NUMERO : Septembre – Octobre 2015

Silice et silicium… Comment s’y retrouver et pourquoi en conseiller ?

L’élément silicium, de formule chimique « Si », est quantitativement le deuxième élément naturel après l’oxygène retrouvé dans la croûte terrestre. Il est présent dans des roches telles que le quartz, le sable, le cristal de roche, l’améthyste, la citrine ou encore l’opale.

Cette forme est dite : silice minérale ou lithogénique.

Caractéristiques : De forme solide, composée d’un atome de silicium et de deux atomes d’oxygène : SiO2 (dioxyde de silicium). Elle est insoluble dans l’eau et non assimilable par l’organisme. Le silicium est également retrouvé à l’état inerte dans certains végétaux comme les algues, la prêle, l’ortie ou le bambou.

Cette forme est dite : silice végétale.

Caractéristiques : peu assimilable par l’organisme humain.

Le corps d’un adulte comporte environ 7 g de silicium, c’est à dire deux fois plus que le fer. Indispensable au maintien des fonctions vitales, il est présent dans les tissus conjonctifs (tissus de soutien), les os, les cartilages, les tendons, les muscles, la peau, les cheveux et dans tous les organes clefs du métabolisme  : foie, reins, cœur, glandes surrénales, parois des vaisseaux, rate, pancréas et thyroïde.

Cette forme est dite : silicium organique.

Caractéristiques : il se différencie de la silice minérale par la présence d’un ou plusieurs atomes de carbone, ce qui le rend parfaitement soluble dans l’eau.
Un chercheur français, Norbert DUFFAUT, a effectué dans les années cinquante, des études sur les organo-siliciés. Ses études ont abouti à la mise au point d’une molécule stabilisée par de l’acide salicylique (aspirine).

Cette forme est dite : silicium organique de synthèse.

Caractéristiques : il est parfaitement disponible et assimilable par l’organisme.

Mais ce n’est qu’au début des années 1990 que Loïc le Ribault, réussi à optimiser cette nouvelle molécule, baptisée « G5 », sous forme liquide, sans ajouter d’acide salicylique.

Cette forme est dite : monométhylsilanetriol

Caractéristiques : ce produit de synthèse d’origine lithogénique est interdit dans les compléments alimentaires au niveau européen depuis 1 le 21 décembre 2009.
Une source autorisée et parfaitement biodisponible pour l’Homme

Cette forme est dite : acide orthosilicique

Caractéristiques : De formule SiOH4, c’est la forme principale de silicium présente dans l’eau potable et dans d’autres liquides. Elle constitue la source de silicium la plus facilement disponible pour l’organisme humain.

Elle provient de deux sources :

● Certaines plantes comme l’ortie (Urtica dioica) ou la prêle (Equisetum arvense) sont très riches en silice colloïdale. Le suc de la plante va biochimiquement « concasser » le SiO2 pour en tirer une part d’acide orthosilicique. En moyenne sont obtenus 7 % d’acide orthosilicique pour 93 % de colloïdes (de fines particules solides non assimilables).

● La deuxième source se situe au fond des océans, où vivent des micro-algues unicellulaires planctoniques appelées diatomées. Leur frustule, (sorte de carapace), sécrète un acide organique qui permet l’amorphisation superficielles des quartz et autres silicés. La silice minérale est alors dissoute et l’acide orthosilicique obtenu est de type biogénique qui signifie favorable à l’apparition et au maintien de la vie cellulaire.

 

Un point règlementaire

L’EFSA (European Food Safety Authority), l’autorité européenne de sécurité des aliments, a rendu un avis scientifique en janvier 2009 sur « l’acide orthosilicique stabilisé par de la choline, ajouté à des fins nutritionnelles à des compléments alimentaires »2 .

Le groupe scientifique a conclu que l’élément silicium est parfaitement biodisponible à partir de l’acide orthosilicique stabilisé par de la choline et que son utilisation dans des compléments alimentaires ne pose aucun problème toxicologique.

À qui et pourquoi en conseiller ?

L’Homme naît avec un capital de silicium qui décroît inéluctablement au fil des années, à partir de la maturité sexuelle.

Apport journalier recommandé ?

