NUMERO : sept-oct 2013

Le trèfle rouge… une alternative aux isoflavones de soja

L e trèfle rouge (Trifolium pratense), encore nommé trèfle des prés, est une plante vivace de la famille des légumineuses qui fleurit dans les prairies de mai à septembre. Originaire d’Europe et d’Asie, elle s’est acclimatée à l’Amérique du nord et à l’Australie où elle y est désormais abondamment cultivée, notamment parce qu’elle sert de plante de pâturage et de fourrage pour les animaux d’élevage et parce qu’elle possède une forte capacité à fixer l’azote atmosphérique dans le sol, ce qui constitue un atout majeur en agriculture. Riche en glucosides phénoliques, flavonoïdes, salycilates, coumarines et minéraux, elle est traditionnellement utilisée en Asie et en occident, aussi bien en usage interne qu’en externe pour :

● ses propriétés expectorantes et donc son utilité en cas de bronchite,

● ses capacités à traiter la toux et

● son efficacité pour soulager l’eczéma, le psoriasis et toutes autres démangeaisons cutanées.

 

Contre certains symptômes de la ménopause

Le trèfle rouge, tout comme le soja, contient des phytoestrogènes, et est la seule plante à contenir, les quatre isoflavones : biochanine A, daidzéine, génistéine et formononétine aux effets œstrogène- like. Sa richesse en isoflavones dépasse celle du soja et c’est donc une excellente alternative pour toutes celles qui ne le supporte pas. Selon les travaux effectués sur cette plante, on l’utilise essentiellement pour réduire les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale, à raison de 40 mg à 160 mg d’isoflavones par jour.

Elle peut parfaitement se prendre seul ou en synergie avec d’autres phytomodulateurs hormonaux : Cimicifuga racemosa, Dioscorea villosa, Maca, Sauge (Salvia officinalis), Soja, Gattilier (Vitex agnus castus), à raison d’une prise par jour, 5 à 6 jours sur 7.

 

Pour ralentir l’ostéoporose

L’étude à la base de ces constats fut dirigée par le Dr Atkinson 1 . Réalisée sur 177 femmes en péri-ménopause, elle a démontré qu’une supplémentation en trèfle rouge pendant un an, pouvait ralentir la perte de la densité minérale osseuse et celle du contenu minéral osseux. Même si de plus amples études doivent être réalisées pour cette indication, vous pouvez conseiller cette plante en synergie avec un complexe spécifique « ostéoporose » riche en

minéraux et/ou en substances alcalines, à raison de 3 à 5 jours par semaine.

 

Efficace aussi pour les hommes

Une étude 2 menée sur des hommes de 50 à 75 ans atteints d’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) a démontré que la prise quotidienne de 40 mg d’isoflavones, extraits du trèfle rouge, pendant trois mois, permettait de réduire d’environ 23 % leur indice d’IPSS (International Prostate Score Symptom), qui est un moyen de diagnostic couramment pratiqué pour établir, via un questionnaire, une gradation des dysfonctionnements prostatiques. De plus, lors de cet essai les chercheurs ont observé une diminution de 27 % de la fréquence des mictions nocturnes et une augmentation d’environ 10 % du débit urinaire. Ainsi vous pouvez conseiller, en plus des autres plantes courantes qui améliorent les symptômes de l’HBP, la prise quotidienne de 40 mg d’isoflavones extraits du trèfle rouge.

 

D’autres actions prometteuses

D’après plusieurs essais, le trèfle rouge aurait également des effets bénéfiques :

● Sur les symptômes dépressifs et l’anxiété liée à la ménopause.

● Contre certaines affections respiratoires de par ses propriétés antivirales (elle est d’ailleurs utilisée en Chine et en Russie pour cette indication).

● Contre la prolifération de certaines cellules cancéreuses.

 

Quel dosage ?

Vous retrouverez le trèfle rouge sous forme d’extraits secs ou d’extraits de sommités fleuries standardisés en isoflavones. Pour un maximum d’efficacité, vous devez conseiller environ 40 mg par jour d’isoflavones, soit par exemple 2 gélules de 250 mg d’un extrait standardisé à 8 % d’isoflavones.

Précautions d’emploi : Comme cette plante pourrait diminuer la coagulation, il est préférable de ne pas la recommander en cas de risques de saignements chroniques ou de prise d’anticoagulants. De plus, en raison de la présence de phytomodulateurs, on la déconseille en cas de grossesse, d’allaitement ou d’antécédents de cancer hormono-dépendant (utérus, sein).