NUMERO : Novembre-Decembre 2014

Les huiles essentielles pour l’hiver…

Les principales h.e. des pathologies hivernales :

● Eucalyptus radié (Eucalyptus radiata), microbicide, anticatarrhale et expectorante pour les toux grasses, douloureuses, les sinusites avec mucosités, les rhinites avec écoulement clair ou purulent et recommandée dans les otites séreuses de l’enfant.

● Niaouli (Melaleuca quinquinerva), fluidifiante et expectorante pulmonaire, antivirale, antibactérienne majeure. S’utilise en cas de rhinopharyngite, de sinusite, de trachéite, de bronchite.

● Ravinsara (Cinnamomum camphora à cinéole), antivirale, antibactérienne, anticatarrhale, expectorante, anti-inflammatoire et stimulante immunitaire. Indiquée en cas d’infection virale de tous types comme la grippe, la bronchite, la sinusite, le rhume, la rhinopharyngite…

● Bois de rose (Aniba rosaedra), anti-infectieuse majeure utilisée dans les angines, les laryngites, les trachéites et surtout les bronchites et bronchiolites. Puissant immunostimulant parfaitement toléré par la peau et même chez les enfants de moins de 7 ans.

La voie cutanée est utilisée pour les massages le long de la colonne vertébrale (effet d’immunostimulation) ou dans le dos sous les omoplates (effet contre les affections bronchiques).

● Palmarosa (Cymbopogon martinii geraniol), utilisée dans les rhinopharyngites, les sinusites, les bronchites et comme stimulant immunitaire. Cette h.e. s’emploie par voie externe sur le cou pour les pharyngites, autour de l’oreille pour les otites, sur les sinus maxillaires et/ou frontaux pour les sinusites.

● Citron (Citrus limon) et Pamplemousse (Citrus paradisii), servent à la désinfection des crèches, des garderies et jardins d’enfants, des espaces de soins, des cabinets médicaux.

 

Les bronchites

Les bronchites chroniques sont dues à l’excès de consommation de tabac. Les bronchites aigues naissent suite à un rhume ou à une grippe.

Dans tous les cas, elles se manifestent par des inflammations de la trachée et des bronches, accompagnées de fortes secrétions de mucus. Le froid, la fatigue, la malnutrition, la pollution sont des facteurs prédisposants.

De nombreuses h.e. peuvent être conseillées :

● h.e. d’ail (Allium sativum), antiseptique des intestins et des voies respiratoires mais contre-indiquée dans le cas d’irritation digestive, de toux sèche ou sanguinolente,

● h.e. de cajeput (Melaleuca leucadendron), convient bien pour les bronchites, laryngites, pharyngites,

● h.e. de cyprès (Cupressus sempervirens), huile polyvalente indiqué pour bronchites et trachéites.

● h.e. d’eucalyptus radié (Eucalyptus radiata), antiseptique des voies respiratoires calmante de la toux, fluidifiante des expectoriations. Huile indiquée en cas de la majorité des infections des voies pulmonaires.

● h.e. de mélaleuque (Melaleuca alternifolia terpineolifera), anti-infectieuse très puissante, appelée aussi arbre à thé. C’est l’huile qui convient pour l’ensemble des infections ORL.

● h.e. de myrte (Myrtus cinéoliferum), spécifique des bronchites aigues, des rhinites chroniques et des sinusites

● h.e. de ravensare aromatique (ravensara aromatica), contre les bronchites, rhinopharyngites, trachéites, sinusites et particulièrement efficace en cas de grippes, accompagnées de fatigue générale et de dépression.

● h.e. de thym (thymus vulgaris à thymol), exceptionnelle stimulante générale, antiseptique, anti-infectieuse majeure à large spectre d’action, balsamique, expectorante et sudorifique.

La Grippe

La grippe se manifeste par des frissons, une fièvre relativement élevée, des courbatures, une extrême fatigue suivie de maux de tête, d’écoulements nasaux, d’un mal de gorge et de la toux. possibles : bronchites pneumoniques. Toute personne malade du coeur ou des poumons doit prendre au sérieux la grippe et consulter rapidement un médecin. S’agissant d’un virus mixovirus influenzae (virus respiratoire), la grippe ne se soigne pas par des antibiotiques. Par contre, l’aromathérapie a toute sa place dans le traitement de cette pathologie. Les h.e. les plus indiquées :

● h.e. de ravensare (Cinnamomum camphora à cinéole), panacée anti-virale qui peut s’utiliser par voie interne à raison de deux gouttes avec h.e. de arbre à thé (Melaleuca alternifolia) ,1 goutte, et également, par voie externe, en friction des avants-bras, de la nuque, de la poitrine, dans un mélange d’huile végétale (20 ml) + Ravensare (30 gouttes) + Niaouli (Melaleuca quinquinerva – 30 gouttes).

● h.e. de mélaleuque (Melaleuca alternifolia), 2 gouttes x 6 par jour en usage externe sur les sinus et les tempes.

