NUMERO : Juillet-Août 2015

DOSSIER : Les huiles essentielles – Le point de vue des fabricants

Point de vue des fournisseurs vis-à-vis des magasins bio sur le rayon des huiles essentielles

Les résultats de notre enquête auprès de 10 fournisseurs d’huiles essentielles ont permis d’obtenir des informations intéressantes sur le rayon huiles essentielles sur di érents points. Au total, ce sont 9 critères qui ont été analysés : offre produits, conseil, prix, etc. À travers leurs réponses, nous avons pu déterminer les points forts de ce rayon et les points qui pourraient être améliorés.

Pour bien comprendre la lecture du graphique ci-dessous, deux indices ont été utilisés :

1-l’indice d’importance pour les fournisseurs qui correspond à la question : « Pour permettre le développement du rayon "Huiles Essentielles" en magasin bio quelle est selon vous l’IMPORTANCE de chacun de ces critères représenté en bleu dans le graphique

2-l’indice de performance du magasin bio qui correspond à la question  : « Quel est selon-vous le niveau de PERFORMANCE des magasins bio sur les critères suivants ? » représenté en rouge dans le graphique.

Plus l’écart est important entre la barre bleue et la barre rouge, plus des divergences existent. Par exemple, sur le conseil en magasin, on constate que pour quasiment tous les fournisseurs ce point est crucial pour le développement des ventes.

L’écart étant très significatif avec l’indice de performance des magasins montre que les fournisseurs sont plutôt insatisfaits et que le conseil doit donc être renforcé !

Top 5 des huiles essentielles les plus vendues par les fournisseurs

1-Lavande
2-Tea tree
3-Menthe poivrée
4- Citron
5-Ravintsara

Comment voyez-vous évoluer le rayon huiles essentielles en magasin bio ?

Cette question a suscité de nombreuses réactions de la part des fabricants qui ont été très généreux dans leurs réponses. Après avoir donné leur sentiment sur le rayon en général (voir page précédente), ils semblent conscients que le développement des huiles essentielles continuera par passer par le magasin bio, toutefois, selon certaines conditions. Voici les principales recommandations que nous avons pu rassembler au travers de ces riches témoignages.

 

● Investir dans des produits de qualité, garantis et certifiés bio.

« Pionniers sur ce segment, ils continueront d’accompagner la croissance du marché s’ils savent investir sur ce rayon, sur des produits de qualité et faire preuve de dynamisme, d’expertise voir d’audace en sachant défendre l’importance du bio »

 

● Proposer des produits innovants :

« la part des HE sous d’autres formes galéniques que liquide, va se développer sensiblement dans les années à venir…les complexes répondent à un besoin précis et rendent un grand service car il n’est pas facile de les faire soi-même… ». permettre elles aussi de rassurer les utilisateurs comme les prescripteurs de l’absence de risque en cas d’abus. Ces nouvelles galéniques vont faciliter l’accès aux HE ». « …OFFRE se différenciant des autres circuits de distribution (en particulier de la pharmacie) : en terme de qualité, marques engagées… ».

 

● Des produits accessibles facilement :

«…faciliter l’accès à la vente des huiles essentielles. En magasin bio, les HE se trouvent souvent derrière le comptoir, dans des vitrines fermées à clef, a n d’éviter le vol. Les HE pourraient être mises davantage en avant dans le magasin, par exemple à l’aide de boite factices, de testeurs, de panneaux explicatifs… ». «…Une disposition accessible, pas sous vitrine, mais organisé pour éviter les vols… »

 

● Procurer des conseils de qualité :

« Dans un contexte réglementaire qui se tend fortement…la dépendance aux conseils/expertises du personnel en magasin devient de plus en plus forte quand on sort des quelques références classiques de quasi libre-service (lavande, helychrise, menthe…)… ».

« les consommateurs ont besoin d’être bien conseillés et rassurés sur les utilisations des HE, par exemple en ingestion, en application cutanée, etc…leur utilisation doit être bien adaptée au besoin des consommateurs… ».

« …Le rayon « aroma » devrait être tenu par des professionnels ou par des vendeurs très bien formés… ».

« …Le rayon d’HE a un grand potentiel de développement…à condition qu’ils mettent les moyens pour l’animer et pour attirer une «nouvelle» clientèle, par le biais : du CONSEIL (vendeur/ prescripteur externe quali é présent dans le rayon)… ». « …le besoin de la «professionnalisation» du rayon des HE en magasins bio est donc crucial ! !… ».

● Avoir une PLV adaptée et moderne :

«… une PLV précisant les précautions d’emploi… ».

« le rayon devra obligatoirement passer par une PLV adaptée pourrassurer et éduquer les consommateurs si on souhaite développer les ventes au-delà des volumes prescrits…

À cet égard, l’utilisation de tablettes tactiles interactives disponibles en rayon devrait permettre de passer e cacement des messages (visuels et graphiques) très simples et très pédagogiques… ».

● Mettre davantage en valeur les HE dans un espace dédié «Aromathérapie » :

« Il faut créer un vrai espace « Aromathérapie » dans la boutique pour développer les ventes…». « Un rayon dans le secteur des compléments alimentaires, avec testeurs pour montrer les di érences de qualité ».

 

● Etre attentifs et irréprochables vis-à-vis de la législation.

réglementation, un rappel s’impose. Les huiles essentielles peuvent être utilisées à plusieurs  ns et de différentes manières en fonction de leur nature (médicament, dispositifs médicaux, produit cosmétique, alimentaire, biocide, parfum d’ambiance…). Compte tenu de leur toxicité potentielle, les huiles essentielles peuvent présenter un risque pour le consommateur d’autant plus élevé que leur destination et les précautions d’emploi ne sont pas clairement indiquées sur leur étiquetage. En vue d’assurer la protection et l’information du consommateur, il est demandé aux professionnels d’indiquer, pour chaque huile, un usage unique, associé aux modes et précautions d’emploi appropriés. En fonction de son mode essentielle peut ainsi entrer dans une catégorie de produits soumise à une réglementation spéci que.

Dans le cas des compléments alimentaires, les huiles essentielles peuvent avoir di érents rôles, avec des contraintes di érentes, selon leurs utilisation scomme actif ou comme arôme.

HE utilisées comme actif : La DGCCRF considère les huiles essentielles comme des ingrédients en tant que tels et non comme des préparations de plantes listées en annexe I de l’arrêté plantes du 24 juin 2014. Puisqu’il n’existe pas à l’heure actuelle de liste officielle nationale d’huiles essentielles autorisées en complément alimentaire, la DGCCRF impose, dans ce cas, une déclaration en article 16 sur la base de la liste italienne qui prévoit le cas des huiles essentielles dans la colonne listant les parties de plantes autorisées. Signalons, que le Synadiet est actuellement en train de travailler en lien avec la DGCCRF sur une liste positive d’huiles essentielles qui pourraient être utilisées dans les compléments alimentaires.

 

C’est pourquoi, le magasin doit être attentif aux recommandations réglementaires et les conséquences en cas de non-respect, même si économiquement il y a un impact : « …il faut que les magasins prennent aussi leur part de responsabilité, notamment si les marques se permettent de leur vendre les HE telles la gaulthérie, le vétiver, le patchouli …en tant que complément alimentaire, donc à être ingéré (avec un taux de TVA qui va avec). En n, « il peut arriver que dans le futur, les HE deviennent exclusivement réservées à la vente en pharmacie ou que le nombre de variétés autorisées à la vente hors circuit des pharmacies soit diminué … ».