Rayon éco-produits - bien comprendre

La bio-dégradation des produits d'entretien écologiques

Janv-Fev 2006

Depuis octobre dernier, le nouveau règlement européen relatif aux détergents est entré en vigueur. Il a pour objectif d’assurer la mise en oeuvre uniforme des règles de mise sur le marché des détergents et agents de surface relatives notamment à la biodégradabilité, à l’introduction de méthodes d’essais plus strictes, à l’étiquetage et aux informations que les fabricants doivent tenir à disposition des autorités compétentes. Considéré comme plus transparent sur le plan informatif au niveau de l’étiquetage, il l’est, hélas, bien moins en matière environnementale et plus particulièrement sur l’aspect biodégradation. En effet, ce nouveau règlement ne tient compte que d’une étape de ce processus et malgré les taux importants de biodégradation indiqués sur certains étiquetages de produits conventionnels : ils ont malheureusement encore des impacts très néfastes sur l’environnement. Explication ...

Qu’est ce que la biodégradation
C’est le processus selon lequel des composés chimiques (tensioactifs) sont détruits par des organismes vivants (micro-organismes, bactéries...).
La réglementation distingue deux mesures de biodégradation.

 

A biodégradabilité ultime (finale) en aérobiose
« le niveau de biodégradation obtenu quand l’agent de surface est totalement dégradé par des micro-organismes en présence d’oxygène avec, pour résultat, sa décomposition en dioxyde de carbone, en eau et en sels minéraux de tout autre élément présent (minéra-lisation), mesurée par les méthodes d’essai visées à l’annexe III, et en nouveaux constituants cellulaires micro-biens (biomasse). »

Les tests de biodégradabilité ultime permettent donc de s’assurer qu’aucun métabolite dangereux ne subsiste après la dégradation d’un détergent.
Biodégradabilité des tensioactifs >60% en 28 jours.

La biodégradation des produits écologiques

Les tensioactifs sont issues des matières végétales (coprah, huile palmiste...) ou de bases céréalières et sucrières. L’impact sur l’environnement est donc minime :
- Les molécules sont non toxiques.
- Plus de performance: action spécifique ou polyvalence.
- Biodégradabilité accrue.
- Sources renouvelables.
- Procédés de transformation de la matière première efficaces et respectueux de l’environnement.

 

B biodégradabilité primaire

Elle est effectuée en cas d’échec au test de biodégradabilité ultime.
« le changement structurel (transfor-mation) d’un agent de surface par des micro-organismes avec pour résultat la perte de ses propriétés tensioactives en raison de la dégradation de la substance génératrice et la perte, par voie de conséquence, de la propriété tensio-active mesurée par les méthodes d’essai visées à l’annexe II. »
Seul ce test est insuffisant pour juger du caractère dangereux d’un détergent pour l’environnement.

Biodégradabilité des tensioactifs
>80% en 21 jours.

La biodégradation des produits classiques

Attention aux étiquettes
Quand l’étiquetage indique un taux de pourcentage de biodégradabilité, il s’agit de biodégradabilité primaire. Dans le cas d’une ultime, celle-ci se base seulement sur un taux de 60% en 28 jours : que deviennent les 40% restant ?
De plus, même si certain « eco label » en tienne compte, on ne parle pas toujours de la biodégradabilité en anaérobiose. En effet, certains tensioactifs comme les LAS* sont fortement attirés par le calcaire et ont tendance à se fixer dans les sédiments, au fond des rivières. Ainsi prisonnier, ils ont plus de mal à se biodégrader mais ont toujours un impact néfaste sur le milieu environnant.
Enfin, ces règles tiennent compte que des tensioactifs ! Que deviennent les autres composants chimiques utilisés (parfums et colorants de synthèses, enzymes OGM...).

 

Les Tensioactifs
Composé qui abaisse la tension superficielle entre deux surfaces et qui augmente la mouillabilité de l’eau. Ainsi, il facilite l’élimination des souillures.
Leur action
• Émulsion entre l’eau, la saleté et le tensioactif.
• Fixation du corps gras à l’aide du côté lipophile et des corps aqueux avec le côté hydrophile.
• Dissolution des matières grasses.
• Élimination des saletés avec l’eau de rinçage.
Catégories
• anioniques (charge négative), exemple  : savon. Diminue la tension superficielle entre la saleté et l’eau entraîne le décollement de la saleté et son élimination. Génère plus ou moins de mousse selon leur structure.
• non ionique (pas de charge).
Bon pouvoir détergent et doux pour la peau. Apprécié pour leur côté solubilisant et leur pouvoir mous-sant.
• cationique (charge positive).
Assouplie et adoucie les textiles, apporte douceur et hydratation à la peau.
• amphotère (positif/négatif).
Booster de mousse, diminue l’irritation de certains tensioactifs.