● h.e. de thym vulgaire à thujanol (Thymus vulgaris tujanoliferol), recommandé lors de grippe accompagnée de forte fatigue, d’anémie, d’hypotension (ne pas utiliser en cas d’hypertension), d’hyperthyroïdie ou d’épilepsie. En usage externe, cette h.e. s’utilise diluée dans une huile végétale pour masser les ailes du nez.

 

Le rhume

Le rhume est une pathologie surtout hivernale de la congestion nasale qui se traduit aussi par des éternuements et de la toux.

Durant cette saison, on a tendance à consommer davantage de matière grasse, de sucres et hydrates de carbone (qui inhibent le système immunitaire), on passe plus de temps à l’intérieur des maisons, on bénéficie de moins d’ensoleillement… Il est généralement recommandé de prendre des multivitamines.

Mais, face au rhume… les h.e. sont souveraines, comme dans la plupart des maladies virales :

h.e. de lavande (Lavandula officinalis) antiseptique respiratoire et modificateur des secrétions bronchiques. C’est le fleuron de l’aromathérapie à adopter comme premier choix en cas d’affection des voies respiratoires. 2 à 5 gouttes dans du miel.

h.e. de pin sylvestre (Pinus sylvestris) : la distillation à la vapeur des aiguilles procure une h.e. antiseptique puissante. À utiliser par voie orale à raison de 2 à 4 gouttes dans du miel, 3 fois par jour. Le pin fluidifie les mucosités et facilite l’expectoration. On peut aussi employer les h.e. de lavande et pin en inhalations.

 

Les entérites virales

Les entérites virales (diarrhées associées à un état grippal ou consécutives à une grippe) se traitent par le mélange suivant :

● h.e. de cannelle (écorce – Cinnamomum verum), 6 mL

● h.e. de menthe poivrée (Mentha piperita), 2 mL

● h.e. de basilic grand vert (Ocymum basilicum), 4 mL

● huile végétale (noisette ou amande douce), 20 mL

Utiliser 8 gouttes de ce mélange en massage répété sur le ventre et le bas du dos.

 

La bronchiolite du nourrisson

● h.e. d’hysope officinale (Hyssopus officinalis decumbens) guérit de façon souvent spectaculaire cette afffection virale.

S’assurer de l’accompagnement d’un aromathérapeute expérimenté pour le dosage qui doit être adapté à l’âge et au poids du nourrisson.

À noter que cette h.e. est anticatarrhale, expectorante, antiasthmatique et antivirale de grande puissance.

L’administration d’h.e. par voie aérosol dans la prévention et le traitement des maladies respiratoires des élevages à travers les travaux du Dr Vét Gilles Grosmond, confirme l’intérêt des aérosols en santé humaine. Les h.e. interviennent dans la défense du poumon par un aspect mécanique (réflexe de la toux), un aspect secrétoire (immunoglobuline interféron à activité virulicide), un aspect cellulaire (phagocytose polynucléaire neutrophile provoquant la lyse des bactéries).

Les h. e. en spray permettent de dégager les voies respiratoires et de prévenir les infections, même au coeur de l’hiver :

● En inhalation sèche (utilisation de spray classique)

● En inhalation humide (utilisation des h.e. dans l’eau chaude),

● En diffusion atmosphérique (aérosols vrais qui utilisent un système d’injecteur et de compresseur).

Les aérosols atmosphériques sont des correcteurs ioniques de l’air. Les «vrais» produisent des particules d’huiles essentielles qui vont de 5 millièmes de millimètre à 1/50ième de millimètre, si petites qu’elles se chargent électriquement. On dit alors qu’il s’agit d’un aérosol vrai ionisé. Ce type d’aérosol n’est plus attiré par la pesanteur. Il reste ainsi des heures dans l’air et peut s’infiltrer partout, dans les endroits les plus inaccessibles par les procédés habituels de désinfection. On respire cet aérosol et les h.e. utilisées imprègnent tout l’organisme via la respiration. Les h.e. d’agrumes sont les plus utilisées : h.e. d’orange, de citron, de mandarine, de petit grain bigaradier, de lemon grass, de bergamote… pour leur pouvoir relaxant, ainsi que les h.e. d’eucalyptus globuleux et radié et l’h.e. de pin maritime pour leur effet de désinfectant respiratoire.

Les h.e. en baume sont absorbées par l’épiderme en 15 à 20 minutes. Elles dégagent les voies respiratoires hautes, facilitent la respiration et préviennent les infections des voies aériennes. Appliqué sur le thorax, le baume aux h.e. a une action locale (inhalation de proximité) mais aussi générale (diffusion épidermique).

Les h.e. en bains doublent l’action épidermique et respiratoire. Les h.e. sont en contact avec toute la surface de la peau pour faciliter leur absorption épidermique.

Les vapeurs du bain réalisent une puissante inhalation. Les voies respiratoires sont humidifiées ce qui facilite l’expectoration et l’écoulement des secrétions. Le bain constitue un traitement de choix par l’intense accélération de la microcirculation qu’il provoque. On peut utiliser des h.e. dans un dispersant comme le lait en poudre.

Pour le massage thoracique, utiliser un mélange d’h.e. diluées dans une huile végétale comme la noisette ou l’amande.

