NUMERO : sept-oct 2013

Comptoir des Lys : la fine fleur du végétal pour la maison et la beauté

 

La sécurité et l’efficacité à l’origine d’une aventure entrepreneuriale

Nombre d’histoires à succès commencent par un constat de bon sens, en l’occurrence celui de Jeanine Gabory. Mère de trois enfants, elle souffre d’allergies dues aux produits d’entretien conventionnels. A la fin des années 70, elle cherche une alternative. Un scientifique lui conseille de se tourner vers des formulations plus naturelles, parfumées aux huiles essentielles plutôt qu’aux parfums de synthèse. L’offre étant alors rare, forte de son expérience commerciale, elle fait alors développer à partir de 1985 des produits pour la maison et pour le corps sur bases végétales, respectueux de la santé et de l’environnement. Et pour vendre, quoi de mieux que la vente à domicile, en rencontrant directement les utilisateurs ?

Ce choix commercial a cependant une conséquence : l’obligation vitale de vendre des produits efficaces : « Nos premiers clients étaient des ruraux, raconte Samuel Gabory, le fils de Jeanine, qui dirige l’entreprise depuis 1995. Si votre lessive ne lave pas ou que la vaisselle n’est pas propre, alors vous ne vendez pas et votre entreprise ne vit pas, tout simplement. Dès le départ, cela nous a imposé le choix raisonné de la qualité, du haut de gamme, et l’obligation d’être en permanence vigilants sur ce point, avec un emploi exclusif d’ingrédients naturels du plus haut niveau ».

 

Fabriquer soi-même… et encore mieux maîtriser

En 1995, au moment où Samuel Gabory rejoint l’entreprise, un de leurs fabricants les laisse tomber. Une mauvaise surprise, mais qui le pousse tout simplement à devenir lui-même fabricant, occasion de mieux prendre encore en mains la qualité des produits.

C’est à cette époque que commence aussi la vente dans les magasins bio, qui se développent fortement depuis quelques années, et qui sont parfaitement en phase avec la philosophie de l’entreprise. La marque Etamine du Lys est créée en 1995 pour les produits ménagers puis la marque Coslys en 2003 pour les produits cosmétiques. Avec d’autres entrepreneurs, Samuel Gabory fonde l’association Cosmébio et définit le cahier des charges français pour la cosmétique écologique et biologique. Depuis 2010, il en est le président avec la passionnante tâche de défendre la cosmétique biologique et naturelle. Il est donc bien placé pour savoir que, si la qualité est de facto différente entre produits ménagers et cosmétiques, elle est toujours impérative : « Les deux types de fabrication sont bien

 

 

entendu dissociés, explique Samuel, par souci de sécurité. Nous travaillons selon le ‘principe de précaution optimisé’, tout à fait l’inverse du ‘plus petit dénominateur commun’ : c’est-à-dire que nous appliquons systématiquement les exigences les plus élevées, qu’elles soient issues de la réglementation pour la détergence, ou de celle pour la cosmétique

 

 

L’innovation comme moteur

« Sur les 140 salariés de notre groupe d’entreprises, nous avons 10 personnes qui travaillent pour l’assurance et le contrôle qualité. Notre investissement en matière de Recherche et de Développement est très élevé », précise Samuel Gabory.

L’entreprise a été ainsi parmi les premières, dès les années 1980, à utiliser des agents lavants provenant de sucres : « Cela permet d’avoir des formules lavantes plus saines pour l’utilisateur et l’environnement, car que cela soit via la vaisselle, le linge ou directement sur la peau, nous y sommes exposés en permanence, ajoute Samuel. Ces agents lavants végétaux donnent des détergents très efficaces, très dégraissants, tout en étant très doux pour la peau ».

 

 

Ces agents lavants végétaux se dégradent en métabolites assimilables par l’environnement. Un aspect des choses que le fameux « Ecolabel » pour la détergence né dans les années 90 néglige totalement : « Ce label ne s’intéresse nullement à la qualité des métabolites finaux mais uniquement à la biodégradabilité des bases lavantes, sans se préoccuper de tout ce qui peut

se passer autour. En effet, le problème essentiel reste surtout que l’on peut fabriquer un produit conforme à l’Ecolabel avec des ingrédients issus du pétrole, non renouvelables et de synthèse ! » pointe-t-il avec raison.

