Les résultats présentés ci-dessous proviennent de diverses sources. Nous avons notamment utilisé Bio Analytics, l’indicateur des ventes en magasins bio, ainsi que des informations sur un échantillon de magasins concernant le nombre de tickets de caisse réalisés durant cette période. Bio Fichiers, la base de données géolocalisée des magasins bio, et les communications des distributeurs ont également été consultées. Enfin, ces données sont complétées par les premiers retours de notre enquête pour la mise à jour du panorama de la distribution, qui sera détaillé dans le Bio Linéaires de septembre/octobre. Nous avons également intégré les données de la période P5 de Circana pour comparer l’évolution en GMS.
Le premier constat concernant le parc de magasins est une nette diminution des fermetures par rapport à la même période en 2024. Vous retrouverez tous les détails dans la prochaine édition de Bio Linéaires. Il est à noter que les quelques ouvertures enregistrées cumulent un chiffre d’affaires légèrement supérieur aux pertes générées par les fermetures.
Progression de 5,34 % à périmètre constant
En termes de chiffre d’affaires cumulé à date (du 1er janvier au 30 juin 2025), nous constatons une progression de 5,34 % à périmètre constant, et de 5,42 % en prenant en compte le solde du chiffre d’affaires entre les ouvertures et les fermetures. Il est à noter que si nous analysons cette tendance en cumul annuel mobile (de juillet 2024 à fin juin 2025), la croissance atteint 6 %. Nous observons donc un ralentissement de la croissance actuelle. Cependant, cette évolution varie différemment selon les familles de produits.
Selon les données de Circana pour la période P5 (d’avril 2024 à fin mai 2025), la progression de l’ensemble des PGC FLS (Produits de Grande Consommation – Frais Libre Service) en conventionnel est annoncée à -0,1 %. Pour les produits bio et l’hygiène certifiée, cette baisse est plus marquée, atteignant -3,1 %.
Distribution spécialisée bio
Progression croisée en MSB
Selon les informations que nous avons recueillies, les résultats de la distribution spécialisée sont le fruit d’une progression croisée entre le nombre de tickets (+3,09 %) et l’augmentation du panier moyen, de l’ordre de +2,25 %.
Au niveau des familles de produits, les articles sans code-barres affichent une croissance moins rapide que ceux de l’ultra-frais au cours du premier semestre. Nous notons également que l’offre en fraises a été significativement plus faible que l’année précédente.
L’ultra-frais à petit prix tire les volumes
La dynamique du rayon ultra-frais est principalement portée par des produits PGC FLS (Produits de Grande Consommation Frais Libre-Service) dont les prix sont accessibles. Cela maintient un niveau élevé de ventes en Unités de Vente Consommateur (UVC), supérieur à celui des produits d’épicerie sucrée emballée pour le S1 2025.
Cependant, la progression du chiffre d’affaires est supérieure à celle des UVC vendues. Cette différence s’explique principalement par une amélioration du taux de service (moins de ruptures) pour certaines catégories, mais surtout par l’impact des ventes de nouveaux produits apparus récemment dans ce rayon. Ainsi, les PGC FLS à prix abordables ont permis de maintenir les volumes, tandis que les innovations ont généré une progression supérieure du chiffre d’affaires.
Analyse de rayons
À l’inverse, l’épicerie sucrée présente une croissance des Unités de Vente Consommateur (UVC) stable, maintenue par une offre « prix accessible » et les promotions. La progression du chiffre d’affaires (+4 %) est, quant à elle, principalement due à l’inflation sur certains produits du segment des boissons chaudes (café), du sucre et du cacao, avec une influence notable sur les biscuits et gâteaux. On peut regretter le faible nombre de produits innovants qui auraient pu, comme en ultra-frais, séduire de nouveaux besoins. Ce rayon majeur (représentant 14,6 % du chiffre d’affaires cumulé) déjoue tous les pronostics envisagés pour cette année.
L’épicerie salée, en revanche, présente un équilibre parfait entre les volumes et le chiffre d’affaires (+4%). Cela s’explique par le retour à des niveaux de prix antérieurs pour l’huile d’olive après la forte hausse de l’an passé, et surtout par le succès rapide des nouveaux produits auprès des consommateurs. On observe notamment cette dynamique dans les conserves, les tubes de concentré de tomates, les conserves de légumineuses en Tetra Pak, l’offre de pâtes asiatiques (et globalement les produits de la cuisine du monde qui trouvent enfin leur espace), les tortillas, les conserves de poissons bleus, les nouveaux mélanges d’épices, et enfin les produits pour l’apéritif qui trouvent leur place dans les magasins bio.
Le rayon des liquides retrouve des couleurs après des années de stabilité, voire de dégradation. Même si le segment des boissons alcoolisées souffre (notamment les vins), cette baisse n’est pas compensée par l’offre de bières, et la généralisation des bières sans alcool – pourtant en très forte croissance – reste timide chez les distributeurs, avec un taux d’implantation trop faible. En revanche, les boissons fermentées, dont le dynamisme des fabricants est impressionnant, apportent un vent de fraîcheur bienvenu.
Enfin, concernant le secteur alimentaire, bien que le surgelé ne représente qu’une faible part de l’activité de la distribution spécialisée, il affiche le taux de croissance le plus important. À l’opposé, l’alimentation infantile continue sa décroissance.
Côté non-alimentaire
Pour le non-alimentaire, les compléments alimentaires montrent une stabilité globale (avec des variations très importantes selon les marques, mais une consommation stable par type de promesse, à l’exception du Shilajit). Les rayons hygiène, soins et éco-produits restent en difficulté, tandis que le rayon détergence affiche une stabilité.
En somme, le premier semestre 2025 pour la distribution spécialisée bio est marqué par une consolidation du réseau de magasins et une croissance positive du chiffre d’affaires, bien qu’en léger fléchissement par rapport à la période précédente. Cette croissance est le fruit d’une reprise de la fréquentation et de l’augmentation du panier moyen, mais elle est hétérogène selon les rayons, les innovations et les politiques de prix jouant un rôle déterminant.
Philippe Delran






