Repères

La bio : dynamisme dans une conjoncture difficile

Nov-Dec 2012

Dans un contexte de baisse de la consommation alimentaire au premier semestre 2012 (-1% pour les achats des ménages en Hyper et Super source SymphonyIRI), le marché des produits bio continue son essor dans tous les circuits de distribution (avec des situations variées selon les magasins, les secteurs de produits et les mois de l’année). Ainsi, d'après les premières estimations, l’ensemble du marché des produits bio (y compris la restauration collective) pourrait dépasser 4,1milliards d’euros en 2012.

Un nombre croissant d’opérateurs bio
Au cours du premier semestre 2012, 1186 opérateurs supplémentaires se sont engagés en bio. Toutes catégories confondues, on dénombrait au 30 juin 2012 plus de 36400 opérateurs bio :

● 24 015 producteurs (880 producteurs supplémentaires au premier semestre 2012), représentant 7% de la main d’oeuvre agricole française. Ainsi, au cours des 4 dernières années, le nombre d’exploitations bio a quasiment doublé en France passant de 12000 en 2007 à plus de 24000 mi 2012.
● 12 442 opérateurs aval, préparateurs, distributeurs et importateurs de produits biologiques (+306 opérateurs supplémentaires au premier semestre 2012). L’ engagement de nouveaux producteurs a permis de dépasser le seuil du million d’hectares engagés en bio au cours du 1er semestre 2012.

2012 : une évolution record de la production bio
Au vu des 173 000 ha en dernière année de conversion fin 2011, l’augmentation des surfaces certifiées bio (portant une production mise sur le marché avec la mention bio) est estimée à 25% en 2012. La situation est très contrastée d’un secteur de produits à l’autre. La croissance est spécialement forte dans le secteur laitier. Au cours du 1er semestre 2012, la collecte de lait de vache bio a augmenté de 39% par rapport à la même période de 2011. Cette hausse permet à la filière laitière bio d’être en équilibre. Aussi, on estime à près de 30% l’augmentation des surfaces de céréales récoltées en bio durant l’été 2012.
Cette augmentation de la production française de céréales bio permet de répondre à la demande croissante de produits bio à base de céréales. S’agissant des secteurs de la viticulture et de la production fruitière, leurs surfaces au terme de la période de conversion ont respectivement augmenté de 38 et 18%. Dans ces deux secteurs, le contexte climatique a amené des situations contrastées d’une région à l’autre.

Le bio «made in France» gagne du terrain
L’augmentation importante de la production certifiée bio en 2012 permet à la filière de développer ses approvisionnements en France.
De 38% en 2009, la part (en valeur) des produits bio «importés» consommés en France devrait passer sous la barre des 30% en 2012. De l’ordre de la moitié de ces importations de produits bio concerne des produits non substituables tels que le thé, le cacao, les fruits exotiques, les agrumes et produits dérivés (jus d’oranges…). L’autre partie diminue.

Des perspectives de développement dans de nombreux domaines
Dans le cadre du recensement agricole réalisé en 2010, 18 500 agriculteurs conventionnels avaient déclaré envisager la conversion de leur ferme d’ici 2015. Compte tenu des décisions d’engagement en bio prises depuis le 1er septembre 2010 jusqu’à fin juin 2012, environ 12 500 agriculteurs auraient, à titre strictement indicatif, l’intention de convertir leur ferme à la bio d’ici le 1er septembre 2015. Certains secteurs présentent également de nouvelles perspectives de développement : les premiers «vins bio» vont apparaître dans les rayons avec l’entrée en application de la nouvelle réglementation depuis le 1er août dernier. Le nombre de viticulteurs bio est de plus en plus important : au cours des quatre dernières années, les surfaces du vignoble bio ont presque triplé (61 055 ha en 2011/ +21% par rapport à 2010).
De son côté, la restauration commerciale peut désormais s’appuyer, depuis le 1er octobre dernier, sur un cahier des charges national réglementant l’utilisation de la mention bio. Une nouvelle garantie pour les consommateurs qui plébiscitent la bio en restauration hors domicile : fin 2011, 56% se disaient intéressés par des produits bio au restaurant et 46% en restauration rapide.

La bio 2011-2012 : quelques repères

La <a href='/articles/reglementation/687-l_etiquetage-des-produits-bio.html'>bio</a> 2011-2012 - quelques repères

 

1) Souce : Agence Bio / OC
2) Source : Agence BIO / AND-I
3) Consommation de produits alimentaires bio de l’épicerie, des boissons hors vin et des produits frais à poids xe en grande distribution au cours du premier semestre 2012 par rapport à a même période en 2011. (résultats du PAnel IRI , representant de l’ordre de 30% de l’ensemble du marché alimentaire bio français