NUMERO : Janvier-Février 2015

Conseiller un diabétique non insulino-dépendant

Selon la fédération française des diabétiques, le cap des 3 millions de personnes traitées par médicament est désormais franchi en France, soit 4,7 % de la population, sans compter les 500 000 à 700 000 personnes qui s’ignorent. Chez un diabétique de type 2 ou une personne prédiabétique, l’insuline (la clef qui permet de faire entrer le glucose dans les cellules musculaires, cérébrales), ne fonctionne pas ou peu.

 

La glycémie (taux de glucose dans le sang) est alors chroniquement élevée, pouvant engendrer sur le long terme des complications dramatiques : cécité, amputations, risques cardiovasculaires augmentés, insuffisance rénale, atteintes des nerfs…
Comme nous l’avons vu précédemment, nul besoin d’enlever totalement le sucre des repas des diabétiques car un taux de glucose élevé dans le sang provient peut-être du saccharose ajouté ou présent dans les aliments mais surtout des féculents, eux-mêmes composés de polymères de glucose !
Ainsi, rien n’est interdit mais vous pouvez retenir que le diabétique :

Doit baser son alimentation sur les aliments ayant un IG zéro ou bas :

● Légumes à chaque repas (crus, cuits),
● Fruits entiers (2 à 3 par jour) – secs (en remplacement d’un fruit et jamais plus de 2-3),
● Poissons, produits de la mer (mini 2 fois par semaine),
● Œufs (4-5 par semaine),
● Tofu et dérivés, seitan,
● Viandes ou volailles (3 à 4 fois par semaine),
● Oléagineux (tous les jours, une petite poignée), purées d’oléagineux, avocats,
● Laitages animaux ou végétaux sans sucres ajoutés (de 0 à 2 par jour) sauf le lait de riz qui a un IG élevé,
● Huiles pression à froid (tous les jours – olive, colza, lin, cameline, périlla),
● Boissons froides ou chaudes sans sucre ajouté.

Doit consommer en priorité des féculents à IG bas en quantité modérée : pains de céréales complètes au levain, flocons d’avoine, quinoa, muesli, patate douce, lentilles, pois chiches, haricots rouges ou blancs, riz basmati, pâtes, sarrasin, nouilles soba, galettes de céréales….
Devrait bannir les féculents raffinés et/ou à IG élevés : pain blanc, riz cuisson rapide, tapioca, purée de pommes de terre, céréales soufflées, galettes de riz, pâtes de maïs ou de riz, pains fermentés à base de levures…
Peut s’octroyer des plaisirs sucrés faits maison en utilisant de préférence des édulcorants naturels à IG bas ayant un pouvoir sucrant supérieur au saccharose : sirop d’agave, sucre de fleur de coco, miel, stévia, xylitol de bouleau, érythritol.
Peut sporadiquement consommer des gourmandises à IG élevé (biscuits fourrés, gaufrettes, bonbons…) mais toujours en très faible quantité et de préférence à la fin des repas (pas en dehors), afin de limiter l’impact sur la glycémie.
Doit essayer de répartir au mieux sa charge glycémique journalière en fonctions de ses réels besoins.

La Charge glycémique : le nouvel outil du diabétique

La charge glycémique (CG) d’un aliment permet de prévoir l’élévation de la glycémie en fonction des aliments glucidiques et des portions consommées.
L’IG d’un aliment, qui reste toujours identique, renseigne sur la qualité de ses glucides, rapides ou lents, et prédit à quelle vitesse le glucose se retrouve dans le sang. Mais il ne tient pas compte de la quantité de glucides dans cet aliment.
La CG prend donc en compte non seulement l’IG mais aussi la quantité de glucides d’une portion de cet aliment.
CG d’une portion  =  (IG x Quantité de glucides d’une portion) / 100
La CG journalière d’une personne se situe entre 60 et 120, selon le gabarit (taille, poids), l’âge, le sexe et le degré d’activité physique.

