Rayon fruits et légumes

La châtaigne bio : la qualité dans la diversité…

Nov-Dec 2012

La châtaigne est le fruit comestible du châtaigner. Délaissée depuis une vingtaine d’années, elle fut pourtant la base de l'alimentation humaine dans des régions entières. Aujourd’hui, elle reprend petit à petit sa place à travers de nombreux projets de réhabilitation de châtaigneraies. En bio, en raison du potentiel de production à venir, de ses multiples qualités nutritionnelles et ses diverses présentations (bocaux, purées, châtaignes cuites et pelées prêtes à l’emploi, farine, etc.), elle devrait rapidement s’imposer dans les rayons des magasins bio…

Forte évolution des surfaces…
En 2011, 6 853 hectares étaient consacrés aux fruits à coque (châtaignes, noix,…) soit une augmentation de +17% par rapport à 2010 et ce dans 1 285 exploitations agricoles. En 2010, 13% des surfaces des fruits bio étaient affectées à la châtaignes et 17% pour les noix.

Le marché de la châtaigne
Il existe deux types de marchés pour la châtaigne : le marché de bouche et le marché de la châtaigne élaborée.
Le marché de la châtaigne de bouche :
La filière châtaigne est aujourd’hui essentiellement structurée autour de la valorisation des fruits de gros calibres sur le marché de bouche qui représente 60% de la consommation française. Les gros calibres issus des variétés hybrides ont pris une place prépondérante sur le marché du frais qui opère une discrimination du fruit délaissant les petits calibres, ce qui limite le potentiel de diversification de la filière et la valorisation des variétés traditionnelles. Le marché actuel, basé sur la vente en frais, offre peu de sécurité au producteur, les prix fluctuent en fonction du marché : précocité, variété, consommation.
Sur le marché, le bio ne représente qu’à peine 1% : pourquoi ? D’une part, il faut noter que la châtaigne est déjà considérée par le consommateur comme un produit naturel et forestier qui n’utilise quasiment pas de produits chimiques, une des raisons qui peut expliquer le faible développement de la production de châtaigne bio. D’autre part, il n’existe pas de traitement adapté au cahier des charges de la production bio contre le ver de la châtaigne : le carpocapse. Ce parasite rend la conservation des châtaignes fraîches bio difficile et sa commercialisation quasi impossible. L’aspect des fruits et la prolifération de vers sont un élément rédhibitoire pour leur commercialisation. Les grossistes et les distributeurs en frais, au vu des risques sanitaires et commerciaux, restent frileux.

Le marché de la châtaigne élaborée bio : un marché en pleine expansion
On retrouve dans ces produits différentes gammes :
● les produits séchés : châtaignons, farine
● les produits cuits et pelés en conserve
● les produits cuits et pelés sous vide
● les purées et confiseries (crème de marron et marrons glacés)

Ce marché présente une solution de valorisation pour les petits calibres, mais une valorisation commerciale moins importante pour le producteur. Toutefois, ce marché de la châtaigne bio élaborée est en pleine expansion.

En effet, ce produit regroupe plusieurs avantages une fois transformé par rapport à la châtaigne fraîche : il peut porter «la qualité» de production, la garantie sanitaire et la facilité d’utilisation. Une entreprise spécialisés s'est d’ailleurs lancée depuis quelques années dans

la production de «châtaignes bio cuites pelées sous vides, prêtes à l’emploi ». De plus, une tendance se dégage chez le distributeur de produits bio pour ce produit vers une origine « traditionnelle » du produit bio. À la recherche d’un goût authentique, les consommateurs sont de plus en plus friands de ces concepts. La petite châtaigne traditionnelle redevient donc un fruit à la mode, avec un essor de la consommation grâce au développement de nouveaux produits faciles d’utilisation.

Le potentiel de production du fruit pour l’industrie de la transformation n’est plus local
En effet, 80% des importations françaises de châtaignes sont destinées à la transformation et alimentent les industriels. La production locale de petits fruits n’existe quasiment plus. A terme, au vu de la demande toujours plus importante, la limite qui va se poser pour l’industrie de la transformation de la châtaigne est celle de l’approvisionnement en fruits de petit calibre.

Châtaigne ou marron ?
Châtaigne et marron sont deux termes qui désignent le même fruit issu du châtaignier. Les experts font la distinction en fonction de la fréquence des fruits cloisonnés ou non. Ils appellent marron les variétés de châtaigne donnant des fruits non cloisonnés et châtaigne, les fruits comportant une cloison. Dans le langage courant, on a tendance à utiliser, à mauvais escient, le terme marron pour les produits transformés (notamment confits) ou les grosses châtaignes. (sources : dossier presse 2011 – www.castagnades.fr)

Chataigne et Marron

 

 

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