NUMERO : Mars-Avril 2014

HUILERIE BIO PLANÈTE : partager la qualité et le savoir

 

30 ans de compétence

2014 est pour Bio Planète l’année du 30e anniversaire de la fondation de l’entreprise installée aux portes de Bram, petite cité de l’Aude au bord du Canal du Midi. Mais là où d’autres mettraient en avant un « âge de maturité », Judith Moog, dirigeante de la société aux côtés de son associé Jérôme Stremler, reste au contraire modeste : « 30 ans, c’est encore jeune. Mais c’est un excellent moment dans l’histoire de Bio Planète, car nous nous sentons bien. Nous avons maintenant la taille suffisante pour bien nous développer, pour innover, pour mieux faire connaître l’intérêt des acides gras oméga en nutrition »… La modestie est la force des managers qui savent apprendre et progresser.

Une volonté de s’améliorer en permanence qui transparaît bien quand Judith Moog continue : « Dans sa simplicité apparente, une huile est un produit complexe, qu’il faut donc bien maîtriser. Et comme nous voulons être les meilleurs dans notre domaine, cela nous oblige à nous concentrer sur ce que nous faisons, en restant toujours humbles, conscients que chaque jour qui passe est une occasion de s’améliorer encore plus. Se concentrer sur ce que nous faisons, cela signifie ne travailler que les huiles ».

 

La compétence de l’entreprise remonte à son engagement de départ, lorsqu’en 1983, Franz Moog, le père de Judith malheureusement décédé 6 ans plus tard, s’est implanté à Bram pour cultiver du tournesol biologique, une forme d’agriculture qui était pour lui la seule voie. Dès l’année suivante, il acheta un local et une petite presse pour produire des huiles bio, qui rapidement atteignirent une belle notoriété, au point de devenir une référence en Allemagne, pays exigeant en la matière s’il en est. Mais si l’export représente aujourd’hui une part essentielle de l’activité (70 %), Bio Planète est aussi bien implanté en France, d’une part avec sa présence exclusive dans les magasins bio, et d’autre part par son ancrage dans l’économie locale.

 

 

Du bio exclusivement, et avec des engagements durables

« Je vis moi-même sur notre exploitation agricole bio explique Mme Moog. J’ai donc déjà un lien direct avec l’agriculture bio, et je ne peux avoir que beaucoup de respect pour nos fournisseurs, avec qui nous échangeons dans le cadre d’un véritable dialogue ouvert. La qualité finale de nos produits passe entre autres par cette volonté de bien connaître les fournisseurs, que nous choisissons dans l’optique de travailler longtemps avec eux. Nous travaillons ainsi depuis parfois plus de 20 ans avec des coopératives, comme la CORAB (Coopérative régionale d’agriculture biologique, en Charente-Maritime). Nous établissons avec ces fournisseurs de véritables plans de développement. Et si jamais un souci se présente avec l’un d’entre eux, nos l’accompagnons, nous faisons des audits, pour

 

voir si tout va bien ou s’il y a effectivement des efforts à faire ».

 

Construire des filières, les sécuriser, être un « vrai partenaire », et surtout « ne pas acheter n’importe quoi à n’importe qui », en sélectionnant le bon produit chez le bon fournisseur, et en privilégiant autant que possible le développement local. Ce sont quelques-unes des préoccupations permanentes chez Bio Planète : « Pour trouver nos approvisionnements, nous cherchons ‘en escargot’, c’est-à-dire d’abord au plus près, puis nous regardons progressivement autour de nous en nous éloignant peu à peu ». Sans oublier bien sûr, un engagement fort pour des relations Nord-Sud équitables, avec pour résultat l’huile de sésame du Burkina Faso, l’huile d’avocat du Kenya, l’huile d’olive de Tunisie, toutes trois certifiées Ecocert Equitable, pour ne citer que trois exemples parmi d’autres.

 

 

 

 

« Le respect de l’homme et de la nature fait partie de nos fondamentaux depuis nos origines. Cela commence aussi chez nous dans l’entreprise, avec la prise en considération des aspects sociaux et des temps de travail aménagés. Notre qualité commence aussi par la bonne ambiance qui règne chez nous, ce qui crée une vraie dynamique ».

 

 

Rigueur et compétence en huile

 

« Nous ‘vivons’ vraiment une amélioration permanente, pour toujours mieux connaître et comprendre les huiles, poursuit Judith Moog. La qualité est déjà dans la graine, mais il y a ensuite tout ce qui se passe en aval. Il n’y a pas un lot qui n’a pas été analysé plusieurs fois, et nous nous intéressons bien sûr aussi bien aux paramètres physico-chimiques qu’à la qualité gustative, tout cela en nous appuyant sur notre équipe assurance et contrôle qualité : 5 personnes ». Une qualité qui est d’ailleurs aussi gérée de façon « intelligente » : si, d’aventure, un lot n’est pas conforme, par exemple sur le plan des pesticides, Bio Planète aide le fournisseur à savoir d’où provient le problème. Autre exemple : si par hasard l’indice d’acide est parfois trop élevé, ce qui n’est pas souhaité pour une huile de table, l’huile peut néanmoins être désodorisée et utilisée par des fabricants de sauces, mayonnaises ou de chips bio, avec un préjudice moindre pour le fournisseur de graines.