Dans l’état actuel des connaissances, il n’y a pas d’AJR pour le silicium.

Sources alimentaires ?

Il se retrouve en petite quantité dans l’enveloppe des céréales complètes (blé complet, riz complet, flocons d’avoine), les champignons, les haricots et les cartilages animaux comme ceux du poulet.
Malheureusement, l’alimentation ne permet pas de combler ces pertes car la quantité de silicium contenue dans les aliments est très faible et ne cesse de s’appauvrir puisque la teneur des sols s’épuise.

Symptômes

Perte de tonus au niveau des tissus cutanés, cheveux moins épais, ongles cassants, diminution de la souplesse articulaire accompagnée de douleurs plus ou moins importantes, ostéoporose par effet de déminéralisation.

Pourquoi une supplémentation ?

On reconnaît traditionnellement qu’il est utile de supplémenter certaines situations particulières (enfants en période de croissance, sportifs, adultes à partir de 30 ans, personnes âgées).

Dosage  20 et 50 mg par jour

Un rôle constitutif

Le silicium, élément de charpente par excellence, est un élément phare dans la constitution du squelette.

Afin de couvrir les besoins liés à la croissance de son squelette et de ses divers tissus conjonctifs, le fœtus humain, composé d’une grande proportion de silicium, puise dans les réserves de la future maman.

Les enfants en période de croissance ont également un fort besoin de silicium car il accélère le processus de calcification en améliorant la fixation du calcium sur les os.

Pour qui ?

  • Les femmes enceintes (dès les premiers mois).
  • Les enfants et les adolescents afin de solidifier leur squelette.
  • Les suites de fractures.
  • Les personnes âgées pour limiter les déminéralisations osseuses.

Un pilier des articulations

Le silicium joue un rôle prépondérant dans la conservation de l’intégrité des tissus conjonctifs de l’organisme. Il leur donne maintien, solidité, résistance et fermeté.

De plus, en favorisant l’hydratation cellulaire, il stimule la formation et le renouvellement des tissus endommagés et permet ainsi une réparation régulière des cartilages.

Pour qui ?

  • Les arthrosiques et en cas d’affections rhumatismales mineures, en plus des autres suppléments (chondroïtine, glucosamine, oméga-3, curcuma…).
  • Les personnes se plaignant de tendinites.

Une substance phare des phanères

À partir de la quarantaine, la teneur en silicium au niveau de la peau décroît. Or, cet élément intervient dans la synthèse du collagène et de l’élastine. On observe alors une perte d’élasticité et un relâchement des tissus de soutien dont la peau, responsables de l’apparition des rides sur le visage et sur le corps. Les ongles perdent également jusqu’à 50 % de leur silicium. Ils deviennent plus cassants, leur pousse est plus lente comme celle des cheveux qui deviennent plus fins et plus fragiles.

On assiste parfois, à partir de la cinquantaine, à une chute de cheveux précoce due à un manque de silicium au sein même de la fibre capillaire.

Pour qui ?

● Les client(e)s soucieux de leur image.

● Pour renforcer la pousse des cheveux et prévenir leur chute.

● Afin de favoriser la constitution et la croissance des ongles.

 

Un rôle dans les défenses immunitaires

Au niveau de la moelle osseuse, le silicium favorise la formation des phagocytes (qui détruisent virus et bactéries) et des lymphocytes (chargés de la fabrication d’anticorps spécifiques).

Pour qui ?

● Les personnes à l’immunité fragile, surtout dès les premiers frimas.

Les bienfaits en externe

Généralement proposés sous forme de gel ou de crème, les cosmétiques à base de silicium se recommandent en complément des prises internes, en particulier chez les arthrosiques, ceux ayant des problèmes de cicatrisation, de peau sèche, de douleurs musculaires ou plus simplement de relâchement cutané avec apparition de rides et de ridules

Angélique Houlbert
Nutritionniste

1) Règlement 1170/2009 publié au Journal Officiel de  l’Union Européenne le 1er décembre 2009 et modifiant la directive 2002/46/CE et le règlement CE n°1925/2006 – 2) Avis Scientifique – EFSA : Question n° EFSA-Q-2006-189 adoptée 28/01/2009