NUMERO : Novembre-décembre 2015

La N-Acétylcystéine… contre les maux d’hiver et la gueule de bois !

Qu’est-ce que la NAC ?

La N-acétylcystéine, plus communément appelé NAC ou seulement acétylcystéine, est un dérivé de l’acide aminé soufré L-cystéine. Couramment employée en pneumologie, en ophtalmologie et en toxicologie, cette substance mérite toute sa place dans la parapharmacie familiale, à la place des médicaments qui en comportent et qui regorgent d’additifs divers et douteux (saccharine sodique, arômes non naturels…).

Dans quels cas conseiller la NAC ?

Pour diminuer les sécrétions bronchiques

La NAC possède des propriétés mucolytiques, c’est à dire qu’elle fluidifie les sécrétions en particulier au niveau bronchique en cassant les ponts disulfures des glycoprotéines.

Elle favorise ainsi l’expectoration des mucosités. Elle s’avère donc utile en cas de bronchites hivernales, d’encombrements des voies respiratoires, de toux grasse et de nez bouché, à raison de 600 mg, deux ou trois fois par jour, répartis au moment des différents repas.

Selon une méta-analyse, sa prise quotidienne de 400 mg a même conduit à une réduction significative du nombre de bronchites chroniques, un plus faible pourcentage de jours de congés maladie et une baisse du taux d’hospitalisation. 1

Elle réduirait même le risque de ré-hospitalisation d’environ 30 % chez les personnes atteintes de BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive)2.

Pour limiter les syndromes grippaux hivernaux

Selon une étude italienne, réalisée pendant six mois sur 262 personnes de plus de 65 ans et souffrant de maladies chroniques, la prise de 600 mg de NAC, deux fois par jour, pourrait réduire significativement la fréquence, la gravité et la durée des épisodes de syndromes grippaux pendant l’hiver, avec une parfaite tolérance.3

En ophtalmologie, pour prévenir la cataracte sénile
La prise de NAC augmente les niveaux de L-Glutathion. C’est le principal antioxydant intra cellulaire de l’organisme capable de protéger les cellules et leurs composants contre le stress oxydatif.

Le glutathion est aussi indispensable au bon fonctionnement du cristallin puisqu’il stoppe ou répare les dommages cellulaires causés par les radicaux libres.

La prise de NAC, en augmentant les niveaux de L-glutathion, va donc diminuer l’oxydation des protéines du cristallin, responsable en partie de la cataracte.
n’hésitez pas dans ce cas à coupler les deux suppléments : L-glutathion (en sublingual si possible) et NAC à prendre avec les repas afin de limiter la progression de la cataracte.

Le conseil BIOLINEAIRES : n’hésitez pas dans ce cas à coupler les deux suppléments : L-glutathion (en sublingual si possible) et NAC à prendre avec les repas afin de limiter la progression de la cataracte.
 

En détoxication hépatique et pour limiter la « gueule de bois »

Comme elle augmente le taux de L-glutathion, la NAC soutient le système de détoxication hépatique et plus particulièrement vis à vis des toxines, toxiques (métaux lourds, paracétamol à hautes doses) et polluants (tabac, pesticides) en les rendant solubles et donc facilement éliminables par les voies naturelles.
La NAC, tout comme l’acide alpha-lipoïque, diminue également la toxicité de l’acétaldéhyde. Cette substance, issue de la dégradation de l’alcool serait 30 fois plus toxique que l’alcool lui-même (il favorise la production de radicaux libres, induit la glycation des protéines et fait chuter la production de glutathion).

Le conseil BIOLINEAIRES : faites prendre 600 à 1200 mg de NAC avant ou pendant le repas pour limiter les méfaits de l’alcool.

Autre point non négligeable, comme son nom l’indique, elle constitue aussi une source hautement biodisponible de cystéine, un acide aminé nécessaire à la croissance des cheveux et des ongles.
 

Combien en conseiller ?

Vous pouvez conseiller de 600 à 1800 mg par jour. Si possible ces dosages sont à répartir tout au long de la journée.
 

Quelles sont les contre-indications et les précautions ?

En cas de problèmes rénaux majeurs ou d’ulcères gastriques, ne la recommandez pas sur le long terme. Et en cas de supplémentation prolongée, vous devez conseiller en parallèle la prise de zinc et de cuivre.
 

1) V  Grandjean EM1, Berthet PH, Ruffmann R, Leuenberger P. Cost-effectiveness analysis of oral N-acetylcysteine as a preventive treatment in chronic bronchitis. Pharmacol Res. 2000 Jul;42(1):39-50.

2) Gerrits CM1, Herings RM, Leufkens HG, Lammers JW. N-acetylcysteine reduces the risk of re-hospitalisation among patients with chronic obstructive pulmonary disease. Eur Respir J. 2003 May;21(5):795-8.

3) De Flora S1, Grassi C, Carati L. Attenuation of influenza-like symptomatology and improvement of cell-mediated immunity with long-term N-acetylcysteine treatment. Eur Respir J. 1997 Jul;10(7):1535-41.