NUMERO : Mars-Avril 2015

Le maquillage des yeux


Même s’il y a des différences selon les pays, le mascara évoqué ci-dessus représenterait à lui tout seul 50 % du marché des produits pour les yeux.

Dans une étude publiée en 2012, 54 % des Européennes ont déclaré ne pas pouvoir se passer de mascara, contre 18 % seulement déclarant ne pas pouvoir se passer de fond de teint ! Depuis 3 ou 4 ans, ce maquillage des yeux voit une progression notable de ses ventes, mascara en tête, suivi des fards à paupières ou aussi des crayons à sourcils.

Au vu de la qualité réelle du maquillage bio actuel, cette famille de produits ne doit donc pas être négligée dans le circuit spécialisé.

 

À quoi sert le maquillage des yeux ?

Donner un style particulier aux yeux, leur apporter ou leur redonner éclat et intensité permet de révéler sa personnalité, de marquer les saisons et les évènements. Au-delà de la simple « mise en beauté », un maquillage des yeux adapté peut aussi avoir un rôle esthétique, en permettant de rectifier la forme des yeux lorsqu’on estime qu’ils sont trop petits ou trop ronds, tombants, etc. À l’instar du maquillage en général, il joue un rôle important dans l’image que l’on donne aux autres et dans l’estime de soi.
Si les techniques de maquillage des yeux sont innombrables (les quelques conseils que nous donnons ci-après ne sont qu’une variante parmi d’autres), depuis le look « nude » jusqu’aux « yeux de chat » en passant par les yeux « smokey », nécessitant parfois une expérience certaine, le maquillage de base est cependant facile à réaliser, en 3 ou 4 minutes à peine.

 

Terrain sensible… idéal pour le maquillage bio !

Le contour de l’œil est une zone de peau qui souffre encore plus d’être agressée et est le terrain d’entrée idéal de nombre de substances peu bénéfiques pour notre santé. Elle est en effet très sensible car la peau y est plus fine que sur le reste du visage (d’environ 30 %), elle est très pauvre en glandes sébacées et ne dispose donc pas de film hydrolipidique protecteur. Son réseau d’élastine et de collagène est moins dense, elle se dessèche rapidement et est ainsi plus sensible aux agressions de l’extérieur. Sans parler du fait qu’elle est très sollicitée par les mouvements des yeux et des paupières, et de la proximité des yeux eux-mêmes.

Rien d’étonnant donc à ce que nombre de femmes présentent des irritations ou des allergies lorsqu’elles utilisent un produit de maquillage pour les yeux. C’est en particulier le cas avec le mascara ou l’eyeliner, qui peuvent entrer directement en contact avec l’œil. Mais les fards à paupières, très chargés en pigments pour avoir une bonne couvrance, sont également à l’origine de fréquents désagréments, provoqués par des intolérances à nombre de pigments (synthétiques en particulier), par exemple ceux qui contiennent du nickel ou du chrome, par la présence de conservateurs, de parfums et de nombreuses autres substances chimiques. Parmi les conservateurs fréquemment mis en cause figure ainsi l’isothiazolinone, conservateur considéré étant actuellement comme l’allergène n°1 en cosmétique.

Dépourvus de produits synthétiques, souvent même sans parfums ni conservateurs, le maquillage bio pour les yeux est souvent la « bouée de sauvetage » de beaucoup de femmes, comme cela nous a été confirmé par des esthéticiennes utilisant exclusivement du maquillage certifié. Sans oublier que les bases utilisées dans ces produits, huiles végétales par exemple, participent à nourrir et à entretenir naturellement le contour de l’œil. Des arguments à ne pas oublier…

 

Impératif : une bonne préparation et une palette de produits au rôle bien défini

Un bon maquillage des yeux commence par une préparation adéquate, à savoir un démaquillage avec un produit adapté, non irritant. En bio, on trouve ainsi des huiles démaquillantes, à base principalement d’huiles végétales, qui font très bien le travail qu’on leur demande, sans être agressives comme le sont certains démaquillants conventionnels. Ce démaquillage est obligatoire avant le coucher, de même qu’un soin contour des yeux pour la nuit voire un masque de temps à autre. Bien hydraté, le contour de l’œil sera plus apte à accueillir le maquillage. A ne pas oublier non plus, pour des yeux en beauté, si nécessaire d’une part une épilation des cils et d’autre part un massage (éventuellement associé à un produit ad hoc) pour éliminer les poches.

Avant le maquillage proprement dit, on peut avoir besoin d’un anti-cernes (sous forme liquide ou compacte), à étaler au pinceau, à l’applicateur ou au doigt. Il se choisit  toujours dans un ton plus clair que la teinte naturelle de la peau.

Un maquillage des yeux réussi oblige par ailleurs à avoir, outre 2 ou 3 pinceaux adaptés (un investissement mineur), les quelques produits suivants : une palette de fards à paupières en 2 ou mieux 3 teintes (fards dits « duo » ou « trio »), un crayon contour des yeux noir ou marron pour souligner les yeux et du mascara. Le cas échéant, on complètera avec de l’eyeliner ou un crayon khôl (plus gras que le crayon contour des yeux).

Le choix de la bonne couleur pour le fard à paupières

En matière de coloris, tout est globalement permis, à condition de rester en harmonie avec la couleur des yeux, avec le reste du maquillage et le cas échéant avec la couleur des cheveux et celle des vêtements. Il est facile d’apprendre. Dans tous les cas, même avec des maquillages très marqués, cela doit rester naturel, sous peine de ressembler à un « camion volé ».

