Assises du commerce équitable : un secteur mobilisé pour changer d’échelle

De gauche à droite : Julie Stoll (Commerce Équitable France), Céline Peloquin (Les fermes de Chassagne), Elisabeth Laville (Cabinet Utopies), Christophe Alliot (Le Basic), Lorana Vincent de l’association VRAC. Photo : Antoine Lemaire.

Le 17 mars dernier, les Assises Nationales du Commerce Équitable se sont tenues à Paris et ont rassemblé près de 200 participants engagés. L’édition 2026 s’est articulée autour d’une question centrale : comment construire ensemble un système alimentaire équitable pour les producteurs, durable pour les écosystèmes et accessible pour les consommateurs ? Bio Linéaires était partenaire de l’évènement.

 

Dans un contexte marqué par la précarité persistante de nombreux agriculteurs et par l’intensification des défis climatiques et de biodiversité, l’événement a également été l’occasion de rappeler l’urgence de transformer nos modèles. Tout au long de la journée, experts, praticiens et acteurs de terrain ont croisé leurs regards pour explorer les conditions d’une transition réussie.

La matinée a été consacrée à un temps d’expertise, avec notamment un état des lieux du secteur présenté par le collectif Commerce Équitable France, suivi d’interventions éclairant les enjeux de la transition agroécologique et de la souveraineté alimentaire.

L’après-midi a, quant à lui, laissé place à six ateliers thématiques favorisant l’inspiration, l’apprentissage et les échanges entre participants. Enfin, la journée s’est conclue par la présentation de dix chantiers prioritaires pour l’avenir, enrichie de témoignages de producteurs venus de France, du Ghana et de Madagascar.

Au cœur des discussions : une ambition commune, celle de massifier l’offre de produits justes et durables en transformant durablement la demande, tout en rappelant que le commerce équitable dépasse le seul champ alimentaire pour englober également l’artisanat, le tourisme et les cosmétiques.

 

« Le commerce équitable est pertinent pour produire des impacts sociétaux majeurs »

Julie Stoll, déléguée générale de Commerce Équitable France, dresse un bilan positif, tant sur la mobilisation des acteurs que sur les avancées stratégiques. Entre structuration de filières à impact et préparation de la Quinzaine du commerce équitable, le secteur confirme son rôle clé dans la transition vers une alimentation plus juste et durable.

 

Julie Stoll, déléguée générale de Commerce Équitable France. Photo : Antoine Lemaire.
Bio Linéaires : Quel bilan faites-vous de ces cinquièmes Assises du Commerce Équitable ?

Julie Stoll : Sur la forme, nous sommes très contents, car nous avons accueilli 200 personnes aux Assises, ce qui signifie que notre objectif de fréquentation est atteint. Les retours sont très positifs, tant sur les éclairages inspirants d’acteurs de terrain comme Céline Peloquin, productrice et directrice du groupement Les Fermes de Chassagne, et Lorana Vincent, déléguée générale de VRAC France, que sur les apports d’experts comme l’IDDRI, le bureau d’études BASIC et le cabinet Utopies, qui nous aident à armer nos stratégies pour aller plus loin.

Sur le fond, le programme a permis de répondre à l’équation complexe de l’alimentation durable : assurer une juste rémunération des producteurs, enclencher la transition agroécologique et garantir l’accessibilité pour tous les consommateurs. L’après-midi, les ateliers plus « pratico-pratiques » ont permis d’approfondir la construction de filières à impact, notamment sur les nouveaux marchés de la restauration collective ou les enjeux d’inclusion pour le renouvellement des générations, ou encore le commerce équitable comme outil de réduction des risques socio-environnementaux sur les filières et les enjeux d’articulation entre les acteurs des filières à impact positifs et le secteur du financement des transitions.

En résumé, cette journée a démontré que le commerce équitable est pertinent pour produire des impacts sociétaux majeurs. Elle nous a aussi permis de nous donner un cap avec la présentation de nos 10 chantiers, dont deux sont prioritaires : obtenir la reconnaissance publique des labels prévue par la loi Climat et Résilience, et amorcer une réorientation des aides publiques. Actuellement, les chaînes de valeur à impact positifs ne touchent que 6 % des aides agroalimentaires : il y a donc là un chantier majeur à mener.

 

Bio Linéaires : Un autre temps fort arrive prochainement, la Quinzaine du commerce équitable. Comment se présente cet événement ?

Julie Stoll : Ça se présente bien. Tous les acteurs du commerce équitable sont actuellement dans les starting-blocks, chacun dans son couloir de métier : les entreprises, les labels mais aussi les associations militantes.

L’enjeu de cette période est de pouvoir toucher le grand public, les citoyens et les consommateurs, afin de participer à l’augmentation de l’impact du commerce équitable. Les Assises nous ont d’ailleurs donné des « billes » intéressantes sur le rôle de la distribution, et particulièrement de la distribution bio, qui dispose de nombreux leviers pour élargir l’offre.

Cela passe par la discussion avec les fournisseurs, mais aussi par la politique commerciale, le merchandising pour rendre les produits visibles en magasin, les promotions ou encore les politiques de fidélisation. Il est crucial de montrer la valeur ajoutée du commerce équitable, y compris pour les filières bio, car c’est un excellent moyen de sécuriser les filières, de renforcer les collectifs de producteurs et d’améliorer leur performance agroécologiques, logistique et opérationnelle.

En investissant dans des outils de transformation par exemple, on permet de rapatrier de la valeur ajoutée au plus proche des producteurs. Le commerce équitable accompagne les filières bio de manière très concrète, et c’est pourquoi la distribution bio a un rôle majeur à jouer durant cette Quinzaine.

 

Antoine Lemaire

La référence pour les professionnels de la distribution bio spécialisée et alternative

Cookie policy
We use our own and third party cookies to allow us to understand how the site is used and to support our marketing campaigns.