NUMERO : janv-fév 2008

Bien les connaître pour mieux les conseiller…


Représentativité du vignoble bio Français

Selon les chiffres 2006 publiés par l’Agence Bio, le vignoble bio français représente 18.809 ha pour 1.639 producteurs soit environ 2 % du vignoble. Les trois grandes régions sont le Languedoc- Roussillon (5.290 ha), La Provence Alpes Côte d’Azur (4.276 ha) et l’Aquitaine (2.806 ha). La viticulture biologique est une des fi lières qui connaît le plus de conversion. En effet, en 10 ans la surface en vigne biologique est passée d’environ 5.000 ha en 1995 à près de 19.000 en 2006. L’évolution entre 2005 et 2006 de +9 % semble prometteuse et montre l’engouement des viticulteurs à se reconvertir. Cependant, le vignoble bio français reste loin derrière l’Italie qui compte deux fois plus de surface (37.700 ha) et qui, avec les autres productions mondiales (Australie, Chili…) concurrencent de plus en plus le marché français.

Différence du bio à la culture et effet sur la qualité

Comme pour tous les produits issus de l’Agriculture Biologique, la viticulture bio doit respecter le règlement européen 2092/91 appliqué depuis 1991 qui établit les règles de production du raisin. L’utilisation de produits chimiques de synthèse (engrais, pesticides) et les OGM sont interdits.

• «Nourrir le sol pour nourrir la plante» Sur le plan agronomique, le viticulteur doit respecter son sol afi n de maintenir ou optimiser sa fertilité. Rappelons que l’adage en bio est : « Nourrir le sol pour nourrir la plante ». La fertilisation a donc son importance et la maîtrise du compostage est essentiel pour obtenir de bon résultat. La fertilisation est faite par des engrais organiques transformés par les êtres vivants du sol afi n d’être progressivement absorbés par la vigne. En conventionnel, les engrais ont une action directe sur la plantes. A contrario en bio, le développement racinaire est primordial. Certaines racines puisent leurs éléments nutritifs jusqu’à plusieurs mètres de profondeur. Pour corriger certaines carences du sol, des engrais minéraux (calcaire naturel, poudre d’os, oligo-éléments…) peuvent être rajoutés. Concernant le travail du sol, l’objectif est qu’il soit aéré pour faciliter le travail des vers de terre, pour laisser passer l’eau et pour que les racines ne soient pas compressées. Ainsi, la plante se nourrit et se désaltère sans puiser dans ses réserves et garde ainsi tout son potentiel d’acidité. Rappelons que l’acidité est à la fois le support pour les arômes et un élément important dans conservation du vin. Un bon équilibre entre acidité et taux de sucre aura des effets sur l’utilisation de conservateur comme le SO2. Côté désherbage, les procédés sont manuels, mécaniques ou thermiques et ont des conséquences directes sur les rendements et l’équilibre des sols.

• «Mieux vaut prèvenir que guérir» Protection phytosanitaire : Comme pour la fertilisation, l’adage, «mieux vaut prévenir que guérir» est de rigueur. Prévention et vigilance sont de mises. L’objectif prioritaire est de renforcer les défenses naturelles des plantes. Pour lutter contre les maladies (mildiou, oïdium, black rot, botrytis) différents produits sont autorisés en bio : cuivre, bouillie bordelaise seul ou en association. Pour les insectes (tordeuse de la grappe, cicadelles…) la protection et la lutte phytosanitaire sont appliquées comme l’utilisation du Bacillus Thuringienis et la confusion sexuelle. Cette dernière consiste à diffuser régulièrement des phéromones de synthèse de papillons femelles pour empêcher les éventuels accouplements. On peut également utiliser des traitements curatifs à base de plantes (roténone – racines de légumineuses exotiques) ou des produits minéraux simples et peu toxiques.