Repères

Chiffres 2010 : constats et analyses…

jan-fev 2011

L’année 2010 a été complexe, c’est le moins qu’on puisse dire ! En effet, le premier semestre a montré un net ralentissement de la croissance et les autres mois de l’année ont été très « en dents de scies » (nous pouvons même constater que de très grosses variations ont été observées certaines semaines). Cependant la position des magasins spécialisés bio s’est plutôt maintenue. Analyse de ces 12 derniers mois….



Les fermetures

Elles ont été nombreuses mais inférieures à nos prévisions du printemps 2010. Nous en dénombrons 128 contre 88 en 2009. Notons, que pour un bon quart d’entre elles, les causes sont liées soit à des départs en retraite soit à des cessions d’activités volontaires.
Les fermetures en chiffres :
● Nombre de fermetures : 128
● Surface moyenne : 101 m²
● Estimation de surface de vente perdue : 12 950 m²
● Estimation du CA TTC en Euros perdus : 70 millions
● Proportion d’indépendants : 74 %
● Surface inférieure à 150 m2 : 76,4%
● Surface comprise entre 150 et 300 m² : 14,6%
● Surface supérieure ou égal à 300 m² : 9%
● Age moyen des fermetures : près de 15 ans

Les Ouvertures

Comme on le connait depuis plusieurs années, elles ont été encore importantes en 2010. Notons que les déménagements pour agrandissement sont inclus dans cette catégorie. Le dynamisme des ouvertures a permis de stabiliser le chiffre d’affaires global des magasins spécialisés.
Les ouvertures en chiffres :
● Nombre d’ouvertures : 127
● Surface moyenne : 310,40 m²
● Estimation de surface de vente gagnée : 39 327 m² (10,4% du cumul des surfaces)
● Estimation du CA TTC en Euros potentiel: 212 millions
● Proportion d’indépendants : 49,8 %
● Surface inférieure à 150 m² : 23,8 %
● Surface comprise entre 150 et 300 m² : 27%
● Surface supérieure ou égal à 300 m² : 49,2%

Analyse du marché global des magasins spécialisés en France

Malgré des conditions particulièrement difficiles en 2010, avec la baisse du pouvoir d’achat, la concurrence accrue avec d’autres canaux de distribution, les conditions climatiques en défaveur du commerce et un environnement social incertain, les magasins spécialisés ont plutôt bien résisté.

Analyse globale du marché, leur niveau d’activité de 2010.

La surface de vente moyenne des magasins à fin 2010 est de 172 m² (en 2005 : 120 m²). La surface cumulée de vente est d’environ 372 540 m². A partir de nos données, le chiffre d’affaires total prévisionnel en 2010 devrait atteindre 2,01 milliards d’euros dont environ 1,28 en alimentaire (1,189 en 2009 selon and-international/ agence bio). Une année donc de stagnation.


La concurrence

Nous ne pouvions pas évoquer dans cette analyse le développement de la grande distribution. En effet, vous avez été très nombreux tout au long de l’année à nous interroger à ce sujet. Cependant, nous ne pouvons que constater que si les magasins bio effectuent le même chiffre d’affaires cumulés en 2010 par rapport à 2009, cela voudrait induire que la grande distribution n’aurait pas gagné de parts de marché sur les magasins spécialisés. Finalement, son action aurait même permis de développer le marché global du Bio. La grande question est de savoir quelle sera son attitude dans un proche avenir. Avec un chiffre d’affaires bio au mètre carré de 50% inférieur aux produits conventionnels, il nous semble improbable que la profitabilité conviendra aux géants de la grande distribution. Bien entendu, le nombre de références devrait être certainement plus important que celui que l’on connaissait avant 2008. Mais tout comme en Allemagne, le développement du marché des produits biologiques devrait revenir finalement aux spécialistes. (D’autre part, pour ce qui l’on vécue, la situation de 2002 et 2003 ressemble à celle que nous vivons actuellement !)

L’équation des magasins spécialisés


● la plus grande difficulté actuelle des magasins semble le choix dans l’assortiment de leurs produits. En effet, il est difficile de résoudre l’équation entre distribution de masse sur les produits de base (pour conserver un écart convenable avec la grande distribution) et développer un choix de différenciation. La gestion d’un point de vente va donc devenir de plus en plus délicate.
● l’autre point est le conseil. La valeur d’un produit est souvent liée à son argumentation. Mais comme on doit assurer une compétitivité des produits de grande consommation et ainsi baisser le coefficient de marge, une question se pose : comment rémunérer un personnel expérimenté et maintenir sa motivation ?

L’avenir des magasins

Une période mouvementée va certainement à nouveau se présenter à nous en 2011. En effet, certains éléments montreraient que le premier trimestre 2011 risquerait d’être encore instable. Comme en fin 2010, une petite vague de fermeture devrait avoir lieu mais il semble heureusement qu’il y aurait également un maintien d’activité au niveau des ouvertures. En ce qui concerne l’activité économique, il nous est difficile de faire des perspectives réalistes à ce jour, cependant toutes les études consommateurs que nous réalisons ces derniers mois nous montrent un fort attachement des consommateurs aux magasins bio… Enfin, sur l’assortiment produits, nous ne pouvons que vous encourager à maintenir un effort particulier sur les fruits et légumes.

Synthèse des évolutions des points de ventes en 2010
Dans les grandes lignes 30% des magasins auraient connu une baisse d’activité par rapport à 2009. 55% seraient en stagnation et 15 % en progression. Il nous est difficile d’établir des corrélations entre les différentes régions, cependant il semblerait que les points de ventes situés en centre ville auraient souffert davantage. Enfin, nous constatons que de nombreux points de vente plus « anciens » auraient connu plus de difficultés : en effet la moyenne d’âge des magasins en baisse et stable est de12 ans alors que les magasins en progression ont une moyenne de 8,5 ans.
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