Rayon librairie

Le livre, un rayon multifonctions

Mars/Avril 2012

À l’occasion du changement de taux de TVA sur le livre, faisons le point sur un rayon qui, bien géré, peut être un formidable outil d’animation du magasin.



De multiples usages


Outil de différenciation
Le livre, que nous rattachons inconsciemment à l’étude, à la culture, apporte par sa simple présence une image de sérieux et de qualité. Un rayon librairie, spécialisé sur des thématiques écologiques, donne du sens à votre démarche et devient un outil de différenciation avec la grande distribution.
Outil d’animation
La librairie est sans doute le rayon qui propose le plus de nouveaux produits chaque année. Sans courir après la nouveauté, cela permet des mises en avant variées et adaptées aux saisons, à vos opérations produits, voire à des ateliers ou rencontres d’auteur...
Chiffre d’affaires
Les prix publics vont de 4 à 40 euros, avec une moyenne aux environs de 10 euros unitaire, ce qui peut générer un chiffre d’affaires non négligeable. La marge moyenne est autour de 33%.
Il faut également avoir à l’esprit :
● que le livre fait vendre : on achète plus de produits alimentaires lorsqu’on a appris à les préparer
● que le détaillant n’est pas toujours disponible ou compétent pour apporter du conseil; l’achat d’un livre peut compléter le conseil. Il peut aussi être utilisé pour la formation des vendeurs.

La présentation


● Réservez un espace dédié à la librairie, vos clients doivent pouvoir consulter les livres : étagères, tables, meubles dédiés. Bien sûr, plus l’espace est grand plus l’effet de différenciation jouera et plus le chiffre d’affaires direct et indirect sera important.
● Prévoyez un système pour présenter les nouveautés et faites-les tourner : petite table, PLV au sol... Utilisez une signalétique «Nouveauté».
● Mélangez la présentation de couvertures (facing) et de dos (livres rangés dans l’étagère) : le facing attire et met en avant, le dos suggère que l’assortiment est large et incite à chercher
● Rassemblez les livres par thème (cuisine, jardinage, développement personnel...)
● L’idéal est d’avoir une petite table sur laquelle sont présentés en permanence 3 ou 4 livres différents en pile (à partir de 5 exemplaires), à faire tourner
● Créez de l’animation :
● sortez le livre de son rayon, par exemple un livre sur le chocolat au rayon chocolat pendant une semaine
● prévoyez des mises en avant selon les saisons, les périodes de fêtes (rappelez-vous que le livre est un cadeau que l’on offre facilement à la fête des mères comme à Noël...)
● présentez régulièrement un livre en pile près de la caisse (à faire tourner)

S’approvisionner


● en direct chez l’éditeur (les « franco » sont parfois très peu élevés)
● chez des distributeurs spécialisés livre
● chez des grossistes généralistes qui vendent aussi des livres
● chaque livre est identifié par un n° ISBN imprimé sur le livre avec le code-barre et le prix public TTC

La certification

Il n’existe pas de certification bio pour les livres. Les éditeurs soucieux d’environnement impriment sur des papiers recyclés ou des papiers issus de forêts gérées durablement. La proximité du lieu d’impression est également un critère important à surveiller. Pour éviter les mauvaises surprises dans le contenu des livres privilégiez les auteurs et éditeurs spécialistes du bio et de l’écologie.


L’augmentation du taux de TVA sur le livre

Le 1er avril 2012, le taux de TVA applicable au livre passe de 5.5% à 7%. Rappelons que le prix du livre est régi par la loi n° 81-766 du 10 août 1981 («loi Lang»), qui stipule notamment que :
● le prix de vente au public d’un livre est fixé par l’éditeur
● ce prix doit être imprimé sur le livre
● le détaillant quel qu’il soit (libraire, grande surface, magasin bio…) doit vendre à ce même prix (-5% autorisé). Un détaillant ne peut donc pas répercuter de lui-même la hausse de la TVA. C’est pourquoi la plupart des éditeurs augmentent les prix publics TTC des livres le 1er avril, pour éviter la diminution de chiffre d’affaires HT de l’éditeur et du revendeur ainsi qu’une dévalorisation du stock du revendeur.
L’application stricte de la hausse de la TVA entrainerait une hausse du prix public TTC de 1,42%. Ainsi un livre à 9,90 euros en TVA 5.5% (9,38 HT) passerait littéralement à 10,04 euros en TVA 7% (toujours 9,38 HT). Mais, pour rester en-dessous du seuil des 10 euros, l’éditeur pourrait choisir de ne modifier le prix qu’à 9,95 euros TTC en TVA 7% (le prix HT diminue alors, à 9,30 HT au lieu de 9,38). Cette baisse serait compensée par une hausse supérieure sur un autre livre. Ainsi, les prix ne devraient augmenter que de quelques centimes, mais pas de manière linéaire. Les éditeurs doivent communiquer leurs nouveaux tarifs aux détaillants.




Que doit faire le magasin bio ?


1- Modifier dans sa base de données

● le taux de TVA sur le livre
● le prix public de chaque titre de livre en stock

2- Informer les clients

● ré-étiqueter les livres avec le nouveau prix public TTC, en faisant en sorte qu’il n’y ait pas de confusion. Si jusqu’à présent le ré-étiquetage des livres n’était pas indispensable, il devient fortement conseillé
● disposer d’une affichette ou d’un panneau, en rayon ou à la caisse, informant les clients de la hausse de la TVA et de la différence éventuelle entre le prix en caisse et le prix imprimé sur le livre. Les éditeurs devraient distribuer des documents d’information. Surtout en ces temps de crise, il est important de pouvoir expliquer clairement aux clients que si le prix en caisse est différent du prix imprimé sur le livre, ce n’est pas la volonté délibérée du détaillant.
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