 

Judith Moog ajoute : « Actuellement, un des plus grands challenges de notre métier est de marier partenariats équitables, goût et qualité. Pour cela, nous adaptons continuellement notre outil de production, formons du personnel et mettons en place tous les contrôles nécessaires ».

 

 

La modernité par l’innovation

Il apparaît que, mises dans les mains expertes d’une entreprise dynamique comme Bio Planète, les huiles peuvent être des produits modernes et innovants. C’est ainsi le cas avec la gamme Oméga Color (Oméga Orange, Oméga Green, Oméga Blue), des préparations à base d’huile de lin et d’autres huiles, entre autres. Explications : « Nous sommes partis du concept de la crème Budwig, ce petit-déjeuner santé bien connu mis au point par le Dr Kousmine. Le problème est que sa présentation et son goût ne conviennent pas à tout le monde. Tout en restant sur ce concept, nous avons amélioré le goût et facilité l’emploi, en en faisant une huile des plus novatrices : pour la version Orange, pour ne citer qu’elle, de l’huile de lin donc, ainsi que de l’huile essentielle d’orange pour le goût, de l’huile de pépins de grenade – riche en acide punicique, un puissant anti- oxydant – et, entre autres, du pollen de fleurs, riche en oligo-éléments. Les trois huiles de cette gamme, développées sur la même idée, ont toutes des propriétés différentes, et nous avons mis au point une série de recettes pour aider à les utiliser ».

L’huile de lin employée est ellemême le fruit de l’innovation : « Nous avons développé, après plusieurs années d’études, un procédé unique de filtration sur matrice, dite filtration 3D, procédé réellement original, validé par Ecocert, qui élimine l‘amertume typique de cette l’huile de lin si extraordinaire pour la santé, ce qui permet de l’employer plus aisément ». Une innovation qui est une des illustrations du binôme à la tête de la PME, une de ses forces : Judith Moog pour le marketing et le commercial, et Jérôme Stremler pour la mise en oeuvre et la production : « Nous sommes très différents et donc parfaitement complémentaires,

 

ayant chacun notre domaine », se réjouit Mme Moog.

 

Une chaîne de compétences jusqu’au magasin

 

Le savoir-faire ainsi construit imprègne l’ensemble de la chaîne jusqu’aux magasins, en passant bien sûr par les commerciaux. Ceux-ci sont formés régulièrement sur les nouveaux produits, la science des acides gras, et ils connaissent ainsi les produits sur le bout des doigts. « Les huiles, c’est vraiment une histoire fantastique avec un vrai ‘plus’ produit, mais il faut pouvoir faire passer le message. En sachant par exemple expliquer qu’une huile raffinée n’est plus un produit vivant, mais juste un mélange d’acides gras. Notre vocation, notre passion, c’est d’apprendre aux autres, de donner les informations pour faire le bon choix, pour qu’en magasin on sache quelle huile proposer au client. Nous avons ainsi développé une grande variété d’outils d’information ».

 

Parmi ceux-ci, on peut citer les brochures consommateurs, pour tout connaître sur la provenance des huiles, leur qualité et leur utilisation : « Nous ne faisons pas de la publicité, nous faisons de l’information » dit fièrement Mme Moog. Ce qui passe aussi par des idées de recettes, à découvrir entre autres sur le site Internet de la marque. Un grand nombre d’entre elles sont d’ailleurs végétariennes, comme – au hasard – le délicieux carpaccio de betterave rouge à l’huile de chanvre.

 

 

Les magasins bio, partenaires exclusifs de Bio Planète, ne sont pas oubliés. Le but est de montrer qu’il est facile d’expliquer les bénéfices et les usages spécifiques des huiles, dès lors que l’on sait de quoi on parle. D’où des séminaires sur les acides gras, sur les façons de faire déguster ou de réaliser une mise en scène qui donne envie, etc. : « Nous proposons une vraie formation pour permettre de se sentir réellement conseiller en la matière et faire des huiles des produits réellement modernes ». Et Judith Moog de conclure : « D’un bout à l’autre, nous voulons être fiers de nos produits. Si ma signature se trouve sur chacune de nos bouteilles, c’est autre chose qu’une image commerciale : c’est un engagement personnel fort ».