NUMERO : Mars-Avril 2015

Dossier : Programme printanier – Grands principes d’une alimentation détox-minceur…


Vous devez donc orienter vos clients vers des produits bruts, non transformés, en misant exclusivement sur le règne végétal, c’est à dire : sans produits laitiers, ni viandes, ni poissons dans un premier temps et ensuite vous élargirez progressivement avec les produits de la mer, les laitages animaux et enfin avec les viandes.

 

Rétablir l’équilibre acido-basique

L’acidose chronique dans lequel baignent généralement les organismes à cette période de l’année, fatigue les reins et les poumons qui sont constamment obligés de tamponner, c’est à dire neutraliser, cette acidité.
La présence d’acides est normale et parfaitement tolérée par le corps tant qu’un certain seuil n’est pas dépassé. Il dispose en effet de différents « systèmes tampons » au niveau des poumons, des reins, du foie et du sang, lui permettant d’équilibrer les variations de pH en neutralisant les acides avec des bases. Les ions hydrogène H+ sont ainsi neutralisés par les bicarbonates HCO3- pour former  de l’eau (H2O) et du dioxyde de carbone (CO2) qui seront ensuite évacués par les émonctoires.

● Les poumons rejettent les acides "volatils" provenant surtout de la dégradation des protéines végétales. Lorsqu’une quantité excessive d’acides pénètre dans le sang, les poumons passent aussitôt en hyperventilation et expulsent donc plus de CO2.

● Les reins, rejettent les autres acides "non volatils", provenant principalement de la dégradation des protéines animales. Toutefois, les capacités rénales sont lentes et en raison de certaines pratiques alimentaires hyperprotéinées, elles atteignent pratiquement leurs propres limites de traitement et de détoxification. Les reins ne peuvent donc éliminer qu’une quantité limitée d’acides par jour et avec l’âge, leur efficacité diminue d’environ 1 % par an. Des suppléments pourront alors être d’une grande aide.

● Le foie, via le cycle de l’urée, libère des bicarbonates et intervient dans l’élimination des acides organiques, comme l’acide lactique. Il est donc important de le soulager à chaque changement de saison avec les suppléments phytonutritionnels appropriés que nous verrons plus loin.

D’autres organes interviennent également, dans une moindre mesure, dans la régulation de l’équilibre acido-basique : l’estomac, les intestins et la peau avec les sécrétions et la sueur.

L’organisme met donc en place de nombreux systèmes pour neutraliser et éliminer les surcharges acides. Cependant au-delà d’une certaine limite, les systèmes tampons ne suffisent plus, l’apport d’acides est trop important et l’organisme est dépassé.

Pour remédier à cela, il suffit de conseiller l’adoption de notre programme 100 % végétalien.

 

Miser à chaque repas sur les fruits et légumes

Que vos clients les consomment crus, cuits, en soupes, en salades, en jus… ils doivent représenter au minimum la moitié de leurs assiettes. Ce sont en effet les aliments détox par excellence car ils contiennent tous les nutriments nécessaires :

● Du potassium contre la rétention d’eau,

● Des fibres qui améliorent le  transit, piègent les toxines et les évacuent dans les selles,

● Des antioxydants qui soutiennent les organes dans leur processus d’élimination et luttent contre les jambes lourdes.

● Et possèdent un indice Pral négatif, surtout pour les fruits séchés, qui est un bon indicateur de leur pouvoir alcalinisant.

Les fruits et légumes colorés ainsi que les jus de fruits rouges (canneberge, mûre, grenade, açaï, cerise…) regorgent également de polyphénols qui améliorent la circulation de retour et soulagent ainsi les phénomènes de jambes lourdes.

De plus, en apportant des fibres solubles, ils améliorent le transit intestinal qui peut également être une cause de blocage du retour veineux.

Ce que vous pouvez mettre en avant dans un rayon ou sur une étagère spécifique :

● Les jus de légumes lactofermentés pour favoriser le bien-être intestinal.

● Les fruits secs en en-cas, dans les mueslis ou les préparations sucrées ou salées. Ils regorgent :

– De vitamines, et surtout de bêta-carotène indispensable à la beauté de la peau comme c’est le cas de l’abricot sec bio qui est garanti sans sulfites,

– De fibres, comme le pruneau qui en fournit 16g aux 100g et qui facilite l’élimination des toxines intestinales,

– D’antioxydants protecteurs, avec une mention spéciale pour les baies d’Aronia qui fournissent des quantités non négligeables d’anthocyanes et d’OPC,

– De potassium, notamment les bananes séchées qui non huilées, s’avèrent de précieux alliés (à raison d’une banane séchée maximum par jour) grâce à une teneur quasi record de potassium qui limite la rétention d’eau (1500 mg de potassium aux 100g).

 

● Les jus de fruits et de légumes. Par exemple, le jus de pruneaux contre la constipation et celui de carottes pour l’intégrité de la peau. Vous pouvez aussi donner quelques idées recettes mêlant des légumes et des fruits, à boire le matin, en remplacement d’une portion de fruits.

