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Le marché bio allemand

Les derniers chiffres de la bio en Allemagne que nous avions publiés dans notre édition de mars / avril dernier indiquait une croissance plutôt confortable avec une augmentation de + 9,9 % en 2016. Toutefois, le secteur continue sa mutation et en regardant de plus près, on constate que tous les points de vente n’ont pas bénéficié de cette même dynamique. Ci-après, une situation économique à fin avril de la filière bio en Allemagne…

La distribution en ligne fait son entrée en jeu
Amazon s’est lancé dans la distribution de produits alimentaires en Allemagne en avril avec son service Amazon Fresh à Berlin. D’après le Süddeutsche Zeitung, la compagnie construirait un centre de logistique de plus de 15 000  m² pour le service de livraison à Munich.
Au moins deux détaillants bio se lancent actuellement dans ce type de vente via Amazon :
la chaîne de magasins bio « basic » (Munich), avec la plupart de ses produits et en partenariat avec Amazon Prime Now.
le détaillant Tegut avec une part de sa gamme : près de 5 500 articles en tout, dont 2 000 bio avec Amazon, Amazon Party et Prime Now. Rappelons que Tegut réalise plus de 25 % de son chiffre d’affaires avec ses 3 000 produits bio référencés.
Évolution de la distribution
La chaîne de droguerie Rossmann (N° 2 des drogueries en Allemagne) envisage de mettre à disposition l’intégralité de sa gamme Alnatura en ligne via sa propre plateforme.
De son côté, Dennree a annoncé un chiffre d’affaires de 920 millions d’euros (2/3 en tant que grossiste et 1/3 via son réseau de magasins) soit une augmentation de 12 % en 2016 par rapport à 2015. Son réseau de supermarchés bio « Denn’s » a généré, en 2015, près de 305 millions d’euros avec ses quelques 217 points de vente, soit une augmentation du chiffre d’affaires de plus de 30 % par rapport à l’année 2014 (pas de chiffres encore pour 2016).
Pour sa part, la chaîne de magasins bio Bio Company (50 marchés à Berlin et Brandenbourg) annonce une augmentation de son chiffre d’affaires de 134 à 145 millions d’euros en 2016, soit +  8,4  % par rapport à 2015.
Toutefois, rappelons que malgré la progression de certaines enseignes, le commerce spécialisé bio allemand dans sa globalité enregistre depuis mi-2016 un ralentissement important de sa croissance. Par exemple, pour les magasins « Reformhaus » même si, leur chiffre d’affaires global a progressé entre 2014 et 2015 (de 604 millions d’euros à près de 697 millions d’euros), en revanche, le nombre de ses points vente a diminué. En effet, malgré les efforts de modernisation entrepris depuis quelques années ceux-ci sont passés de 1 368 en 2011 à 1 176 en 2015.
De plus, le nombre total de magasins bio en Allemagne stagne (autour de 2 600 magasins), alors que le nombre de supermarchés bio continue à croître (600 supermarchés bio parmi les 2 600 magasins).
Informations diverses
La chaîne de magasins bio « Vollcorner » (Munich) termine ses relations avec le grossiste Dennree dû à des conflits d’intérêts et sa volonté d’indépendance et exclusivité avec ses clients. Le nouveau fournisseur est Weiling (propre MDD « Bioladen »).
Rapunzel acquiert Zwergenwiese Naturkost GmbH qui restera indépendante dans ses opérations.
Consommation
Selon l’Ökobarometer, la demande de produits bio dans les cantines universitaires augmente de plus en plus. 69 % des étudiants s’intéressent à ce type de produits, et 96 % accepteraient de payer plus cher.
Selon un rapport de « ContRate Betriebsvergleich » le client moyen dépense, en 2016, 17 euros par mois en moyenne dans les magasins bio, soit 5 % de plus par rapport à 2015. Le nombre de consommateurs a cependant légèrement diminué.
Sources utilisées : BÖLW, BioMarktInfo,, LeL-Agrarmärkte aktuell, AMI, DBV, Tegut, STMELF, Biohandel, Süddeutsche Zeitung, Handelsblatt, tz, Klaus Braun

Plus d’informations : moc.t1553594010pezoc1553594010e@rea1553594010hcs1553594010 Tél. : 04 67 58 42 27 Depuis 2016, Ecozept réalise de façon régulière des zooms sur le marché bio allemand. Le prochain thème dans le N°73 sera : Comment la distribution spécialisée bio allemande s’organise dans un environnement de plus en plus concurrentiel ?