NUMERO : Nov-Dec 2013

LÉA NATURE : 20 années d’engagement pour le bien-être en bio

Un engagement dicté par les exigences du circuit

 

 

spécialisé Le groupe Léa Nature, fondé par Charles Kloboukoff, est né autour de quatre valeurs centrales : l’esprit pionnier, l’engagement nature, la responsabilité et la solidarité. Des notions que l’on retrouve certes chez nombre d’acteurs majeurs du secteur, mais qui prennent un sens tout à fait intense pour la société basée à La Rochelle. Elles se déclinent dans toutes les activités de l’entreprise, qu’elles soient directement liées à l’élaboration et à la commercialisation des produits, ou bien à l’environnement social et humain dans lequel elle évolue. Pour explorer ces facettes multiples, rien de mieux qu’un entretien avec deux personnes aux fonctions différentes mais tout à fait en phase : Marina Poiroux, directrice de la Fondation Léa Nature, et Valérie Demars Marcadet, directrice Recherche et Développement cosmétique chez Léa Nature.

 

 

La première raison d’être d’un fabricant est… la fabrication de produits, et en amont leur conception. « Les valeurs fondatrices de notre entreprise se traduisent par une valorisation de notre savoir- faire en Recherche & Développement cosmétique mis directement au service des magasins spécialisés, avec une éthique qui leur est spécifiquement dédiée :

 

nous visons le meilleur, car la clientèle de la bio est la plus exigeante, explique Valérie Demars Marcadet. Par ‘savoir-faire’, je pense notamment au fait que nous avons lancé notre première gamme de cosmétique bio dès 2003, avec ainsi une expérience certaine puisque tous les produits sont conçus et développés en interne chez Léa. Un savoir-faire de plus très large, puisqu’il s’étend aussi au sourcing des matières premières, à l’accompagnement des producteurs, et au développement de filières locales ».

 

Et Marina Poiroux de compléter : « Nos valeurs fondatrices font que notre engagement est très fort depuis 20 ans, et surtout que ces valeurs perdurent, même si nous sommes passés d’un petit nombre de collaborateurs à environ 700 personnes aujourd’hui. Et elles sont également tirées vers le haut car nous avons la volonté d’allier beauté, santé et alimentation, toutes choses qui ne peuvent que ‘parler’ au circuit bio ».

 

Des innovations sources de fierté

 

Valérie Demars Marcadet revient sur leur savoir-faire : « Avec la gamme de dermocosmétique à l’eau thermale de Jonzac, nous avons accompli une vraie prouesse technologique, en associant les exigences de la bio et celles de formules hypoallergéniques, ce qui n’existait pas encore. Il y avait notamment d’importantes contraintes en matière de conservation, car non seulement il y a beaucoup moins de conservateurs autorisés en bio, mais surtout ceux compatibles avec une qualité hypoallergénique sont encore plus rares. Pour les peaux sensibles et atopiques, la gamme Jonzac – appréciée aussi des peaux

 

 

 

normales – apporte aujourd’hui une tolérance optimale, avec cependant la même efficacité et les mêmes qualités organoleptiques – parfum, texture – que les produits conventionnels. Pour cela, il nous a fallu 3 ans de recherche, matérialisés par le dépôt de 2 brevets. C’est une vraie percée : on peut dire que nous avons passé un cap et nous en sommes très fiers ». Ces valeurs fondatrices amènent également à d’autres innovations. Valérie poursuit : « En avril 2013, nous avons lancé la marque Secrets de Léa avec comme objectif de proposer une marque de cosmétique ‘gourmande’ pour le corps et sensorielle pour le visage, mais pas seulement : nous voulions, tout en alliant plaisir, texture et parfum, utiliser au maximum des ingrédients d’origine française, et nous y sommes parvenus. 50 à 80 % des ingrédients proviennent de l’Hexagone, comme le lait d’ânesse de Dompierre, l’abricot du Roussillon, le concombre de Provence, etc. Par cette ‘origine France’, ce que nous voulions, c’est nous rapprocher de la source même des matières premières, en particulier au niveau régional (Charente Maritime), car si le commerce équitable Nord-Sud est important, il ne faut pas pour autant délaisser le Nord-Nord’ ».

 

 

« Une autre de nos fiertés est que tout est fait à La Rochelle, R&D et Production, pour une maîtrise totale, et avec des règles précises d’achat : majoritairement en France, ou en Europe si les ingrédients ne sont pas trouvés ici ». Et si le département R&D est très bien étoffé, avec 20 collaborateurs, cela n’exclut cependant pas le recours à des compétences élevées en externe, universitaires ou dermatologiques, comme le partenariat avec l’université de La Rochelle.