● Les citrons, en conseillant systématiquement un demi citron pressé dans de l’eau tiède ou à température ambiante tous les matins, à jeun, afin de rétablir l’équilibre acido-basique.

● Les terrines végétales et les tartinables de légumes.

 

Bannir les aliments transformés  du conventionnel

Glissez à vos clients qui ne font pas leurs courses uniquement chez vous, que les produits transformés de l’industrie agro-alimentaire du conventionnel renferment globalement trop d’additifs non naturels, des graisses saturées et parfois même hydrogénées, des sucres modifiés (sirop de glucose-fructose…) et du sel en grande quantité qui perturbent la digestion et les systèmes d’éliminations.

 

 

Pourquoi faire lever le pied sur les produits animaux ?

L’objectif durant ces quelques jours est de ne pas surcharger les organes émonctoires et de leur faciliter l’élimination des toxiques.

Pour cela, il est recommandé de limiter les protéines animales, sources de déchets azotés (acide urique), qui doivent obligatoirement être éliminés par les reins.

De plus, les apports animaux, et en particulier fromages et charcuteries, peuvent être des sources importantes d’acides gras saturés et de grosses protéines, difficilement digérables par tous, sans compter l’apport en sel qui favorise la rétention d’eau.

Pour remplacer une partie des protéines animales par des protéines d’origine végétale, plusieurs choix s’offrent à vos clients :

● Le soja sous toutes ses formes (protéines de soja déshydratées, tofu nature ou soyeux, aux herbes, fumé, saucisses ou burgers de soja, Steak ou hachés végétaux, tempeh, edamamé, yaourt de soja nature, soja cuisine…),

● Les légumes secs (lentilles corail, vertes, blondes, noires, haricots blancs, rouges, azukis, flageolets, pois chiches et pois cassés), qui fournissent également du potassium et des fibres.

● Les céréales semi-compètes ou complètes en grains (blé en grains, boulgour, épeautre, petit épeautre, blé Khorasan, millet, orge, riz, riz à risotto, flocons d’avoine ou d’autres céréales, farines de teff et de seigle).

● Les dérivés céréaliers complets : pains, pâtes sèches de blé ou de légumineuses…

● Les galettes de céréales à cuire, et pendant ces quelques jours de détox, orientez-les vers les versions exemptes de fromages, mais riches en légumes, aromates afin de contrebalancer l’acidification qu’elles engendrent.

● Le seitan,

● Le quinoa (jaune ou rouge) qui fait partie de la famille des chénopodiacées et non des céréales et qui possède un pouvoir alcalinisant à l’inverse des céréales,

● L’amarante,

● Le sarrasin et le kasha,

● Les oléagineux en version non salées.

Si ce régime s’effectue sur quelques jours, il n’est pas utile de systématiquement apporter tous les acides aminés indispensables dans un seul repas. Ainsi, vos clients ne sont pas obligés de faire cuire et de manger automatiquement au même repas des céréales et des légumes secs, comme cela est souvent recommandé.

 

Ce que vous pouvez mettre en avant :

1- Les oléagineux (en vrac ou en sachets) et les purées d’oléagineux à tartiner (en remplacement du beurre) en argumentant avec les conseils suivants :

● Les plus riches en potassium (contre la rétention d’eau) : amandes, noisettes, pistaches ;

● Les plus alcalinisants : noisettes, noix de macadamia ;

● Les plus riches en antioxydants (avec un indice ORAC plus élevé) : noisettes, noix de Grenoble et noix de pécan ;

● Les plus riches en fibres (pour un meilleur transit) : amandes, pistaches, noix de pécan et noix de macadamia.

2- Les huiles bio première pression à froid, pour leurs précieux acides gras, essentiels à l’intégrité de la peau et pour certaines, leur teneur en vitamine E, la vitamine liposoluble la plus importante pour cet organe.

 

Les graines de tournesol affichent aussi une bonne teneur en vitamine E (32mg/100g). Elles peuvent facilement être incorporées dans le pain maison ou les salades, tout comme le germe de blé qui sera saupoudré midi et soir, même si sa teneur en cette précieuse vitamine est deux fois moindre.
En remplacement de la crème fraîche, vous pouvez également recommander les versions végétales : Soja cuisine, riz ou encore avoine.

 

Opter pour des cuissons douces

Afin de préserver au mieux toutes les qualités nutritionnelles des aliments végétaux et pour faciliter la digestion, il est toujours recommandé de miser sur des cuissons douces, à basse température et basse pression. Ainsi, exit l’autocuiseur, les grillades, les fritures et les cuissons au four à haute température ! Peu de cuisson ou une cuisson douce type vapeur, à l’étouffée, pochée ou en papillote sera toujours préférable afin de ne pas donner naissance à des composés toxiques comme les produits de glycation avancés appelés aussi AGE.

Ces derniers se forment en effet lorsque des sucres réagissent avec des protéines : c’est la fameuse réaction de Maillard, à l’origine du brunissement de la croûte du pain par exemple. Les gros pourvoyeurs d’AGE sont les aliments d’origine animale, surtout lorsqu’ils sont chauffés. Ils accélèrent le vieillissement car ils sont pro-oxydants, pro-inflammatoires et augmentent le risque de diabète.

