NUMERO : mars-avril 2013 – BL 45

Les approches complémentaires en cas de polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune qui se manifeste par une inflammation chronique au niveau de multiples articulations. Des gonflements, des douleurs et des raideurs apparaissent de façon symétrique au niveau des articulations des genoux, des coudes ou des poignets, ce qui permet de distinguer cette maladie de l’arthrose par exemple, qui est le plus souvent unilatérale. A côté des recommandations sur l’équilibre à trouver entre activité physique adaptée et mise au repos des articulations, vous allez pouvoir orienter vos clients vers des aliments et des compléments adéquats pour soulager leurs douleurs.

Les aliments à privilégier et à limiter

Côté alimentaire, la première des règles à mettre en place avec votre client est la diminution drastique, voire la suppression en cas de poussée de toute source d’aliments qui favorisent l’inflammation comme un excès d’oméga-6, d’acide arachidonique, de fer et/ou de nitrites en évitant les viandes (boeuf, porc, veau, agneau, charcuteries et jambons), les huiles de tournesol, d’arachide ou de pépins de raisin. Ainsi la mise en place d’un mode alimentaire de type méditerranéen au quotidien avec un maximum de légumes, de fruits (frais ou surgelés), de poissons gras (frais, en conserves ou surgelés), de produits céréaliers complets, de légumineuses, d’oléagineux non salés et d’huile d’olive pression à froid, semble donc indiquée dans tous les cas. Il est donc fortement conseillé de remplacer une partie des viandes et charcuteries par des légumes secs. Ainsi, en partant sur la base de 14 repas principaux hebdomadaires, vous pouvez recommander : 5 à base de légumes secs ou soja, 3 de poissons, 3 de poulet ou dinde, 1 d’oeufs, 1 de coquillages ou crustacés et 1 de viande. De plus, l’apport en poissons gras va permettre de fournir de la vitamine D3, qui possède un effet régulateur sur les défenses naturelles. En effet, l’autre point important sera de normaliser le fonctionnement du système immunitaire et pour cela il faudra miser toujours et encore sur les végétaux colorés et les épices (curcuma, gingembre) afin d’apporter tous les antioxydants protecteurs et les vitamines nécessaires.

D’autre part, de plus en plus de chercheurs et de médecins commencent à valider le fait que des sensibilités alimentaires pourraient être la cause des maladies auto-immunes, dont la polyarthrite rhumatoïde. Le plus souvent, les principaux nutriments en cause sont les protéines de gluten (et plus particulièrement celles du blé) et celles des produits laitiers. Ainsi, si vos clients sont prêts à adopter de tels changements, vous pouvez leur recommander un régime de type Seignalet, c’est à dire hypotoxique, excluant les laits animaux, les céréales dites modernes dont le blé et en misant sur un maximum d’aliments crus ou cuits à basse température.

Et surtout, s’il existe un excès de poids, il faudra le traiter en priorité afin que celui-ci n’aggrave pas les symptômes.

Les suppléments nutritionnels et botaniques

La L-glutamine
En cas de pathologies articulaires lourdes, il est toujours souhaitable de refaire l’intégrité de la paroi intestinale avec de la L-glutamine, un acide aminé qui renforce le rôle de barrière intestinale. En effet, quand les intestins deviennent « poreux » (Leaky gut syndrome), ils laissent passer les grosses molécules alimentaires (type gluten ou protéines de lait) qui se retrouvent dans la circulation générale et peuvent provoquer des réactions immunitaires.

 

Le conseil Bio Linéaires :
Vous pouvez aussi supplémenter avec des probiotiques afin de refaire la flore intestinale qui a été mise à rude épreuves avec les médicaments anti-inflammatoires pris sur le long cours. Une cure détox sera aussi d’un grand secours, par le biais de la sève de bouleau par exemple, suivie ou non d’un court jeûne et d’une alimentation végétarienne pendant quelques jours ou semaines.


Les Huiles de poissons ou de Krill

Les huiles de poissons gras, fournissent à l’organisme les précieux acides gras oméga-3, aux puissantes vertus anti-inflammatoires. Un apport quotidien de 3 grammes (environ 1/3 d’acide gras EPA et 1/3 d’acide gras DHA) est recommandé dans de telles pathologies. Selon plusieurs études, la prise de Krill pendant seulement un mois permet de réduire de 30 % les taux de C-réactive Protéine, un marqueur physiologique des processus inflammatoires, et surtout de diminuer la douleur et la raideur au niveau des articulations. Ce qui différencie l’huile de Krill des huiles de poissons sont les apports supplémentaires en antioxydants et en phospholipides qui rendent l’huile plus stable et améliorent la biodisponibilité des acides gras.

 

Le conseil Bio Linéaires :
La prise d’huile de poissons ou de Krill doit au minimum être prescrite pendant 3 mois pour un résultat optimal.

 

La Boswellia serrata Selon plusieurs essais préliminaires, la prise d’un extrait de Boswellia soulagerait efficacement les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde puisqu’une réduction significative de l’enflure et de la douleur ont été rapportées après un traitement de 3 mois. En effet, elle agit directement sur les molécules pro-inflammatoires qui sont la cause directe de la douleur, en bloquant la synthèse des leucotriènes par la voie de l’enzyme 5-lipoxygénase (5-LOX). Ainsi, en agissant sur ces médiateurs inflammatoires, les extraits de Boswellia agissent à la base du problème. Et, contrairement à la plupart des médicaments de cette classe, c’est-à-dire les AINS (Anti-inflammatoires Non Stéroïdiens), son utilisation, même prolongée, ne provoque pas d’effets secondaires au niveau digestif et permet ainsi de préserver la muqueuse gastrique des ulcères.

 

Le conseil Bio Linéaires :
Si vous n’avez pas cette plante dans vos rayons, vous pouvez également préconiser sa proche cousine, l’Harpagophytum procumbens, jusqu’à 3 grammes par jour. Le conseil Les extraits normalisés de Curcuma longa En supplément de l’épice alimentaire que vous avez conseillée dans les plats et les vinaigrettes, recommandez la prise d’extraits hautement standardisés en curcumine en prenant soin de toujours les associer avec du poivre noir, puisque la pipérine du poivre améliore nettement l’assimilation de la curcumine.