NUMERO : N° 68 – Novembre décembre 2016

Avec… ou sans sucre ?

Après les gras trans,… le sodium, le sucre est-il LA substance à éviter à tout prix ? On doit reconnaitre que le sucre est omniprésent dans l’alimentation moderne. On le retrouve en effet dans la majorité des aliments proposés aux consommateurs. Il est soit naturellement présent, soit rajouté. À travers ce dossier vous trouverez toutes les informations utiles pour mieux  conseiller…

Par exemple, un verre de jus d’oranges fraîchement pressées peut contenir la même teneur en glucides qu’un verre de boisson gazeuse, mais le premier contient des sucres présents naturellement, alors que le deuxième ne contient que des sucres ajoutés.

Récemment encore, les nutritionnistes débattaient des sucres rapides : le sucre de table, les confitures, le pain blanc, le riz blanc, les galettes de céréales soufflées (et sucrées)… des aliments considérés parfois aussi rapides d’assimilation que le simple sucre blanc.

Aujourd’hui les spécialistes de l’alimentation parlent davantage de l’indice glycémique (IG) qui classe les aliments selon leur impact sur le glucose sanguin, ce qui donne une meilleure vision des aliments à choisir et ceux qui sont à éviter.

On sait, en effet, que les aliments à IG élevé prédisposent à une longue liste de pathologies : obésité, diabète, troubles de l’humeur et de la mémoire, états inflammatoires, dégradation cellulaire…

Dans la plupart des produits industriels, on trouve des doses élevées de fructose ajouté (sirop de fructose-glucose, sirop de maïs…), un sucre rapide à Indice Glycémique (IG) élevé.

Un effort d’information et de pédagogie nutritionnelle doit venir des autorités sanitaires qui établissent les normes ou la réglementation sur le pourcentage de sucre (comme additif) dans les aliments présentés au public.

De nouvelles règles plus restrictives doivent être promulguées afin de promouvoir une véritable politique de « sans sucre ajouté », accompagnée d’une campagne pro-active d’éducation du consommateur.

L’accès à la vraie valeur nutritionnelle des aliments sans (trop de) sucre ajouté et la pertinence de choisir en tous temps des aliments à indice glycémique le plus bas possible doivent leur être offertes.

Les sucres agissent dans l’organisme comme agit le carburant qui alimente une automobile : sans carburant adéquat, le moteur ne fonctionne plus ou fonctionne mal. Chez l’être humain, un manque de glucides est associé à une panne énergétique : un état de fatigue, des malaises, des vertiges, des palpitations et même l’apparition de syndromes neurologiques qui peuvent simuler une atteinte cérébrale.

Les 4 vérités à dire sur le sucre :

1) En Angleterre, en 1850, la consommation annuelle de sucre était de 11,5 Kg, en 1950 elle atteignait 55 kg… Aux États-Unis, en 1801, la consommation de sucre était de 4 kg, en 1905, de 32 kg, en 1980 de 55 kg… Ces données sont tirées de Catherine Lefebvre, nutritionniste, chroniqueuse réputée du journal Canadien La Presse, dans son livre « Sucres, vérités et controverses » paru en 2016, ouvrage qui pointe du doigt toutes les pathologies modernes associées à la consommation exagérée de sucre de toutes catégories (obésité, diabète, hypertension, infarctus, cancer du sein, altération du cerveau…). Les méfaits des sucres raffinés ont été présentés par le prof. John Yudkin, nutritionniste et physiologiste, dans son livre-référence « Pure, White et Deadly » qui met en lumière le lien entre les effets néfastes du sucre et la santé.

2) Les sodas, limonades, boissons sucrées sont la bête noire des nutritionnistes qui les accusent, à juste raison, d’altérer le cerveau des enfants et d’occasionner, à l’âge adulte, des troubles de la mémoire et du raisonnement. Le corps – et notamment le cerveau – a besoin en continu de glucose dans le sang, mais sans   à-coups fatiguants qui entraînent des chutes de glycémie délétères (baisse temporaire des capacités intellectuelles, altération des neurones…).

3) On doit évaluer l’indice glycémique de l’ensemble d’un repas plutôt que l’IG d’un seul aliment. Un dessert sucré, mais riche en fibres, est certainement moins dommageable pour la santé hépato-pancréatique qu’une sucrerie prise dans l’intervalle des repas.

4) Décrocher de l’addiction au sucre est possible, en empruntant plusieurs pistes :

a) s’informer par la lecture de livres qui démystifient les pseudo-qualités énergétiques des sucres,

b) cuisiner soi-même afin d’éviter les sucres « cachés » que les aliments industriels contiennent dans la presque totalité des aliments du commerce traditionnel : dans les conserves, les sauces, les plats préparés, la charcuterie, les soupes, les vinaigrettes, le ketchup… sous des dizaines de noms différents (jus, sirops, extraits de malt, amidon modifié, dextrine…),

c) découvrir d’autres saveurs : farine de châtaigne, farine de pois chiche, lait d’amande, purée de carotte, chair de panais, patate douce, purée de banane, poudre de caroube, chair de potimarron…,

d) remplacer le sucre par des fruits secs incorporés dans les recettes (dattes, figues, raisin, abricot, prune, par exemple) où les fibres sont bien présentes,

e) éviter les édulcorants, qu’ils soient chimiques ou de source naturelle.

Suite du dossier : Les grands choix des sucres

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