Repères

Entreprises bio : créatrices de croissance et d'innovations pour l'économie française

Juillet-Août 2015

Dans un contexte économique peu réjouissant, le secteur des produits biologiques tire son épingle du jeu. En effet, d’après l’étude inédite menée par Asterès pour NATEXBIO, les entreprises de transformation bio ont enregistré une hausse de leur chiffre d’affaires bio de +14% en 2013, pour atteindre 2,86 milliards d’euros en sortie de production. Une très belle performance dans un contexte de stagnation du PIB à +0,4%. La première partie dans ce numéro.

Les transformateurs au coeur du dynamisme de l’industrie agroalimentaire

La fédération Natexbio, qui regroupe les professionnels de la  lière bio, a commandé au cabinet de conseil et d’analyse économique Asterès une étude sur la  lière française de production bio.

Le rôle central joué par les transformateurs dans l’essor du marché bio a conduit Asterès à mener une analyse quantitative des comptes de plus de 1 300 entreprises du secteur et une enquête plus qualitative auprès d’un échantillon de 110 transformateurs.

Les calculs d’Asterès conduisent à estimer le chi re d’a aires de la transformation de produits biologiques à 2,86 milliards € en 2013, soit 2,3% de la production de l’industrie agroalimentaire.

La transformation de produits bio contribue au dynamisme de l’industrie agroalimentaire par une croissance soutenue de l’activité, des créations d’emplois et un phénomène de capitalisation des entreprises.

● Croissance du chiffre d’affaires

En 2013, le chi re d’a aires bio des entreprises de transformation certifiées a augmenté de 14% quand l’activité dans l’industrie agroalimentaire était en hausse de 2%.

Quel que soit le segment, les entreprises de transformation bio sont plus dynamiques que leurs concurrentes conventionnelles.

● Création d’emplois

En 2013, les e ectifs des transformateurs bio ont cru de 3% quand l’emploi salarié reculait de 1% dans l’industrie agroalimentaire.

● Hausse des capitaux propres

Depuis 2005, sur l’ensemble des segments, les capitaux propres des entreprises bio sont en hausse régulière. Indispensable à l’essor du marché, cette mutation résulte de l’ouverture à de nouveaux acteurs.

En 2013, les transformateurs bio apparaissent encore souscapitalisés sur les segments boissons, céréales et boulangerie, contrairement aux segments viandes et produits laitiers où le rapport capitaux / chiffre d’affaires est supérieur aux entreprises conventionnelles.

La mutation structurelle des  lières de production bio, portée par la croissance économique du secteur, s’accompagne d’une réduction de la marge nette des transformateurs. Un double dé se dresse face à la transformation de produits bio : continuer à investir en se recapitalisant et en se concentrant, continuer à croitre en répondant à la demande locale mais aussi en se développant à l’export.

● Une marge nette supérieure

La marge nette des transformateurs bio est en baisse dep uis2009, tombant à 2,8% en 2013 sous l’effet du renforcement de la concurrence entre les transformateurs et le pouvoir grandissant de négociation des réseaux de distribution.

En baisse, la marge nette des transformateurs bio reste supérieure à celle de leurs concurrents conventionnels pour les fruits et légumes, les viandes et les produits laitiers.

 

Marge des entreprises de transformation bio

Résultat de l’exercice / Chiffre d’affaires

 

Sources : Asterès à partir des comptes déposés aux tribunaux de commerce

 

 

● Augmentation des investissements

La baisse de la marge nette réduit la capacité à investir. Pour dynamiser l’investissement, les transformateurs bio sont amenés à se concentrer (afinn de renforcer leur pouvoir de négociation avec la distribution et d’optimiser leur structure de coût) et à se recapitaliser.

Selon l’enquête, l’investissement des transformateurs certi és bio était globalement en hausse en 2013 quand au niveau macroéconomique l’investissement des entreprises reculait de 1% en France. Investir doit permettre d’augmenter les capacités de production (sur un marché où l’offre française ne suffit pas à répondre à la demande), d’améliorer la productivité (pour réduire les coûts de production) et de diversifier l’offre de produits.

L’innovation de produits est une clef du dynamisme de la transformation bio : en 2013, 42% des transformateurs interrogés dans l’enquête Asterès ont lancé un nouveau produit bio.