Ils sont généralement éliminés par les urines ou si ce n’est pas le cas, accumulés dans les cellules. Les contenants jouent aussi un rôle et il est toujours conseillé de limiter l’utilisation de plastiques pouvant renfermer des polluants susceptibles d’engendrer des troubles et des maladies.

 

Non au sel, oui aux épices et aromates pour donner du peps aux plats

Le sel, tout comme le sucre, fait partie des ennemis N°1 à limiter durant cette période et d’ailleurs tout le reste de l’année. Il favorise la rigidification des artères et donc participe à l’augmentation de la tension artérielle, mais également retient l’eau et provoque ainsi des sensations très désagréables de gonflements des tissus.

Malgré une idée reçue, le sel de table n’est pas le vecteur le plus important de sodium. En effet, devant lui, les plus gros pourvoyeurs qui seront à limiter en cette période sont :

● le pain (même si en bio, les pains au levain sont légèrement moins salés que les pains fermentés à base de levures du conventionnel),

● les bouillons de légumes, la sauce soja, la moutarde, les câpres,

● les olives en saumure,

● les sauces (type pesto),

● les soupes prêtes à consommer,

● les biscottes, gressins et autres produits de boulangerie…

Pour remplacer le sel de table pensez aux versions moins salées : gomasio, sels marins aux légumes, épices et herbes aromatiques et surtout aux aromates et épices fraîches ou sèches pour rehausser les plats et neutraliser l’acidose chronique.

De l’eau sous toutes ses formes

Durant cette période, vous devez également conseiller une bonne hydratation afin de favoriser l’élimination des toxines hydrosolubles. La quantité à consommer par jour sera en fonction du poids, de la masse musculaire, de l’activité physique et de la température extérieure.

Il faudra miser sur :

● L’eau (du robinet, filtrée, en bouteille peu minéralisée sinon on augmente la charge de travail des reins).

● Les boissons chaudes, de type tisanes, que nous verrons plus en détails dans les pages suivantes.

● Le thé vert biologique qui est non seulement un moyen d’apporter de l’eau mais surtout qui augmente le métabolisme de base, améliore l’élimination de l’eau excédentaire et ainsi lutte contre la rétention d’eau et désinfiltre les tissus en profondeur.

● Les soupes 100 % légumes, chaudes ou froides.

● Les boissons végétales en remplacement du lait animal dans les préparations et dès le petit déjeuner dans le muesli ou le porridge.

● Les jus d’herbe d’orge ou d’herbe de blé qui sont de puissants détoxifiants naturels et alcalinisants.

Il est aussi conseillé de ne pas boire juste avant de passer à table car cela coupe certes l’appétit sur le moment mais risque d’entraîner une fringale dans les heures qui suivent, ce qui peut entraîner des grignotages intempestifs.
L’alcool sera bien évidemment proscrit durant cette période afin de ne pas perturber le foie dans ses phases de détoxication.

Proposer un jeûne d’une ou deux journées, une bonne idée ?

Selon certaines recherches, le jeûne permet d’utiliser les graisses préférentiellement au glucose, ce qui diminue le nombre de cellules graisseuses. De plus, il augmente l’hormone de croissance (GH) qui préserve la masse musculaire et régule la glycémie, tout en puisant dans les réserves de graisses pour fournir de l’énergie.

Il semble donc très efficace lors de cette période, si aucune contre-indication médicale n’est décelée, pour favoriser l’évacuation des déchets, des toxines et des cellules vieillissantes.

Toutefois, si le jeûne complet pendant quelques jours convient à certaines personnes en cette période printanière, il ne peut se proposer à tous vos clients pour de multiples raisons (familiales, professionnelles, médicales…).
Ainsi, le régime 100 % végétalien et frugal que nous vous proposons représente une alternative douce au jeûne.

Une bonne oxygénation pour mieux éliminer

En parallèle d’une alimentation antitoxines, recommandez la pratique d’une activité physique plaisante (marche, natation, footing, cyclisme…), au minimum 30 minutes par jour et axez sur des séances de respirations profondes afin de bien éliminer les toxines volatiles par les poumons.
 

Et après ? La réintroduction progressive des aliments d’origine animale

Ces quelques jours 100 % végétaliens effectués, vos clients pourront réintroduire progressivement les aliments d’origine animale, selon un certain ordre.
Ainsi, les deux ou trois premiers jours, ils pourront réintroduire les produits de la mer : poissons, coquillages et crustacés (frais, surgelés ou en conserves).
Les deux ou trois jours suivants, ce sera au tour des laitages animaux en privilégiant toujours les moins gras et les moins salés, de chèvre, de brebis et ensuite de vache.

Viendront ensuite les œufs et les morceaux de viandes blanches ou rouges les moins grasses (escalope de dinde ou poulet, cuisse de dinde sans la peau, lapin, escalope de veau, filet mignon de porc, faux-filet de boeuf).