NUMERO : Juillet-Août 2015

DOSSIER : Les huiles essentielles – Processus d’extraction des huiles essentielles des plantes


Survol des méthodes les plus largement utilisées et les mieux adaptées pour obtenir des huiles essentielles les plus pures
 

● La distillation à l’eau

La matière végétale est complètement immergée dans de l’eau et l’alambic chau é pour amener son contenu à ébullition. Lorsque la substance condensée refroidit, l’eau et l’huile essentielle se séparent. L’eau résiduelle est parfois commercialisée sous l’appellation "eau  orale", "hydrosol" ou "hydrolat" (ex : eau de rose, eau de lavande, eau d’oranger…).

● La distillation à la vapeur d’eau

C’est la méthode la plus couramment utilisée pour la fabrication des H.E. Elle consiste à faire passer de la vapeur d’eau à travers la matière végétale placée dans l’alambic. La vapeur provoque l’ouverture des cavités des plantes qui libèrent ainsi les molécules des huiles volatiles. La température doit être ajustée et contrôlée pour ne pas "brûler" l’élément végétal ni dénaturer l’huile essentielle. La vapeur qui contient l’H.E. est dirigée à travers un système de refroidissement (serpentin) où elle se liqué e, ce qui sépare de fait l’huile essentielle de l’eau.

 

● L’hydrodiffusion

Cette appellation désigne une autre forme de distillation à la vapeur  : la vapeur est introduite par le haut pour passer à travers la matière végétale choisie. La condensation du mélange de vapeur contenant l’huile se produit sous la grille retenant la matière végétale. Cette méthode utilise moins de vapeur, le processus d’obtention est plus court et le rendement en huile est meilleur.
 

● L’extraction au dioxyde de carbone (CO2) hypercritique :

Ce procédé d’extraction est récent. Il est très coûteux, mais produit des H.E. d’excellente qualité. À 33°C, le dioxyde de carbone atteint son point critique, c’est-à-dire la limite entre l’état gazeux et l’état liquide. Il possède, à cette température, certaines propriétés des états gazeux et liquides, ce qui en fait un excellent solvant pour l’extraction d’H.E. fragiles qui requièrent une basse température. Le dioxyde de carbone présente l’avantage d’être
inerte, c’est-à-dire ne produit aucune interaction chimique avec l’H.E. extraite.

Une dépressurisation sépare l’H.E. du dioxyde de carbone.

Ce procédé s’effectue dans une cuve en acier inoxydable sous forte pression.

Son inconvénient : investissement considérablepour l’équipement.

Son avantage : produit des H.E. de bonne qualité pour les plantes fragiles qui nécessitent un processus de basse température.
 

● La percolation

Cette méthode consiste à propulser la vapeur de haut en bas. Ce processus est rapide et donne une excellente qualité de substances aromatiques, mais charge les H.E. en substance non volatile. On parle alors d’essence de percolation.
 

● L’extraction par pression ou expression purement mécanique

Cette méthode d’extraction dite "pression à froid" n’implique aucune chaleur. La plupart des H.E. d’agrumes sont extraites par ce procédé, qui consiste à soumettre la matière à une grande pression mécanique (écorces ou zestes, de bergamote, citron, lime, mandarine, orange).
 

● L’extraction par solvant

Les solvants tels que l’éther de pétrole, le méthanol, l’éthanol ou l’hexane sont utilisés pour extraire l’huile essentielle d’éléments végétaux qui ne supportent pas la chaleur. C’est par exemple le cas de la jacinthe, du jasmin. Extraite par solvant, l’H.E. est très concentrée, mais ce procédé n’a pas la faveur du public qui craint de retrouver des traces de solvant dans le produit  final.

● L’extraction par solvant offre diverses variantes :

la macération qui consiste à tremper les éléments végétaux dans de l’huile chaude pour provoquer une rupture des membranes cellulaires.

Lorsque l’huile a rempli sa fonction d’éclatement, elle est clarifée et décantée.
– l’enfeurage : Une méthode longue et complexe qui utilise une matière grasse végétale ou animale puri ée sur laquelle est placé un lit de pétales de fleurs. Au bout de quelques jours de contact corps gras/pétales de  eurs, on procède à un pressage du mélange, ce qui produit une matière huileuse très aromatique, puis à un "rinçage" de la pommade d’en eurage (composée de gras et de parfum) avec de l’alcool. Lorsque l’alcool s’est évaporé du mélange, il ne reste que l’huile essentielle. Les H.E. se dissolvent dans l’alcool sans la graisse.

Cette méthode d’extraction est à l’origine de la fabrication des grands parfums qui ont fait la renommée de la parfumerie française et ses fragrances de renommée olfactive mondiale.
 

Jean-Claude Rodet

 

L’histoire de l’aromathérapie française fait habituellement référence à Gattefossé et Valnet… Je me propose de réparer un oubli et rendre hommage au Dr Louis Sévelinge, pharmacien, véritable pionnier de l’aromathérapie puisque sa thèse de pharmacie, consacrée à l’Huile essentielle de Menthe, en 1926 je crois, fut publiée en 1929. J’ai eu le privilège de le connaître personnellement. Mon activité professionnelle était localisée tout proche de Bourg de Thizy où il avait installé son laboratoire.

Durant une dizaine d’années, nous avons eu des rencontres mensuelles ensemble et j’ai pu apprécier de visu, derrière son microscope, ses recherches et observations qui ont confirmé avec éclat la pertinence de l’utilisation des huiles essentielles.

En utilisant l’approche de la Bioélectronique de L.-C. Vincent pour l’évaluation de la qualité des aliments, l’e et des pesticides sur la qualité des récoltes, il a montré combien le "BIO" était un bon choix pour la santé de l’homme et de la planète !

Des nombreuses expériences e ectuées avec le Dr Sévelinge, puissance d’action des H.E. pour combattre les  éaux de notre société actuelle : bactéries et autres "mangeurs de chair" dans nos organismes, pesticides en agriculture, champignons et moisissures de nos habitations… Les schémas réalisés par le Dr Sévelinge sont très explicites : les 3 mesures bioélectroniques

● le pH, qui renseigne sur l’acidité ou l’alcalinité du milieu étudié,

● le rH2, qui indique, pour un pH donné, les facultés réductrices ou oxydantes de la solution.

● le rô (en ohms), qui mesure les propriétés conductrices ou isolantes de la solution étudiée, d’aliments (provenant de l’agriculture biologique et conventionnelle), de végétaux (avant et après traitement par des pesticides chimiques), de l’état de personnes (en santé et malades) comme l’analyse de l’air ambiant pollué (avant et après di usion d’H.E.) donnent des résultats unanimes.

Il a transcrit les résultats :

● les triangles formés par les 3 mesures bioélectroniques d’un aliment bio, d’un végétal non traité aux pesticides ou d’un organisme en santé présentent tous la même inclinaison (en vert dans les schémas).
● les triangles formés par les mesures prises sur les aliments conventionnels, ceux traités aux pesticides ou l’état de maladie (cancérose par exemple), eux aussi, présentent le même profil (en rouge sur les dessins)…

(les  flèches indiquent : trianglesverts, sens de l’amélioration,
rouges, sens de l’aggravation)

Il est facile de comprendre d’un simple coup d’oeil avec de telles mesures bioélectroniques, l’e et positif des H.E.… qui se confirme avec l’expérience d’aérolsolisation d’H.E. en ambiance polluée :

Innovateur frondeur, Louis Sévelinge a eu l’audace de bousculer les idées  gées de la pharmacie conventionnelle de son époque. Il a marqué son temps. Merci Dr Sévelinge !