Rayon éco-produits

Sacs « plastiques »: faire le bon choix…

Mars-avril 2011

Pour éviter l’impact des sacs plastiques dans l’environnement, les sacs biodégradables et compostables ont été inventés et mis sur le marché il y a plusieurs années. Toutefois, pour des raisons économiques, de nombreux commerçants dont la grande distribution mais aussi malheureusement certains magasins bio (malheureusement) utilisent des sacs en plastique additivés dits fragmentables ou photo ou oxo-dégradables, prétendument biodégradable mais qui sont en fait ni biodégradables ni compostables. Quelques explications pour faire le bon choix…



Faux sacs biodégradables : une mise en garde du COBIO et SERPBIO

Le COBIO (Comité Français pour la Biodégradabilité) et le SERPBIO (Services Études Recherches Polymères Biodégradables) nous mettent ainsi en garde sur ces sacs faussement biodégradables :

«...D’ailleurs, quelles que soient les polyoléfines additivées, quels que soient les additifs (très variables d’un producteur à l’autre et d’une saison à l’autre), aucun n’a pu répondre aux normes existantes, que ce soit la (norme) EN 13432, la (norme) NF U 52001 ou toute autre norme internationale équivalente. Enfin, sachez que les microparticules formées ont la faculté de venir se coller sur les racines des plantes cultivées, de s’insérer entre les poils foliaires et à l’intérieur même des stomates. Ces microparticules ne peuvent s’enlever par une pluie, fut-elle violente, ou par un lavage ménager. Elles sont donc susceptibles d’entrer facilement dans la chaîne alimentaire, additifs compris, sans que personne à ce jour ne soit capable d’affirmer ou d’infirmer leur toxicité à échéance. Il ne faudrait pas que l’on soit à la veille d’un problème tel que celui qui a été mis en évidence pour l’amiante.»
Ajoutons à cela que les additifs eux-mêmes sont composés de métaux lourds et/ou de dithiocarbamates toxiques et polluants.

Faux sacs biodégradables :

un très mauvais calcul ! L’acheteur qui s’est donc laissé séduire par ces faux sacs biodégradables fait donc une bien mauvaise affaire :
● d’une part il va payer ces sacs beaucoup plus cher que les sacs plastiques (alors qu’il s’agit précisément de sacs plastiques additivés avec des additifs très bon marché). Il y a donc une tromperie sur le prix,
● d’autre part, il ne contribuera absolument pas à protéger la nature car ces sacs s’avèrent beaucoup plus toxiques pour l’environnement que les simples sacs en plastique et ils ne sont ni biodégradables ni compostables. Il y a donc « arnaque » sur le message écologique complaisamment utilisé !

Le sac plastique enfin taxé en 2014

Heureusement dès 2014, les sacs plastiques (dont les sacs fragmentables, photo et oxo-dégradables font partie) seront taxés à 10 € le kg. Sur un carton de mille sacs coûtant entre 7€ et 30 € HT selon les quantités commandées, cela représente une taxe de 50 €. Il s’agit donc d’une taxe dissuasive non destinée à être perçue mais à déclencher enfin l’achat de vrais sacs biodégradables. Mais pourquoi attendre 2014 alors que les belges l’on fait l’année dernière, l’Allemagne, les pays du Nord, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Irlande et la Suisse il y a plusieurs années et les italiens depuis le 1er janvier 2011? Pourquoi notre beau pays est-il toujours à la traine? Tout simplement à cause du lobby de certains grands distributeurs qui refusent de payer le coût des sacs biodégradables…
Pourtant, le développement enfin programmé du compostage par la loi Grenelle (35% des biodéchets à partir de 2012) devrait inciter les décideurs à trouver des solutions adaptées. On ne reviendra pourtant pas au papier journal pour emballer le poisson comme dans les années 50 et il faudra bien utiliser des sacs biodégradables pour les rayons fruits légumes, viande et poisson lorsque les sacs plastiques seront taxés. Pourquoi ne pas s’y mettre dès aujourd’hui? C’est aux consommateurs de l’exiger fermement auprès de leurs commerçants.

L’intérêt des vrais sacs biodégradables pour l’environnement

Les sacs plastiques biodégradables n’ont pas d’impact sur les milieux aquatiques, favorisent le compostage industriel (4 à 5 fois moins cher que l’incinération), évitant ainsi l’émission de dioxines, de composés organiques volatils (COV) et de métaux lourds vaporisés qui est le lot des usines d’incinération. Dans les conditions de compostage ils sont biodégradés en 4 à 5 semaines.

Vérifiez que votre sac est biodégradable

Un dernier point qui a son importance : comment être sûr d’être en présence d’un vrai sac biodégradable et compostable? Comme pour les produits biologiques certifiés AB, ces sacs sont certifiés OK Compost. Le label OK-Compost est la seule garantie que vos sacs soient conformes à la norme Européenne de biodégradabilité et de compostabilité EN 13432.


Présent sur les faces du sac ou dans les soufflets, ce logo délivré par l’AIB International à Bruxelles ne peut être obtenu par les sacs photo-dégradables, oxo-dégradables ou fragmentables. Il reste au consommateur à être vigilant car si les acheteurs des grandes entreprises ont dans l’ensemble cessé de s’approvisionner en faux sacs biodégradables (sauf certaines grandes surfaces, hélas), de nombreux magasins bio proposent hélas des faux sacs biodégradables à leurs clients, un comble!