NUMERO : Septembre – Octobre 2015

Le marché de la cosmétique bio en 2015 : un bilan

Une évolution certaine mais moins fulgurante qu’annoncée

En mars 2005, une simple émission de télévision provoquait comme on le sait un changement majeur du marché de la cosmétique naturelle et bio, qui s’est retrouvée sous les feux de l’actualité. Comme souvent évoqué dans ces pages, et comme il fallait s’y attendre, les « experts » et autres « analystes » qui avaient alors annoncé « 30 % de part de marché pour la cosmétique bio à l’horizon 2010 » – échéance à chaque fois repoussée avant d’être finalement oubliée – se sont largement trompés. La part de marché de la cosmétique certifiée tourne en effet autour de 3 %. Est-ce un constat d’échec ? Qu’en est-il vraiment 10 ans après cette fameuse émission ?

Pour Betty Santonnat, Directrice du Développement de COSMEBIO qui regroupe l’essentiel des acteurs du marché français, « En 10 ans, le marché des cosmétiques bio a fortement évolué. Du point de vue des marques certes, mais également du consommateur. De 50 marques en 2005, nous sommes passés à 450 aujourd’hui avec plus de 9.000 produits labellisés. Du côté du consommateur, ce sont les motivations d’achat qui ont changé. L’acte d’achat ne se résume plus à une simple chasse aux ingrédients chimiques. Les nouveaux consommateurs adhèrent aux valeurs de notre secteur, qu’il s’agisse d’altruisme de leur part ou d’une simple volonté de refléter un style de vie sain et naturel ».

 

Une bonne année 2014

Si après l’explosion des ventes de 2005 à 2007 le marché français s’était tassé, les 7,6 % de progression pour 2014 ont de quoi satisfaire, surtout si on compare à la cosmétique conventionnelle, à la croissance quasiment nulle (voir notre page Actualité professionnelle cosmétique p 163).

 

La part effective des marques françaises sur ce marché est très difficile à estimer. COSMEBIO annonce que ses adhérents en détiennent 70 % soit environ 300 millions d’euros (ces chiffres sont bien entendu les CA HT des entreprises concernées, et non en prix publics TTC). Plus de 120 millions seraient ainsi réalisés par les marques non adhérentes à COSMEBIO, ce qui rejoint les estimations de Bio Linéaires.

Car il ne faut pas oublier les marques françaises certifiées par Ecocert ou Qualité France, au CA non négligeable. mais qui ne font pas partie de l’association, comme Absolution, Avril Beauté ou Une Natural Beauty (Bourjois).

Autres marques françaises à ne pas oublier, celles certifiées Nature & Progrès : si la majorité d’entre elles sont des TPE, une entreprise comme les Laboratoires Gravier réalise de son côté plusieurs millions d’euros de CA.

Parmi les autres acteurs majeurs figurent bien sûr les marques « historiques » germano-helvètes, en général certifiées BDIH et/ou NaTrue, à savoir Dr Hauschka, Lavera, Logona, Santé Naturkosmetik, Weleda ou encore Annemarie Börlind. Leur CA total représente plusieurs dizaines de millions d’euros. Des dizaines d’autres marques, venant parfois de très loin (Australie, Espagne, Etats-Unis, Inde, Italie, Lettonie, Suisse…), on aussi posé le pied dans l’Hexagone, dans tous les circuits, certifiées aussi par le BDIH et/ou NaTrue, par ICEA, USDA, Swisscos ou les nombreuses filiales d’Ecocert à l’étranger. D’où la difficulté à estimer de façon précise la valeur du marché, sans parler de ces innombrables «  petites marques » importées directement par des boutiques en ligne.
 

Évolution de l’offre

Concernant l’offre produits, en se basant sur les données de COSMEBIO, les seules précises, on se rend compte que les produits visage, corps ou capillaires ne connaissent pas de grand changement. Mais l’offre en maquillage a doublé en 2 ans (voir tableau).

 

Les circuits

Toujours en se basant sur les données issues des adhérents de COSMEBIO ces 3 dernières années, le seul circuit qui non seulement maintient son rang (premier en l’occurrence) mais progresse légèrement, ce sont les magasins bio. En institut, la bio ne perce visiblement pas, reculant même légèrement. Et c’est en GMS que le recul est le plus flagrant.

Mais la place du bio y a été prise par le « pseudo naturel », contre lequel le circuit sélectif et la cosmétique certifiée doit continuer à se battre.