L’investissement pour toujours plus de qualité et d’innovation passe aussi par des partenariats, comme avec le Pôle Compétitivité Végépolis d’Angers et l’Ecole de Chimie de Rennes, ou l’adhésion à Phytolia, l’association de la filière des plantes aromatiques et médicinales des Pays de la Loire.

 

 

En permanence, de nouvelles innovations prouvent le dynamisme de l’entreprise. Ainsi, chez Coslys, les «Totums de plante garantis» sont protégés, depuis 3 ans, par un brevet. Ce sont des concentrés de plantes entières qui permettent une meilleure assimilation et absorption. Ou encore, pour les produits ménagers, les recharges à diluer chez soi, exemple de solution écologique absolue : un emballage plastique réduit de 80 %, un bilan carbone ultra positif, une efficacité éco-naturelle avec un prix réduit pour le consommateur… Ou enfin, depuis 2013, toujours pour les produits pour la maison, le système de distribution en vrac déjà présent dans une vingtaine de magasins : le consommateur se sert lui-même en lessive, liquide vaisselle… avec un flacon réutilisable et avec un prix réduit de 20 %. Pour le magasin, la sécurité et l’hygiène de son espace sont totalement garanties

 

 

Innovation et qualité ont un coût, explique Samuel  : « Nous ne sommes a priori pas les moins chers. Mais nos produits sont ultra concentrés, on en utilise moins, on en est plus satisfait, on va jusqu’au bout de leur utilisation et surtout on n’en change pas. Donc, la qualité est économique ! Cela est facile à démontrer ».

Dans ce droit fil, et habitude héritée de la vente à domicile, la société est réputée pour son service d’échantillonnage et le niveau d’information sur l’utilisation et la polyvalence des produits. Résultat  : en France, Etamine du Lys et Coslys font aujourd’hui partie des marques de référence en magasin bio. L’entreprise exporte également dans plus de 30 pays où la qualité française est très appréciée : au Japon notamment, ou bien à Moscou où Etamine du Lys est vendue dans les épiceries fines. Aujourd’hui, le groupe réalise un chiffre d’affaires de 15 millions d’Euros

Un engagement envers la nature, les collaborateurs et les magasins

« Puiser dans les forces de la nature » n’inspire pas seulement la qualité des produits, mais toute l’entreprise : « Chez nous c’est culturel, lié à la campagne », sourit Samuel. Ainsi, alors que l’idée était encore peu répandue, l’usine fut une des premières, en 2000, à être bâtie selon les normes HQE, des panneaux photovoltaïques étant venus s’ajouter en 2003. Avec un « plus » : une implantation géobiologique, basée sur les champs magnétiques et les nœuds telluriques, pratique bien connue en milieu agricole. Probablement une des raisons pour laquelle l’équipe, passée depuis de 10 à 140 personnes, s’y sent bien. Avec des valeurs partagées par tous, et une démarche collective actée dans un « pacte de développement durable » qui a valu à l’entreprise de recevoir un Trophée des Pays de la Loire, en 2009 et une nouvelle fois en 2011 ! C’est la seule société qui l’a reçu deux fois.

Le but est bien sûr de responsabiliser les collaborateurs, dont l’énergie doit se concentrer sur la qualité et le service. « Quand on vient au travail le matin avec plaisir, le client en est le premier bénéficiaire, se réjouit Samuel. Parce que les consommateurs sont de plus en plus exigeants, et qu’il a beaucoup de produits différents à vendre, le magasin spécialisé attend un accompagnement important. Et il doit sentir qu’il n’est pas seul dans le bateau. Parmi nos gros chantiers pour 2014 figurent ainsi la formation interne ainsi qu’une école de formation pour les points de vente ».

 

 

Et l’avenir s’annonce prometteur, comme conclut Samuel : « Il reste à inventer une nouvelle cosmétique, qui prend en compte à la fois le naturel et les nouvelles technologies. Malgré les apparences, le vrai potentiel d’innovation et même de révolution est dans la nature. Le ‘conventionnel’ ne fait que réinventer la roue, ce n’est pas lui qui innove, mais bien la Bio. Une Bio qui n’est pas forcément le bonheur d’antan, mais le mieux de demain… »