NUMERO : N° 68 – Novembre décembre 2016

Focus sur la stévia

La Stevia rebaudiana est un arbuste feuillu originaire du Paraguay et du Brésil, utilisé par les tribus indigènes (spécialement les Guarani) pour sucrer les aliments jusqu’à l’arrivée des colonisateurs espagnols. Dès 1915, Kobert met en évidence la présence d’une saponine ayant un pouvoir édulcorant dans les feuilles de la stévia : un diterpène glycoside, isolé vers 1930 par deux chimistes français, Bridel et Lavielle  : le stévioside. Il est qualifié d’être 250 fois plus sucrant que le sucre. Séchée, la feuille présente un goût caractéristique de réglisse bien qu’elle n’en contienne pas. Des tests de sécurité d’utilisation ont été effectués pour prouver son innocuité (Hiroshima University Dentistry Rapporte – 1977), et que la stévia n’est pas une source nutritive pour les bactéries buccales et possède même des propriétés supprimant le développement des caries dentaires et enfin possèderait des éléments actifs contre les infections.

Qualités alimentaires et vertus thérapeutiques :

  • Au Paraguay, à l’Université Nationale de Pharmacologie, les recherches semblent démontrer que la consommation de stévia ne provoque aucune intolérance ni toxicité chez les diabétiques, mais au contraire apporte à ces malades un bien-être inconnu jusqu’alors dans leur maladie (Medical Review of Paraguay, 1966). D’autres travaux de médecins paraguayens affirment que la stévia présente un bénéfice aux personnes souffrant d’hypoglycémie, sans aucun signe d’intolérance. La stévia est également utilisée au Paraguay comme contraceptif.
  •  Le stéviol (substance active) est faiblement anti-hormonal, ce qui limite l’utilisation de la stévia comme édulcorant.
  • Faiblement calorique (350 calories pour 100g), elle est stable jusqu’à 200°C (392°F) et convient aux régimes amaigrissants.
  • Elle favorise les populations des bonnes bactéries dans l’intestin.

États et troubles de santé pouvant en bénéficier

  • fatigue physique et vitalité mentale diminuée,
  • fonctions gastro-intestinales paresseuses,
  • excès de poids,
  • fonction cardiaque déficiente, hypertension.

Utilisations

  • Pour sucrer les cornichons, les fruits de mer séchés, la viande, le poisson, les sauces soya, les boissons gazeuses, les jus de fruits, les crèmes glacées, les gommes à mâcher.
  • La France a autorisé la stévia comme édulcorant seulement depuis janvier 2010.
  • Selon certains chercheurs, l’index glycémique de la stévia est situé vers 50/55. D’autres, lors de recherches récentes, indiquent un I.G. de 20. Michel Montignac la classe parmi les édulcorants naturels ayant peu d’effet sur le niveau de la glycémie car présentant un IG pratiquement nul !…
  • Appliquée en masque avec de l’argile et de l’eau, elle permet un nettoyage du visage en profondeur.   

Modes de consommation :

  • Utiliser de préférence la poudre verte issue de la pulvérisation des feuilles séchées plutôt que l’extrait présenté sous forme de poudre blanche.
  • On peut se baser sur ces équivalences pour remplacer le sucre dans toutes les recettes. 2 g d’extrait de stévia suffisent pour sucrer 30 tasses de café.

    Équivalence stévia séchées/ sucre :

    1/8 de cuillerée à café

    1 c. à c. de sucre (blanc)

    3/8 de cuillerée à café

    1 c. à s. de sucre

    1 1/2 de cuillerée à café

    1/4 de tasse de sucre

    1 cuillerée à soupe

    1/2 tasse de sucre

    2 cuillerées à soupe

    1 tasse de sucre

Pour certains chercheurs, la stévia est à éviter chez les personnes allergiques aux Astéracées (marguerite, pissenlit, chrysanthème).

Pourtant, la partie de la plante utilisée est la feuille (et non la fleur), ce qui, virtuellement, annule le risque d’allergie.

En 1968, après la découverte de l’aspartame, la stévia a été accusée d’affecter la fécondité et de diminuer la fertilité…

Suite aux critiques documentées et énoncées contre les édulcorants chimiques, les géants du « né-fast(e)-food » présentent maintenant des études qui confirment l’inocuité de la stévia, afin de l’introduire comme alternative dans des boissons qu’ils commercialisent… et font pression pour… faire approuver l’utilisation de la stévia et de ses dérivés !

De dangereuse quand elle gênait leurs intérêts, elle devient sécuritaire alors qu’ils s’apprêtent à s’en accaparer.

Une fois de plus, les intérêts mercantiles prévalent sur la science et l’intérêt public…

Ni les peuples guaranis, ni les états du Paraguay ou du Brésil n’ont donné leur accord sur l’utilisation de la stévia ou des glycosides de stéviol obtenus à partir de la plante et ne bénéficient de quelconques bénéfices engendrés par l’utilisation de ces ressources. Un cas de « biopiraterie » qui viole la convention des ressources génétiques et des savoirs traditionnels !

Suite du dossier : Autres substances et édulcorants

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