 

Des valeurs qui perdurent : un engagement fort dans de nombreux domaines

Marina Poiroux rebondit sur le soutien aux filières locales : « Pour nous, il est depuis le début essentiel d’être en liaison directe avec les producteurs locaux, mais cela concerne aussi le monde associatif et la protection de l’environnement, que nous soutenons. Ainsi, depuis 2007, nous sommes membres du Club 1 % Pour la Planète, c’est-à-dire que nous donnons 1 % de notre CA à des associations de protection de l’environnement. Cela crée des

 

liens et renforce notre ancrage dans le monde agricole et écologique. Nous soutenons aussi, exemple parmi de nombreux autres, Terre de Liens, une fondation qui aide les agriculteurs à accéder au foncier, Terre & Humanisme au Maroc, qui anime un centre de formation agroécologique pour une agriculture sans OGM ni intrants chimiques, ou l’association Générations Futures qui mène des actions pour informer sur les risques de diverses pollutions, entre autres les perturbateurs endocriniens. C’est pour nous une fierté d’être reconnus par le monde associatif et militant : Réseau Semences Paysannes, Intelligence Verte, la Confédération Paysanne… ».

Valérie complète avec l’angle du laboratoire : « Pour Jonzac, nous valorisons la production d’actifs régionaux et nous travaillons actuellement à une nouvelle gamme qui utilisera une plante de l’île de Ré ». Et Marina de préciser : « Nous voyons cependant très large, en apportant par exemple notre aide dans des batailles juridiques liées à l’environnement. Depuis 10 ans, Léa est ainsi engagé dans 450 projets de protection de l’environnement. Ces structures avec lesquelles nous travaillons sont souvent des précurseurs pour des choses qui vont arriver. Nous leur apportons du financement et eux nous apportent la connaissance du terrain. Nous avançons ensemble, en symbiose ».

 

En phase parfaite avec les consommateurs et les magasins bio

 

 

Ce sont 4 familles de produits cosmétiques que propose aujourd’hui le Laboratoire Léa Nature aux magasins bio : Natessance, la marque bébé, enfant et famille ; Lift’Argan, l’anti-âge à base d’huile d’argan ; Eau Thermale Jonzac, la dermocosmétique bio thermale et la dernière née, Secrets de Léa, la cosmétique sensorielle origine France. Et des extensions de gammes avec de nouvelles marques sont prévues. Objectif : répondre aux attentes variées mais toujours élevées de tous les types de consommateurs, tout en rendant la cosmétique bio accessible au plus grand nombre : « Les prix moyens de nos crèmes visage, par exemple, tournent autour de 18 € et ne dépassent pas les 32 €, argumente Valérie. Et ce avec des qualités organoleptiques validées : depuis maintenant 3 ou 4 ans, tous nos produits sont systématiquement testés, en ‘aveugle’, pour les comparer aux concurrents, marques conventionnelles incluses. Il ne faut pas oublier que la cosmétique ne doit pas seulement être efficace mais aussi apporter du plaisir ».

 

Marina Poiroux souligne aussi que les clients des magasins bio veulent non seulement bénéficier de ce plaisir, mais qu’ils possèdent une conscience « santé et environnement » en plus, ce que Valérie traduit par : « Ces clients nous tirent vers des exigences toujours plus élevées. Par exemple, les gels-douche sans sulfates sont aujourd’hui possibles, ce qui a nécessité un long travail de la part des formulateurs. Et il faut noter que nous formulons depuis 2 ans selon les exigeants critères du label Cosmos, même si nous n’avons pas encore eu la possibilité de le faire valider ».

 

 

Nos deux spécialistes, R&D et éthique, bien sûr elles-mêmes consommatrices de cosmétique et clientes des magasins bio, sont conscientes qu’il existe encore, auprès de la clientèle, un déficit d’image de la cosmétique bio, déficit qui n’a aujourd’hui plus lieu d’être, comme l’explique Valérie : « La mise en valeur des produits en magasin doit se mettre en phase avec l’augmentation réelle et tangible des qualités de la cosmétique bio et du savoir-faire d’aujourd’hui des fabricants. La cosmétique doit être travaillée en rayon pour la rendre hautement attractive, pour séduire et donner envie d’essayer, afin de provoquer le premier acte d’achat ».

Avec les marques du groupe Léa Nature, le magasin bio possède de véritables « armes de séduction massive », qui peuvent de plus s’appuyer sur des valeurs profondes et durables, telles que les recherche la clientèle exigeante du circuit spécialisé.