Pour le massage endonasal, utiliser un coton-tige stérile imbibé d’h.e. diluée dans une huile végétale.

Pour les inhalations humides, rester 10 min la tête sous un linge propre, le visage au-dessus d’un bol contenant de l’eau bouillante et des huiles essentielles choisies à cet effet.

 

H.e. et antibiotiques

Le professeur Pellecuer, de la Faculté de pharmacie de Montpellier, a montré en 1976 que les germes rendus antibiorésistants étaient plus sensibles à l’activité microbicide des huiles essentielles que les germes sauvages. À une époque où les résistances aux antibiotiques sont grandissantes et posent des problèmes difficiles à résoudre, tant dans les services hospitaliers qu’en présence de diverses pathologies infectieuses récurrentes, cette remarque est d’une grande importance. On sait que les h.e. présentent 3 avantages inestimables :

● Elles sont germicides, bactéricides et virucides,

● Elles ont un pouvoir de renforcement du terrain du malade,

● Elles peuvent s’associer aux antibiotiques puisqu’elles interviennent
par un mécanisme différent de celui de ces médicaments…

 

 

Les h.e. venues de l’autre côté de l’océan : h.e. canadiennes de l’hiver

L’épinette noire / épicéa noir / mélèze d’Amérique (Picea mariana – P. nigra), conifère commun du Nord Est d’Amérique du Nord. Tonique général, neurotonique, anti-infectieuse, antimycosique, antimucosique, antiseptique aérienne, antispamodique pulmonaire, antitussive et expectorante, … Utilisée en frictions sur le plexus solaire ou le long de la colonne vertébrale pour stimuler l’ensemble de l’organisme ou équilibrer le système hormonal…

● L’épinette blanche (Picea glauca), conifère parfois appelé «eucalyptus du Canada». L’h.e. est excellente antiseptique, immunostimulante, mucolytique, anticatarrhale, anticandidose, antivirale, stimulante générale, neurotonique, antalgique, antispasmodique. Elle est recommandée dans les cas d’amygdalite, de rhinopharyngite, de laryngite, de grippe, d’otite, de sinusite, de bronchite, de bronchopneumonie…

● Le sapin baumier (Abies balsamea). Les Amérindiens utilisaient se connecter à la Nature. L’h.e. est antiseptique respiratoire, antimucosique (fluidifie les secrétions des voies respiratoires) et antitussive. Elle est utilisée en cas de rhumes, grippes, bronchites, en frictions locales sur le dos, le front, le thorax ou les surrénales et comme antiseptique atmosphérique…

● La pruche (Tsuga canadensis). Cette h.e. est antidépressive et équilibrante du système nerveux. Elle sert de «passage», facilite le lâcher prise, apaise les personnes en fin de vie, dissipe les angoisses. Elle est aussi mucolytique, anti-infectieuse, immunostimulante et utile pour soulager tous les problèmes respiratoires. On peut l’utiliser en massage lent et délicat des pieds et du haut du torse.

● Le pin blanc (Pinus strobus), Les Amérindiens reconnaissent à cette h.e. de nombreuses propriétés thérapeutiques : anticatarrhale, expectorante, décongestionnante veineuse et lymphatique, anti-infectieuse oxygénante et stimulante. Ils s’en servent notamment en application externe pour soigner la grippe, comme stimulant, en inhalation ou bain de vapeur contre les maux de tête et de dos ainsi que pour réanimer les comateux. Elle est indiquée d’infections catarrhales et respiratoires, d’asthénie et de lipothymie (perte de connaissance avec conservation de la respiration : 1er stade de la syncope). On l’utilise également en microdiffusion pour désinfecter les locaux (hôtels, gîtes…) et les chambres des malades.

● Le pin rouge (Pinus resinosa), cette espèce de pin, commune dans la région québécoise du St Laurent, offre une h.e. qui s’apparente à celle du cyprès. On l’utilise en massage pour soulager les déficiences circulatoires des jambes et en application sur les poignets pour atténuer l’inconfort des hémorroïdes (action aromatique à distance). Bon hiver aromatique !

Jean-Claude RODET

 

Vertus médicinales des plantes aromatiques

Nos ancêtres utilisaient la puissance curative des plantes aromatiques et des fines herbes.

● Les produits nutritifs (les légumineuses, les fruits…) indispensables à l’organisme.

● Les produits d’agrément (aromates, fines herbes…) souvent dénués de valeur nutritive mais aux valeurs thérapeutiques certaines.

● Les plantes aromatiques indispensables pour cuisiner, pour modifier l’arôme des mets ou des boissons et diversifier une alimentation monotone.

Ce livre contient plus d’une centaine d’aromates provenant de différentes parties de plantes.

Auteur : Jean-Claude RODET

Infos : 200 pages, 15 x 23 cm, 486g

Parution : février 2013

Editeur : MÉDICIS – ISBN : 978-2-85327-454-8

Renseignements :
http://www.editions-tredaniel.com/vertus-medicinalesdes-
plantes-aromatiques-p-5239.htm