Repères

Le marché du bio bien orienté à l'horizon 2012

Nov-Déc 2009

Le cabinet d’analyse indépendant PERCEPTA qui mène de multiples études stratégiques vient de publier après plusieurs mois d’enquêtes et d’entretiens directs avec de nombreux dirigeants du secteur, une étude sur le marché des produits biologiques. Intitulée, « Le marché et la distribution de produits biologiques », ce recueil de 315 pages montre que ce secteur va, semble t’il, encore connaître une croissance dans les années futures. Nous reprenons ci-après les principaux enseignements…



La marché du bio tirera son épingle du jeu à l’horizon 2012

La croissance restera d’actualité pour le marché des produits biologiques à l’horizon 2012. Malgré un environnement économique globalement atone, avec une consommation alimentaire globale qui ne progressera que très modestement (+ 0,8 % en volume en 2012 selon Precepta). En 2012, le marché du bio représentera alors près de 3,7 milliards d’euros, soit environ 2,5% de la consommation alimentaire des ménages. Malgré un fort ralentissement en 2009, les produits bio resteront plébiscités (Prévisions exclusives Precepta)


Le marché du bio en valeur : 2006/2012

Le marché dispose de puissants moteurs qui assureront son développement à moyen terme. La montée de la consommation responsable d’un côté et la poursuite des politiques d’élargissement des gammes de la part des industriels et des distributeurs permettront en effet au marché de poursuivre sa croissance jusqu’en 2012.
Côté distributeurs, les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) continueront de gagner du terrain
Les tendances observées au cours des derniers mois seront confortées d’ici 2012. L’élargissement des gammes MDD (Marques des Distributeurs) bio des grandes surfaces alimentaires et la multiplication des références bio des IAA conventionnelles se traduiront par une nouvelle augmentation de la part de marché des GMS. Celle-ci grimpera à 45% en 2012, soit une hausse de plus de 5 points depuis 2005.
Si les spécialistes du bio dans leur ensemble perdent du terrain entre 2008 et 2012, ce sera exclusivement au détriment des indépendants, de moins en moins nombreux. Leur part de marché qui était proche de 15% en 2005, ne s’établira plus qu’à 8% en 2012. A contrario, les chaînes spécialisées poursuivront leur phase de structuration en recrutant des indépendants d’une part et en ouvrant des boutiques ex-nihilo d’autre part.

Les Grandes Surfaces Alimentaires (GSA) très offensives sur le segment du bio

Toutes les enseignes nationales de GSA ont désormais leur gamme MDD bio, certaines depuis plus de 10 ans. Monoprix fait ainsi figure de pionnier sur le marché avec une ligne bio lancée dès 1990. Le groupe est d’ailleurs aujourd’hui parmi les mieux placés sur le marché avec environ 300 références bio
sous MDD. Parmi les autres acteurs, les groupes Carrefour et Casino comptent aujourd’hui respectivement 300 références pour Carrefour Agir Bio et plus de 150 pour Casino Bio (170 prévues fin 2009). Il convient également de souligner les récents efforts des groupements d’indépendants sur le marché bio. Intermarché, Leclerc et Système U ont en effet mis les bouchées doubles pour combler leur retard en matière de développement de MDD bio. Système U compte désormais 150 références U Bio, alors que le groupement ne s’est développé sur ce segment que très récemment (2007).




L’approvisionnement : le talon d’Achille de la filière bio

La croissance ininterrompue du marché bio ne fera qu’exacerber un peu plus les problématiques d’approvisionnement des acteurs bio, de l’amont (industrie, négoce) à l’aval (commerce de détail). Si l’offre nationale bio augmente, du fait d’une hausse plus rapide du nombre de conversions d’exploitations agricoles, elle restera insuffisante à l’horizon 2012 pour couvrir l’ensemble de la demande. Le problème de l’approvisionnement en produits bio est structurel. Il s’agit là de l’une des grandes faiblesses de la filière bio française. Ce déficit chronique, dans un contexte de demande en constante progression, induit un recours massif aux importations, notamment en fruits et légumes. Les acteurs du bio doivent aujourd’hui être à même de mettre en place des filières d’approvisionnement, notamment à l’étranger. Industriels et négociants en particulier sont amenés à implanter des structures hors de leurs frontières afin de s’assurer un approvisionnement régulier et de qualité constante. Certains grossistes spécialisés bio ont ainsi créé des filières spécifiques de production et d’exportation dans des pays d’Afrique, voire d’Amérique latine. Pro Natura, leader européen dans le négoce de fruits et légumes bio, compte parmi les opérateurs ayant opté pour cette stratégie.

Un tel sourcing à l’étranger s’inscrit pourtant en contradiction avec certains principes du développement durable : la trace carbone générée par le transport des marchandises cadre en effet mal avec la problématique environnementale...
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