NUMERO : Nov-Déc 2006

Les résultats de l’Agriculture Biologique sur l’environnement

Un environnement préservé

Visant à la protection de l’environnement, l’agriculture biologique est un mode de production fondé, notamment, sur la non-utilisation de produits chimiques de synthèse, le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures et la lutte biologique. Le mode d’élevage, de type extensif, respecte le bien-être des animaux et fait appel aux médecines douces (homéopathie, phytothérapie). Tout au long de la filière, les opérateurs engagés dans le mode de production et de transformation biologique respectent un cahier des charges rigoureux qui privilégie les procédés non polluants, respectueux de l’écosystème et des animaux. Toutes les étapes des filières font l’objet de contrôles par les organismes certificateurs.
Les effets sur l’environnement des pratiques des entreprises de production agricole et de transformation se mesurent à long terme. C’est pourquoi des évaluations chiffrées des impacts de l’agriculture biologique sur son environnement sont moins courantes que des évaluations de type qualitatif. Les impacts de l’agriculture biologique sur la qualité des eaux et des sols ont été davantage évalués que ceux sur la biodiversité des espèces, les paysages ou la consommation d’énergie.

Des sols vivants et fertiles

L’ensemble des études montre que les teneurs en matière organique dans les sols cultivés sont plus élevées avec les pratiques biologiques, grâce à la fertilisation organique (effluents d’élevage, pailles, compostage, cultures d’engrais verts) et à des rotations diversifiées. L’activité biologique du sol est aussi plus développée. Les organismes vivants du sol comme les vers de terre, les champignons, les insectes de surface sont plus nombreux, diversifiés, avec une activité plus intense. Ainsi, les résultats des études des caractéristiques de sols cultivés en mode agrobiologique et en mode conventionnel, réalisées pendant 21 ans, par le FIBL en Suisse démontrent que les sols » bio » présentent :

  • 20 à 30 % de biomasse microbienne en plus, avec une activité respiratoire et enzymatique supérieure ;
  • 30 à 40 % de vers de terre en plus, facteurs de stabilité des sols, laboureurs naturels de la terre ;
  • 90 % d’araignées en plus et une grande diversité d’espèces ;
  • 40 % de mycorhizes en plus en colonisation racinaire, avec tous les bénéfices induits pour la nutrition des plantes et la protection phytosanitaire.

Des eaux sans résidus de pesticides

L’agriculture biologique utilise des produits de traitement des plantes et de soins aux animaux d’origine naturelle. Ces produits, inoffensifs pour la flore ou la faune aquatiques, préservent le milieu écologique des eaux des rivières, donc la qualité des eaux, De plus, l’agriculture biologique évite la pollution par la diffusion aérienne des pesticides.

Une réduction des pollutions par les nitrates

La limite maximale pour la potabilité de eau est fixée par la réglementation européenne à 50 mg de nitrates par litre. Les études démontrent que, sous des exploitations agricoles biologiques, les taux de nitrates présents dans les eaux souterraines sont très inférieurs.
D’après les expérimentations menées à Mirecourt par
l’INRA de Nancy, dans des exploitations biologiques de culture-élevage, les taux de nitrates lessivés dans les eaux souterraines sont plus faibles. Les études se poursuivent avec des expérimentations dans d’autres régions de France (en particulier en Bretagne et dans le Nord) et des recherches pour mieux connaître les dynamiques de lessivage des
nitrates.

Diversité agricole, préservation des paysages

Principe fondamental de l’agriculture biologique, la diversité est très importante et visible sur les fermes biologiques. Les exploitations biologiques sont souvent mixtes, alliant cultures et élevage. L’élevage apporte ainsi la matière organique nécessaire à la fertilisation des cultures biologiques. Les assolements sont diversifiés et les rotations des cultures obligatoires et généralement longues.

Un lien fort au territoire

Le développement de l’agriculture biologique figure notamment dans la charte de développement durable des parcs naturels régionaux car ce mode de production répond totalement aux objectifs de promouvoir :

  • un mode d’agriculture respectueux de la qualité et de l’environnement ;
  • une relocalisation de la valeur ajoutée ;
  • l’installation et le développement d’entreprises à taille humaine.

Source d’innovation et de préservation des savoir-faire

L’agriculture biologique est une source d’innovation technologique avec la mise au point de techniques remplaçant l’utilisation de produits chimiques de synthèse (ex : traitement thermique). Utilisant des variétés végétales ou des races animales rustiques, parfois anciennes, mais bien adaptées aux conditions locales, les producteurs biologiques contribuent à la sauvegarde de la biodiversité génétique.

 

Extrait de « Les chiffres clés de la production biologique 2005 « édité par Agence Française pour le Développement et la Promotion de l’Agriculture Biologique
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