelle, il est le plus souvent dénaturé (obligation légale pour le rendre impropre à la consommation) au diethylphtalate (DEP), soupçonné, entre autre, de perturber le système endocrinien, de modifier l’ADN des cellules du sperme et de perturber le fonctionnement pulmonaire…
Conseil à votre clientèle «dépendante» des parfums chimiques conventionnels: « Protégez-vous ! N’appliquez pas ces parfums directement sur votre peau mais que sur vos vêtements ! »
http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/ dossiers-documents/toxique-en-heritage.pdf

PHASE GRASSE :

● Excipients d’origine végétale : très peu utilisés en conventionnel. Quand ils le sont, c’est en quantité dérisoire et ce sont souvent des huiles extraites par « pression à chaud », ou par solvants. Ces process permettent une plus grande quantité d’extraction et l’obtention de produits dont beaucoup d’éléments vitaux sont détruits. Ces huiles sont alors stables et plus faciles à travailler que celles non raffinées.
● Excipients d’origine animale (huiles, graisses et cires animales), sous-produits des abattoirs, extraits d’animaux morts dans de grandes souffrance, ou prélevés sur des espèces en voie de disparition (ex. : le spermaceti, corps gras provenant des sinus du cachalot, utilisé pour les cold- creams, huiles de chinchilla, de tortue, de vison, glycérine obtenue par saponification des huiles animales…) .
● Excipients d’origine minérale (huiles et cires de paraffine, vaseline), hydrocarbures obtenus à partir de résidus de raffinage lors de la distillation du pétrole. Occlusives, freinent le renouvellement de l’épiderme. Omniprésentes en cosmétique conventionnel car très faible coût de revient. 1kg d’huile de paraffine coûte moins d’ 1€…
● Excipients d’origine synthétique, les silicones (ex: diméthicones), glycérine de synthèse : huiles et cires non dégradables. Leur accumulation dans l’organisme est encore peu étudiée…


Les excipients naturels.


PHASE AQUEUSE :

● L’eau : la même norme réglementaire s’applique en naturel/ bio, certains laboratoires choisissent d’améliorer ensuite la qualité de l’eau par différentes techniques comme l’osmose inverse, et/ou en utilisant des eaux florales, riches de principes actifs.
L’eau pouvant atteindre 90% de la composition d’un produit, sa qualité est loin d’être négligeable et peut donc avoir une incidence sur le coût du produit fini.

● L’alcool : le plus souvent issu du blé, mais en qualité Bio, il est ensuite dénaturé grâce à des extraits de concentrés parfumés (huiles essentielles de qualités/prix variables). En cosmétique naturel, on utilise l’alcool comme excipient mais aussi comme conservateur.

PHASE GRASSE :

● Excipients d’origine végétale (huile de jojoba, d’avocat, d’amande, beurre de karité, de cacao…), riches en principes actifs. Principaux supports des crèmes de soins naturelles, leur qualité est essentielle et a, elle aussi, un incident sur le coût du produit fini. Sont-elles toutes extraites à froid, de première pression ? Exemple: avec l’huile d’argan : provient-elle d’un circuit industriel exploitant la main d’oeuvre locale? ou provient-elle d’un circuit artisanal et équitable, rémunéré plus justement, cueillant les amandons pour les trier à la main, extraire l’huile de première pression à froid (ce qui nécessite beaucoup plus de temps, et donc d’argent) et obtenir ainsi une qualité bien supérieure, voir incomparable ? Dans les deux cas, le produit sera étiqueté « Argania Spinosa oil » pourtant, sa qualité, son coût et ses effets n’auront rien en commun… NB : La glycérine végétale : ne pas confondre la glycérine de synthèse avec la glycérine obtenue par saponification des huiles végétales, procédé autorisé en cosmétique naturel.
● Excipient d’origine animale. Remplacés par leurs équivalents végétaux. Proscrits en naturel, à l’exception d’ingrédients produits naturellement par les animaux comme les produits de la ruche (miel, cire d’abeille), lactés et ovo (lécithine provenant de jaune d’oeuf…).
● Excipients d’origine minérale et synthétique interdits.
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