À chaque couleur des yeux doit correspondre une teinte de fard à paupières, soit en harmonie directe, soit avec un contraste complémentaire. Les yeux noisette sont le cas idéal, car toutes les couleurs leur vont, avec néanmoins une harmonie plus élégante dans les tons orangé, brun doré, gris bleu, vert kaki… Les yeux bleus accepteront facilement les tons roses, qui souligneront le bleu de l’iris, mais aussi le gris-bleu, le marron, l’orangé ou l’abricot ainsi que le doré, le prune et certaines nuances de rouge.

Pour les yeux verts, le vert lui-même est à éviter : on privilégiera le rose en différentes nuances, le bordeaux, marron, rouge, prune, mauve, etc. Et quand on a les yeux marrons à noirs, une large palette de couleurs est possible, du perle au bleu en passant par le taupe, le kaki ou le mauve… en fait quasiment tout.

Avant de se lancer soi-même dans le choix de la teinte, pour éviter tout impair, on ira voir, une fois pour toutes, une esthéticienne-visagiste qui aidera à ce choix.

 

Les étapes pas à pas : fard à paupières et crayon

Se maquiller les yeux ne prend en fait que quelques minutes. Nous prenons ici le cas d’un maquillage de jour passe-partout. On utilise tout d’abord, comme base pour optimiser la tenue du fard, la teinte la plus claire de la palette choisie en harmonie avec ses yeux et son teint. On l’applique généreusement sur toute la paupière supérieure.

Le meilleur outil est un applicateur en mousse, qui permet d’étaler uniformément, complété par un pinceau en poils naturels pour bien ombrer et le doigt pour estomper. Si on applique directement au pinceau, il faut le charger généreusement en enlevant ensuite l’excédent en tapotant sur le dos de la main. On peut utiliser une teinte un peu irisée pour illuminer le regard. Si on a choisi un fard « trio », ce qui est idéal, on applique ensuite la couleur intermédiaire au pinceau, au minimum sur la moitié externe de la paupière supérieure en fonction de l’effet recherché, ou sur l’ensemble, en montant bien jusqu’en dessous du sourcil et en étirant vers l’extérieur.

Si on a des petites paupières, on peut appliquer au pinceau une teinte un peu plus sombre dans le pli situé juste au-dessus de la paupière supérieure. Pour illuminer/agrandir le regard, on peut également appliquer un peu de fard à paupières blanc juste sous le sourcil.

On applique ensuite un trait de crayon contour des yeux à la racine des cils – du coin externe de l’œil vers le coin interne – en commençant toujours par la paupière supérieure, puis en passant à la paupière inférieure mais en s’arrêtant environ aux 2/3. Plus on approche du coin interne de l’œil, plus le trait doit être fin et léger.

Si le trait n’est pas trop précis, ce n’est pas grave, car on peut repasser directement sur le trait de crayon, avec un pinceau biseauté, avec la teinte de fard la plus foncée. On applique enfin cette troisième teinte la plus foncée au niveau du coin externe de l’œil, sans jamais en mettre en dessous de celui-ci, car sinon cela donne un « regard tombant ».

Enfin, on estompe au pinceau les deux dernières teintes déposées sur l’ensemble de la paupière supérieure, pour qu’elles se fondent l’une dans l’autre.

 

Mascara, eyeliner et khôl

Le mascara sera une belle finition : il donne du volume, sépare et allonge les cils. En fonction de l’aspect naturel de ceux-ci, on choisira un mascara volumateur, allongeant, etc. qui se différencient par leur formule et leur brosse. Avant de l’appliquer, il est essentiel de bien enlever l’excédent de produit sur la brosse quand on la sort du tube, pour éviter de faire des paquets sur les cils. Il est impératif de faire à la fois les cils supérieurs et inférieurs, sinon le regard sera déséquilibré, en commençant toujours l’application par le côté externe du cil et par les cils supérieurs, en étirant lentement mais d’un seul geste le produit de la racine jusqu’à la pointe des cils.

L’eyeliner est plutôt conseillé pour un maquillage du soir ou pour des occasions particulièrement « festives », car il donne un regard encore plus soutenu. Il permet également de modifier la forme des yeux. Il peut se présenter sous forme liquide, dans un flacon avec un pinceau fin, ou en crayon, qui doit être toujours bien taillé mais qui reste néanmoins plus facile à manier que le liquide. Quand on utilise l’eyeliner, il faut l’appliquer avant le mascara et après le fard à paupières.

On commence par le coin interne de l’œil, en appliquant d’abord des pointillés au ras de la racine des cils, le plus près possible de celle-ci, jusqu’au coin externe. On relie ensuite ces pointillés avec la pointe du pinceau. A noter que l’eye-liner liquide ne s’applique que sur le bord des cils supérieurs : pour les cils inférieurs il faut utiliser le crayon.

Mentionnons enfin le vrai khôl traditionnel, produit élaboré à base d’ingrédients naturels, généralement présenté sous forme d’un crayon gras, qui permet lui aussi de souligner le regard de façon intense. Il s’utilise comme un eyeliner, permettant également de jouer entre autres sur la forme de l’œil, mais présente à la fois l’avantage d’être plus facile à appliquer que l’eyeliner liquide et d’être plus résistant à l’eau.

Son effet est de plus tel qu’on peut se passer de mascara pour intensifier le regard. Il est souvent disponible dans de très nombreuses couleurs, surtout dans la gamme des khôls ayurvédiques traditionnels.

N’hésitez pas à consulter les sites Internet des nombreuses marques de maquillage bio : beaucoup proposent des tutoriels en vidéo qui permettent de faire facilement un « sans faute » pour le maquillage des yeux et de bien conseiller les clientes.