Rayon Cosmétique

Les principes actifs : dans les cosmétiques

mars-avr 2009

Le consommateur est souvent désemparé devant un rayon de produits cosmétiques: face à une telle surenchère de principes actifs affichés sur les boîtes, qui dit vrai? Les principes actifs sont-ils aussi efficaces que promis? Y a-t-il des différences de qualité? Il faut d’abord bien avoir en tête que le rôle de tout produit cosmétique, c’est d’apporter de la graisse et de l’eau pour constituer le film hydrolipidique qui garantit une belle peau. La base de chaque cosmétique appelée excipient se résume à la formule invariable: eau+ huile+ émulsifiant. Lorsque ces trois ingrédients sont de qualité, comme c’est le cas pour les cosmétiques labellisés Cosmébio ou BDIH, par exemple, on dispose déjà d’un produit efficace. En effet, les huiles, les cires contiennent dans leur partie insaponifiable des principes actifs qui fixent l’eau et favorisent l’absorption des autres principes actifs. On considère qu’un excipient de qualité permet d’atteindre 80% de la performance recherchée. Donc, certains excipients sont une mine de principes actifs alors que d’autres n’apportent rien à la peau(ceux issus de la pétrochimie ou de la synthèse). Tour d’horizon non exhaustif des principes actifs utilisés en cosmétique.



Principes actifs naturels.


1-Les agents hydratants :

● La glycérine, issue de la saponification des huiles est très performante sur la peau. Mais elle coûte très cher.
● L’acide hyaluronique : s’intègre à la couche cornée de la peau et retient l’eau, ce qui explique son effet lissant, raffermissant, assouplissant. Son prix est très élevé, d’où son faible pourcentage dans les produits. Mais il faut un dosage suffisant pour conduire à une hydratation significative de la peau. D’autre part, la diminution de la production de cet acide avec l’âge ne peut être compensée par des produits de soin car cet acide ne peut pénétrer la peau. Il se pose comme un film. Il est obtenu par des procédés biotechnologiques.
● L’urée : même efficacité que celle de la glycérine. A partir de 3%, l’effet est notoire et elle se trouve dans la 1ère moitié de la liste déclarative INCI. Au-delà de 5%, l’hydratation est importante.
● Les protéines : les acides aminés fixent bien l’eau et aident la peau à se constituer une protection hydratante contre le dessèchement.
2- Les plantes :
leur fabrication est tout un art et un savoir-faire hérité de la phytothérapie. C’est la marque de fabrique de la cosmétique naturelle. On les trouve en cosmétique sous forme :
● D’extraits. Quelques exemples : L’aloe vera est très performant sur les peaux sèches et abîmées. L’extrait de houblon détend et apaise la peau. Celui de ginkgo, la raffermit et la tonifie. Le calendula agit sur les peaux sèches, la camomille calme les irritations, la rose est indispensable aux peaux mâtures, le ginseng renforce l’irrigation sanguine de la peau…
● D’huiles. Certaines plantes « phare » sont utilisées à la fois comme excipient et pour leur richesse en principes actifs : le beurre de karité a un taux d’insaponifiables de 15% alors que les huiles n’en contiennent que 1 à 2%. L’huile d’avocat est bien placée avec un taux de 6%. Les huiles de jojoba et d’argan sont à la mode, mais elles le méritent de par leur efficacité sur les peaux vieillissantes.
● D’huiles essentielles : 100% pures et naturelles, le plus souvent biologiques. Grâce à leurs multiples propriétés et leur concentration, elles sont des agents actifs très puissants.

3- les algues :
forment un film, sont riches en substances nutritives, raffermissent la peau et retiennent l’eau.
4- Les vitamines :
sont souvent employées comme agents actifs car elles permettent en même temps de stabiliser la préparation. Elles jouent alors le rôle d’antioxydants. C’est le cas de la vitamine E (Tocophérol) issue de l’huile de germe de blé et de la vitamine C. La vitamine E, au-delà de 0,2% améliore la fixation de l’eau dans la couche cornée. La vitamine C renforce l’action anti-oxydante de la vitamine A et a des effets positifs sur la peau. Mais se souvenir que 0,1 g de vitamine C dans un pot de crème correspond à la consommation d’une orange; l’apport à chaque application sera donc bien infime…La vitamine A (rétinol) qui provient du monde animal est exclue du cahier des charges Ecocert et du BDIH. Le panthénol (B5), « vitamine de la beauté », agent hydratant n’est pas autorisé non plus dans les cosmétiques naturels du fait de son origine synthétique. En cosmétique naturel, on utilise donc des substances renouvelables, nobles, qui ne portent pas préjudice ni à l’homme ni à l’animal et sont bien reconnues par l’organisme.

Principes actifs du cosmétique conventionnel

Les principes actifs sur lesquels communiquent les marques représentent souvent un infime pourcentage du total de la composition, de l’ordre du 0,01%... L’excipient n’apporte guère d’agents actifs étant donné l’origine des ingrédients. Les extraits de plantes proviennent de l’agriculture intensive. Vitamines, huiles essentielles, allantoïne par exemple sont le plus souvent d’origine synthétique. Des substances telles le collagène, l’élastine sont d’origine animale. Toutes ces substances, le plus souvent peu coûteuses n’ont évidemment pas la même qualité que celles des cosmétiques certifiés écologiques et biologiques. Dans la déclaration INCI, on cite par ordre décroissant les composants du produit. Les ingrédients principaux se trouvent au début (de 4 à 8). Les substances représentant moins de 1% sont énumérées dans le désordre. Si l’on compare 2 cosmétiques d’origine différente, sans même tenir compte des certifications et des labels, une lecture attentive de la liste INCI nous renseigne très vite de la qualité des substances employées.
Lire aussi :