NUMERO : Jan-Fev 2014

Épices bio : des garanties qualitatives éthiques et bio du sol à la table

Matières premières sous haute surveillance

La quasi-totalité des épices biologiques proviennent de pays d’importation dit « pays tiers » comme la Turquie, Madagascar, l’Inde, l’Ouganda, le Cameroun, le Vietnam, l’Iran, ou de pays européens comme la France, l’Italie, la Hongrie pour la coriandre ou le safran par exemple. Quelque soit la localisation du pays, la réglementation bio doit donc s’appliquer et apporter les mêmes garanties. Toutefois, les conditions diffèrent selon les produits et l’organisation de la production. En effet, certaines épices sont cultivées, d’autres sont issues de cueillettes sauvages ou semi-sauvages. Rappelons que, comme pour le tilleul sauvage cueillie en France, une épice sauvage cueillie par exemple à Madagascar aura les mêmes exigences réglementaires bio : l’activité de cueillette est réglementée en bio. Les producteurs engagés en agriculture biologique qui font appel à des cueilleurs de végétaux devront inventorier et localiser géographiquement les sites de collectes (via des coordonnées GPS par exemple). Chaque cueilleur ou organisation de producteurs devront tenir à disposition du contrôleur un cahier de cueillette indiquant les espèces et quantités récoltées, les sites et dates de récoltes.

 

Priorité aux petits producteurs

La filière des épices mobilisent de nombreux petits producteurs à travers le monde qui doivent faire face à la dépendance vis-à-vis des intermédiaires. Signalons que deux sociétés multinationales détiennent la majorité du marché des épices. Même s’il s’agit de produits bruts, peu transformés, les producteurs sont dépendants des intermédiaires et exportateurs pour pouvoir vendre leur marchandise. Le plus souvent isolés en bout de chaîne, les producteurs n’ont pas d’autre choix que d’accepter le prix proposé par l’acheteur local. Ils n’ont pas les contacts nécessaires pour négocier les prix et choisir leur acheteur.

C’est pourquoi, comme pour beaucoup de produits exotiques (cacao, café, coton…) des filières équitables ont été mise en place par les fournisseurs d’épices bio.

Bio Equitable et Max Havelaar ont élaboré des partenariats avec des coopératives de producteurs ou de petites sociétés familiales.

Les objectifs sont multiples :

● prix minimum garanti d’achat (engagement sur 3 ans)

● amélioration des conditions de travail (mise en place de contrats de travail…)

● préfinancement des récoltes, primes de développement

● rénovation d’infrastructures (école, clinique…)

● mise en place de critères environnementaux (incitation à la conversion à l’agriculture biologique)

 

Des procédés de conservation et de transformation qui préservent la qualité

L’absence de traitements chimiques sur les cultures bio n’est pas le seul gage de qualité pour les épices bio. En effet, elles doivent être « traitées » avec beaucoup de précautions pour préserver toutes leurs propriétés nutritionnelles et gustatives.