Une fois la CG journalière estimée, elle doit être répartie, sur les trois repas principaux de manière à niveler les pics de glycémie. Selon un sondage réalisé par une communauté de patients diabétiques en ligne, leur principale attente est l’accès à « des conseils diététiques plus pratiques et plus accessibles. » Vos conseils alimentaires tant qualitatifs que quantitatifs sont donc primordiaux car ils impactent directement la CG globale journalière et donc les fluctuations glycémiques.

C’est quoi une quantité modérée de féculents à IG bas à chaque repas ?

Au déjeuner et au diner, conseillez des féculents à IG bas mais modulez la quantité selon : le gabarit, le niveau d’activité physique et le besoin de perdre ou non du poids. A titre d’exemple, le tableau suivant indique le nombre de cuillère à soupe (CS) de féculents aux repas principaux, une fois cuits. (1 CS = environ 10g crus = 30g cuits (pâtes, riz, semoule, légumineuses, sarrasin…)

Osez le rayon ou l’étagère « diabète » en y répertoriant :

Les produits sucrants à faible IG : sirop d’agave, fructose (poudre ou sirop), sucre de fleur de coco, stévia, xylitol de bouleau, érythritol, avec une petite fiche accompagnant chacun d’eux.
Les produits sans sucres ajoutés (compote, purée de fruits) ou sucrés à base de polyols (biscuits, chocolats),
Les farines à faible IG (d’avoine, d’épeautre, de Kamut®, de pois chiches, de légumineuses)
Les flocons de céréales (de sarrasin, d’avoine, de quinoa) et les mueslis sans sucres ajoutés,
Le chocolat noir à 90 % ou plus,
Les ouvrages sur le sujet.

Les compléments alimentaires :

● Le chrome, cofacteur de l’insuline, il baisse l’hémoglobine glyquée (HbA1c – qui détermine la glycémie des 120 derniers jours), la glycémie à jeun et post-prandiale (après le repas).
● Le pycnogénol, diminue la glycémie en retardant l’absorption des glucides, l’HbA1c, limite la progression de la rétinopathie diabétique.
● Le konjac très riche en glucomannanes (fibres solubles) ralenti l’assimilation du glucose et limite donc les pics glycémiques.
● Le fenugrec (Trigonella foenum-graecum) diminue la glycémie à jeun et post-prandiale.
● Le Gymnéma sylvestre, empêche l’absorption intestinale du glucose, réduit la glycémie post-prandiale et l’HbA1c. Il stimule la sécrétion endogène d’insuline,
● La cannelle, diminue la glycémie, augmente la production d’insuline.
● Le café vert : l’acide chlorogénique qu’il contient diminue la vitesse d’absorption du glucose et la glycémie post-prandiale.
● L’huile de cumin noir (Nigella sativa), à raison de 2g/jour, réduit la glycémie à jeun, post-prandiale et l’HbA1c. Elle améliore la résistance à l’insuline et le fonctionnement des cellules bêta du pancréas.
● Les cétones de framboise améliorent la glycémie, l’insulinémie, la résistance à l’insuline.
● L’acide alpha lipoïque, prévient les neuropathies, améliore la sensibilité à l’insuline et le métabolisme du glucose, il baisse l’HbA1c.
● La L-carnosine prévient la glycation des protéines et limite les neuropathies.
● La L-carnitine diminue la glycémie, l’HbA1c, améliore la sensibilité des cellules à l’insuline.
● Le Co-Q10, améliore la glycémie, l’HbA1c et prévient des dommages oxydatifs.
● Le magnésium, le resvératrol, améliorent la sensibilité des cellules à l’insuline.

Ne faites pas l’impasse sur les conseils d’hygiène de vie
Faites perdre du poids si besoin à votre client, avec une alimentation basée sur les IG bas et à faible charge glycémique. Et recommandez la pratique régulière d’une activité physique ou sportive (30-60 minutes par jour) adaptée à chacun afin d’améliorer la glycémie et d’aider l’organisme à brûler ses graisses de réserve plus efficacement.

Angélique Houlbert
Nutritionniste