NUMERO : Nov-Déc 2011

Spécificité de la culture bio, récolte séchage…

La protection phytosanitaire

Le coût annuel de la protection phytosanitaire varie de 150 à 250 euros par hectare.

Protection contre les ravageurs
Les principaux ravageurs sont la mouche de brou, le carpocapse et les pucerons. Le Carpocapse, ce ravageur est le même lépidoptère que l’on retrouve dans les vergers de pommiers et poiriers. La lutte au moyen du virus de la granulose ou de la confusion sexuelle est généralement efficace. En général, 1 à 2 traitements suffisent pour le maîtriser. La méthode de lutte par confusion sexuelle nécessite un temps de pose des diffuseurs important (7 à 10 h/ha). Peu, voire aucune lutte n’est réalisée en bio contre les pucerons et les dégâts sont généralement faibles. Les auxiliaires (coccinelles) arrivent suffisamment tôt pour réguler les populations. Pour la mouche du brou, principal ravageur à ce jour l’utilisation de produits autorisés en bio est coûteuse mais efficace.

Protection contre les maladies
Deux principales maladies sont recensées : la bactériose et l’anthracnose. Cette dernière se développe plus rapidement lors de printemps humides. Le champignon hiverne dans les feuilles. Il provoque au printemps des nécroses polygonales sur les feuilles entraînant leur chute. Les dégâts sur les fruits ne touchent que les brous mais peuvent altérer le calibre et la maturité. La lutte se fait par le broyage des feuilles pour accélérer la dégradation, une bonne aération à l’intérieur des arbres. Ces mesures prophylactiques sont à réaliser pour limiter la propagation de cette maladie. Pour la bactériose, la bactérie hiverne dans et à la surface des bourgeons et se multiplie au printemps en présence d’une humidité élevée et de températures comprises entre 16 et 29°. Elle provoque des taches (feuilles et fruits) et la chute des fruits. Il faut donc éviter de mouiller le feuillage par l’irrigation et s’assurer de la bonne qualité sanitaire du matériel végétal en sortie de pépinière. Les produits cupriques à base de sulfate de cuivre, et d’hydroxyde de cuivre sont efficaces en lutte préventive à raison de 2 à 3 pulvérisations (en priorité au printemps). Toutefois, l’efficacité varie et de nombreuses études sont en cours pour limiter l’utilisation du cuivre en attendant de trouver une alternative. Des essais démontrent l’efficacité des traitements à ½ dose si l’application est bien réalisée et au bon stade.

La récolte
L’investissement dans une ramasseuse est rentable pour des surfaces en production situées entre 20 et 25 hectares. Une noyeraie conduite en agriculture biologique produit en moyenne 20 à 30 % moins de noix qu’en conventionnel (1 à 2 t contre 2-3 t) avec un pourcentage de noix de petits calibres supérieur. La récolte s’échelonne de mi-septembre à mi-octobre. Pour avoir une noix de qualité, il faut généralement ramasser en 2 ou 4 passages selon les conditions climatiques.

Le parcours de la noix fraîche de A à Z

Récolte
Différentes méthodes sont utilisées pour mesurer la bonne maturité de la noix. Selon la couleur de la cloison interne, la récolte sera mise en oeuvre. Ceci permettra d’obtenir une noix et un cerneau de haute qualité. La récolte se fera le plus souvent mécaniquement. Grâce à une sorte de grosse pince qui entourent le tronc, le noyer est secoué. Les vibrations font tomber les noix.

Passage à l’écaleuse et lavage
Les noix complètes passent dans l’écaleuse qui grâce à une action mécanique racle la brou. En même temps, elles sont lavées par un jet d’eau claire continu.

Triage – conditionnement
Les noix humides et toutes fraîches sont triées puis directement conditionnées en filet pour être stockées en chambres froides

Le parcours de la noix sèche de A à Z

Récolte
Elle se fait plus tardivement, en général un mois après les fraiches, c’est-à-dire début octobre, quand le brou se fissure naturellement et laisse tomber la noix. Elles sont ramassées le plus souvent avec des machines.

Séchage
Cette opération peut durer de 12 à 24 heures. L’extraction de l’eau se fait à l’aide d’une ventilation d’air chaud et sec pulsé à travers le fond du séchoir. Selon les qualités et les variétés (plus fragiles) on procède à un pré-séchage à environ 18/20°. Le séchage proprement dit peut aller jusqu’à 35°. Cette étape est délicate, car une montée de température d’un seul degré peut entrainer un assèchement de l’air de 5 %. Elle garantie sa qualité et sa conservation en stabilisant le produit entre 8 et 12 % d’humidité.

Calibrage et conditionnement
Une fois séchées, elles sont calibrées et conditionnées en sac.

Extraction des cerneaux
Une partie des noix sèches est destinée pour la vente des cerneaux. Les noix sont donc cassées pour extraire les cerneaux. Cette opération, appelée énoisage, se fait encore manuellement dans les régions traditionnelles (Périgord, Dauphiné). Toutefois, une grande partie des importations est faite mécaniquement. Après triage selon la forme, la couleur, les cerneaux sont conditionnés en sachet.

Stockage
Il doit se faire dans de bonne condition pour éviter toute dégradation qualitative. La noix est stocké en chambre froide à 5-7° avec un taux d’humidité de 65 – 70 %